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Les délégués des colonies et Jules Ferry, novembre 1892

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Les délégués des colonies et Jules Ferry, novembre 1892.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

Agrandissement - Zoom

Titre : Les délégués des colonies et Jules Ferry, novembre 1892.

Auteur : Frédéric REGAMEY (1849-1925)
Date de création : 1892
Date représentée : 1895
Dimensions : Hauteur 90 cm - Largeur 78 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée du Quai Branly (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 96-002039 / AF 3612

  Contexte historique

La colonisation française, œuvre de la IIIe République

Durant les années 1880, la république des « Opportunistes », dominée par la personnalité de Jules Ferry, engage la reprise de l’expansion coloniale. Aux yeux de ses défenseurs, influencés pour beaucoup par l’ouvrage décisif de Paul Leroy Beaulieu, De la colonisation chez les peuples modernes (1874), la colonisation est œuvre de civilisation, de progrès matériel et d’échanges, elle étend l’aire de l’industrialisation et ouvre de nouveaux débouchés. La grandeur de la nation est également invoquée alors que se fait sentir le désir de réparer l’humiliation de la défaite de 1870. Durant les années 1890 naît un « parti colonial » qui réunit hommes d’affaires et entrepreneurs, et donne naissance en 1892, à la Chambre des députés, à un « groupe colonial », présidé par Eugène Etienne, député d’Oran. La droite conservatrice et nationale, jusque-là hostile, devient favorable aux entreprises outre-mer, tandis que les catholiques les voient comme une chance pour les missions. De 1880 à 1895, l’étendue des possessions françaises passe ainsi de 1 à 9,5 millions de kilomètres carrés, les principales zones d’expansion coloniale étant la Tunisie, le Tonkin, Madagascar et l’Afrique noire.
Rares sont les voix dénonçant les atteintes portées aux droits de l’homme si l’on excepte les quelques personnalités de gauche et d’extrême gauche, notamment Clemenceau, Jules Guesde, Jules Vallès, qui dénoncent les « massacreurs de peuple » selon les mots d’Henri Rochefort dans L’Intransigeant. Aussi le mouvement d’opposition qui se dessine, principalement chez les tenants de l’économie libérale comme Frédéric Passy, dénonce-t-il avant tout le coût de cette politique, jugé excessif.

  Analyse de l'image

Le tableau met en scène une réunion du Conseil supérieur des colonies dans une salle du ministère, en novembre 1892.
Cette assemblée consultative des intérêts coloniaux regroupe des représentants désignés par les Français d’outre-mer. Jules Ferry y siège depuis 1890. Les délégués des différentes colonies sont regroupés sous la statue de Dupleix, directeur de la Compagnie des Indes puis directeur général des comptoirs français en Inde sous Louis XV, figure tutélaire et symbolique des échanges économiques. Y figurent, de gauche à droite de la table, Isidore Chessé pour Tahiti, Henri Mager pointant un document placé sur la table de réunion pour la ville de Diego-Suarez (Antseranana, Madagascar) et Dussac pour l’île de Nosy-Bé (Madagascar) ; de Faymoreau, délégué de Mayotte, Jules Ferry reconnaissable à ses favoris pour l’Annam et le Tonkin, Soller, debout derrière sa chaise, pour la Guinée française et Cudenet, assis au premier plan, pour la Nouvelle-Calédonie. Une chaise inoccupée chargée d’objets « d’artisanat indigène » ainsi qu’un « trophée » d’objets de Nouvelle-Calédonie, arrangé selon le goût qui présidait alors à la présentation des objets exotiques (notamment à l’Exposition universelle de 1878), servent de décor à cette réunion.

  Interprétation

Peinture d’histoire et mise en scène de l’histoire coloniale française

Ce conseil a œuvré pour la mise en place d’une économie coloniale, la rentabilisation des terres conquises par des cultures spéculatives (café, cacao, vanille, caoutchouc, coton…) ou l’exploitation de minerais destinés à l’industrie et entrant dans le cadre des échanges commerciaux internationaux. Il était relayé localement par des Conseils coloniaux ainsi que par des chambres commerciales ou agricoles, antennes économiques du gouvernement colonial, à l’origine du développement foncier dans les territoires colonisés : mise en œuvre d’une politique d’achat à bas prix de terres auprès des indigènes et de dépossessions foncières sans compensation (comme en Nouvelle-Calédonie), recrutement forcé d’une main-d’œuvre locale ou émigrée, payée à très bas prix.
Ce tableau était exposé dans la section rétrospective du Musée permanent des colonies en 1931, section présentée comme un miroir de « notre histoire coloniale », miroir sentimental où à l’aide de tableaux et de souvenirs personnels étaient évoqués des scènes et des épisodes importants de l’histoire coloniale française.

Auteur : Marie-Hélène THIAULT


Bibliographie

  • Raoul GIRARDET, L’Idée coloniale en France de 1871 à 1962, Paris, La Table Ronde , 1972, rééd. coll. « Pluriel », Hachette, 1978.
  • Jacques MARSEILLE, Empire colonial et capitalisme français, histoire d’un divorce, Paris, Albin Michel, 1984 rééd. coll. « Points Histoire », 1989.
  • Jean-Marie MAYEUR, Les Débuts de la Troisième République (1871-1898), Paris, Seuil, coll. « Nouvelle histoire de la France contemporaine », 1973.
  • Alban BENSA, Nouvelle-Calédonie, un paradis dans la tourmente, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes », 1990.

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