© Musée Lorrain, Nancy - G. Mangin
Titre : Le courage héroïque du jeune Désilles, le 31 Août 1790, à l'Affaire de Nancy.
Auteur : Jean-Jacques François LE BARBIER (1738-1826)
Date de création : 1790
Date représentée : 31 août 1790
Dimensions : Hauteur 43.5 cm - Largeur 60 cm
Technique et autres indications : lavis bistre et crayon
Lieu de Conservation : Musée Lorrain de Nancy (Nancy) ; site web
Contact copyright : Sabine Bouchy-dupalut, service de documentation, Tél: 03-83-32-18-74 / Fax : 03.83.32.87.63, 64 Grande-Rue. 54000 Nancy
Un épisode marquant de la Révolution française
L’affaire de Nancy.
Le 31 août 1790, le marquis de Bouillé, gouverneur des Trois-Evêchés à Metz, lança une opération punitive contre les soldats de la garnison de Nancy, en rébellion contre leurs officiers. Le violent combat qui eut lieu devant le poste de garde de la porte Stainville fit trois cents morts et blessés, parmi lesquels le lieutenant Désilles, qui s’était interposé pour empêcher une lutte fratricide. La répression fut féroce : un soldat fut roué, quarante-deux pendus et quarante et un envoyés aux galères.
En janvier 1791, l’Assemblée constituante organisa une souscription publique pour qu’un tableau immortalise « l’affaire de Nancy ».
L’esquisse d’un tableau au thème devenu suranné.
Le Barbier a représenté le courageux dévouement du lieutenant Désilles dans une composition en frise. Le héros, décalé à gauche, est couché sur les lumières des pièces d’artillerie que les insurgés ont disposées aux abords de la porte afin d’en empêcher la mise à feu ; le jeune lieutenant offre ainsi sa poitrine aux rebelles tout en tendant le bras d’un geste héroïque et théâtralisé pour être mieux immortalisé.
Le peintre avait fourni spontanément cette esquisse dès 1790 pour obtenir la commande du sujet. Toutefois il ne termina sa toile qu’en 1794 et celle-ci fut présentée au Salon de 1795 (le tableau est actuellement conservé au musée des Beaux-Arts de Nancy comme dépôt de l’Etat). Entre-temps, la Révolution avait inversé la donne : le héros Désilles était devenu suspect à la cause, et les mutins étaient perçus comme des martyrs. Malgré quelques corrections apportées par le peintre à sa composition initiale, le tableau désignait toujours les soldats rebelles comme des factieux et il reçut un accueil très froid.
Le Barbier, tombé pendant longtemps dans l’oubli en raison des thème qu’il traitait dans sa peinture, a retrouvé aujourd’hui sa juste place. Après avoir été l’élève de Pierre, il fut reçu à l’Académie en 1785 comme peintre d’histoire. Dès lors, il exposa régulièrement au Salon jusqu’en 1814. Il fut l’un des principaux adeptes des principes de Vien et de David, en adoptant des compositions à l’antique et à la touche froide.
La plus fidèle restitution de l’événement.
Grâce aux nombreuses gravures qui l’ont reproduite, la composition de Le Barbier a largement contribué à la diffusion de cet épisode marquant de la Révolution, lequel avait soulevé une vive émotion dans la France entière. L’artiste avait fait le voyage à Nancy avant d’exécuter son œuvre qui est la plus fidèle représentation de l’événement. Le visage du jeune lieutenant est restitué avec le plus grand souci d’authenticité grâce à l’utilisation d’un masque mortuaire, et l’architecture de la porte de Stainville, rebaptisée Désilles en l’honneur du héros, est représentée avec une grande exactitude.
Auteur : Sabine BOUCHY DU PALUT
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