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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Le Roi Charles X visitant les peintures de Gros au Panthéon. 3 novembre 1824

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Le Roi Charles X visitant les peintures de Gros au Panthéon. 3 novembre 1824.

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : Le Roi Charles X visitant les peintures de Gros au Panthéon. 3 novembre 1824.

Auteur : Louis Nicolas LEMASLE (1788-1870)
Date de création : 1825
Date représentée : 3 novembre 1824
Dimensions : Hauteur 230 cm - Largeur 185 cm
Technique et autres indications : Dépôt du musée du château de Versailles

Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 83EN2251 / MV 5842 ; INV 382 331

  Contexte historique

Un décor modifié

Commandé à Gros par Napoléon, le décor de la coupole du Panthéon devait être composé de quatre groupes symbolisant les régimes politiques qui se sont succédé en France et la protection qu’ils ont accordée à la religion. Clovis et Clotilde, premiers souverains chrétiens, devaient précéder Charlemagne, Saint Louis et enfin “ Sa Majesté l’Empereur et Sa Majesté l’Impératrice ”, accompagnés du roi de Rome, “ consacrant la nouvelle église au culte de cette sainte ”, c’est-à-dire sainte Geneviève, patronne de Paris, à qui avait été primitivement dédiée l’église bâtie, sous Louis XV et Louis XVI, par Soufflot avant que la Révolution ne lui donnât une autre affectation, celle de tombeau pour les grands hommes de la nation.
En 1814, Gros suggère de remplacer Napoléon par Louis XVIII, accompagné de sa nièce, la duchesse d’Angoulême. Dix ans sont nécessaires pour achever son travail, différents éléments étant ajoutés au gré des événements politiques : le duc de Bordeaux prend ainsi tout naturellement la place du roi de Rome, la Charte celle du Code civil, et les trophées du Premier Empire sont remplacés par ceux, tout récents, de la campagne d’Espagne.

  Analyse de l'image

Le roi mécène

Charles X, accompagné de l’héritier du trône, le duc d’Angoulême, visite les peintures de Gros sur l’échafaudage même qui a servi au peintre. Les deux hommes sont accompagnés du comte de Chabrol de Volvic, préfet de la Seine, qui fut, entre autres, à l’origine de tout un programme de commandes de peintures religieuses destinées à décorer les églises de Paris, vidées de leurs œuvres d’art par la Révolution. Deux ecclésiastiques soulignent la portée religieuse de la visite, l’archevêque de Paris, monseigneur de Quelen, et l’abbé Ouin-Lacroix, curé de Sainte-Geneviève et auteur d’une histoire de cette église. Gros s’incline devant Charles X, on distingue à l’arrière-plan la coupole où sainte Geneviève protège les quatre souverains, Clovis, Charlemagne, Saint Louis et Louis XVIII.
Charles X complimenta l’artiste en ces termes : “ Monsieur, il y a plus que du talent dans cette vaste composition, il y a du génie ”, et gratifia Gros du titre de baron et de 50 000 francs.

  Interprétation

Cette peinture commémore tout d’abord l’achèvement d’un décor illustrant le retour à l’ordre ancien, avec le rétablissement du culte catholique dans une église particulièrement symbolique. Elle célèbre aussi le roi comme mécène : Louis XVIII et Charles X n’étaient pas de véritables connaisseurs, l’essentiel des décisions étant prises par les ministres ou les administrations compétentes, mais le gouvernement n’en jouait pas moins un rôle actif par le biais des achats et des commandes. Promouvoir la figure d’un monarque protecteur des arts, à la manière d’un Louis XIV, allait de soi, et cette peinture commandée à Lemasle sur ordre du roi participe de cette idéologie. Aussi l’intérêt du pouvoir pour les arts se manifeste-t-il à peu près au même moment, dans la cérémonie de clôture du Salon de 1824. Charles X prend donc, en quelque sorte, la succession de François Ier et de Louis XVI, à une époque où les peintres se plaisent à illustrer l’hommage des souverains au génie artistique, comme Charles Quint ramassant à Venise le pinceau de Titien, ou Jules II patronnant Raphaël, Michel-Ange ou Léonard de Vinci.

Auteur : Barthélemy JOBERT et Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • André CHASTEL, L’Art français, tome IV “ Le temps de l’éloquence 1775-1825 ”,, Paris , Flammarion, 2000.
  • Marie-Claude CHAUDONNERET, L’Etat et les artistes de la Restauration à la monarchie de Juillet (1815-1833), Paris, Flammarion, 1999.
  • Emmanuel de WARESQUIEL et Benoît YVERT, Histoire de la Restauration : naissance de la France moderne, Paris, Perrin, 1996.

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