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Thiers proclamé « Libérateur du Territoire », le 16 juin 1877

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Thiers proclamé Libérateur du Territoire lors de la séance de l'Assemblée Nationale

© Photo RMN-Grand Palais

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Titre : Thiers proclamé "Libérateur du Territoire" lors de la séance de l'Assemblée Nationale

Auteur : Jules GARNIER
Date représentée : 16 juin 1877
Dimensions : Hauteur 63 cm - Largeur 99.5 cm
Technique et autres indications : Chromolithographie;Gravure
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 92DE984/inv gravures 6729

  Contexte historique

La fin d’une longue carrière

Au début de la IIIe République, Adolphe Thiers achève une longue carrière politique commencée sous la Restauration. Appelé à la tête du gouvernement provisoire en février 1871, il conclut la paix de Francfort avec l’Allemagne, le 10 mai 1871, se résignant à l’abandon de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine, et réprime la Commune parisienne, donnant à la République son assise à la fois nationale et internationale. En 1873, les séquelles de la guerre sont définitivement réglées : le succès de deux emprunts successifs permet le paiement des 5 milliards de francs-or d’indemnités exigés par la Prusse pour l’évacuation des départements encore occupés. En prônant une république conservatrice, Thiers se heurte cependant à la majorité monarchiste de la Chambre qui, bien que divisée, reste en quête d’une restauration. Aussi Thiers doit-il démissionner et céder la place au maréchal de Mac-Mahon.

  Analyse de l'image

Un incident de séance

L’achat à Ullmann (dont l’œuvre présentée ici est une copie), peintre de nombreux tableaux commémorant les combats de 1870-1871 et le siège de Paris, de cette scène de la vie parlementaire poursuit une tradition de peinture historique qui a connu son apothéose sous la monarchie de Juillet. On peut toutefois s’interroger sur sa vigueur réelle : rien ne soutient véritablement ici une composition essentiellement narrative, qui se résume à un mouvement de députés et surtout à une galerie de portraits.

La scène se passe le 18 juin 1877 à la Chambre des députés, installée alors à Versailles, deux jour après le renversement du gouvernement Broglie, royaliste. Suivons le compte rendu de la séance tel qu’il a été donné au Journal officiel : « Le ministre de l’Intérieur : “Les hommes qui sont au gouvernement aujourd’hui sortaient des élections de 1871 et faisaient partie de cette Assemblée nationale dont on peut dire qu’elle a été la pacificatrice du pays et la libératrice du territoire !” (“Très bien”, à droite). Plusieurs membres, désignant M. Thiers : “Le voilà, le libérateur du territoire !” (À ce moment, les membres de la gauche et du centre se lèvent et, se tournant vers M. Thiers, le saluent des plus vives acclamations et des plus chaleureux applaudissements.) »

  Interprétation

Un incident de séance

L’achat à Ullmann, peintre de nombreux tableaux commémorant les combats de 1870-1871 et le siège de Paris, de cette scène de la vie parlementaire poursuit une tradition de peinture historique qui a connu son apothéose sous la monarchie de Juillet. On peut toutefois s’interroger sur sa vigueur réelle : rien ne soutient véritablement ici une composition essentiellement narrative, qui se résume à un mouvement de députés et surtout à une galerie de portraits.

La scène se passe le 18 juin 1877 à la Chambre des députés, installée alors à Versailles, deux jours après le renversement du gouvernement Broglie, royaliste. Suivons le compte rendu de la séance tel qu’il a été donné au Journal officiel : « Le ministre de l’Intérieur : “Les hommes qui sont au gouvernement aujourd’hui sortaient des élections de 1871 et faisaient partie de cette Assemblée nationale dont on peut dire qu’elle a été la pacificatrice du pays et la libératrice du territoire !” (“Très bien”, à droite). Plusieurs membres, désignant M. Thiers : “Le voilà, le libérateur du territoire !” (À ce moment, les membres de la gauche et du centre se lèvent et, se tournant vers M. Thiers, le saluent des plus vives acclamations et des plus chaleureux applaudissements.) »

Fin ou continuité de la peinture d’histoire ?

Cet incident de séance, dont la portée politique fut en réalité essentiellement symbolique, illustre les tensions qui parcourent la Chambre depuis le renvoi le 16 mai 1877 du président du Conseil Jules Simon, républicain, par Mac-Mahon. Toujours désireux d’une restauration monarchique, ce dernier se heurte en effet à une Chambre en majorité républicaine depuis les élections de 1876. La crise politique qui éclate entraîne alors un effet d’union chez les républicains : l’ancien « fusilleur de la Commune » est avant tout présenté comme l’initiateur du nouveau régime. Insister sur son rôle personnel aux dépens de celui de l’Assemblée de 1871, qui était alors monarchiste, va dans le même sens.

Cette œuvre est cependant aussi éloignée de la peinture héroïque de David ou de Gros que de celle, anecdotique, d’Horace Vernet. L’artiste se réduit pratiquement au rôle d’un reporter-photographe, les dimensions du tableau faisant encore plus ressortir le vide de la pensée. Le réalisme de la description, l’exactitude franchement assumée comme un but deviennent les seuls objet de la toile. On mesure ici la difficulté de la représentation de l’histoire contemporaine, à une époque où l’éclectisme et la diversité s’imposent de plus en plus comme la règle en peinture.

Auteur : Barthélemy JOBERT et Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • Pierre GUIRAL, Adolphe Thiers ou De la nécessité en politique, Paris, Fayard, 1986.
  • Jean-Marie MAYEUR, La Vie politique sous la Troisième République, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1984.
  • Michel WINOCK, La Fièvre hexagonale : les grandes crises politiques de 1871 à 1968, Paris, Calmann-Lévy, 1986, rééd. Seuil, coll. « Point Histoire », 1987.

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