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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Extérieur d'un hôpital militaire, dit Les Français en Italie

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Extérieur d’un hôpital militaire, dit Les Français en Italie.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

Agrandissement - Zoom

Titre : Extérieur d’un hôpital militaire, dit Les Français en Italie.

Auteur : Nicolas Antoine TAUNAY (1755-1830)
Date de création : 1798
Date représentée : 1797
Dimensions : Hauteur 46 cm - Largeur 65.3 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 76DE1315 / RF 1938-65

  Contexte historique

Désireuse de se voir reconnaître la frontière du Rhin, la France poursuit durant le Directoire la guerre contre l’Autriche et l’Angleterre tout en combattant le monopole commercial exercé par les Anglais en Méditerranée. Carnot prépare contre l’Autriche une attaque pour 1796. La marche des armées de Jourdan et Moreau sur Vienne échoue.
Le général Bonaparte, qui déjà en 1794, du temps de la Convention, propose à Barras d’envahir l’Italie, obtient de celui-ci, pour son triomphe du 13 vendémiaire an II, le commandement de l’armée d’Italie. Il bat les Piémontais et les Autrichiens, et annexe la Savoie et Nice.
Après les victoires de Castiglione, de Rivoli, de Mantoue, et la cession, par Pie VI, du Comtat Venaissin, d’Avignon et des Etats du Nord, l’Autriche signe en 1797 l’armistice de Loeben et le traité de Campoformio. Elle cède les Pays-Bas, le Milanais et la rive gauche du Rhin. Gênes, sous le nom de République ligurienne, tombe sous l’influence politique de la France.
La campagne d’Italie confirme le génie militaire de Bonaparte et ses ambitions. Il constitue la République cisalpine en juin 1797, supprime de sa propre autorité la République de Venise et acquiert les îles Ioniennes. Il veut imposer l’influence française en Méditerranée.

  Analyse de l'image

Taunay est connu pour ses grands formats et ses scènes de bataille d’inspiration lyrique, commandées durant l’Empire. Il n’a pas suivi les armées, mais des croquis faits en Italie en 1784 lui ont peut-être servi. Il relate cet épisode historique de la vie des armées de Bonaparte comme une scène triviale dans le goût hollandais, avec une touche précise et lumineuse et un coloris fin à base de gris.
L’action se passe sur une place italienne qu’anime une foule affairée. A droite, au premier plan, un groupe de soldats bivouaque sur l’herbe, à l’ombre d’un arbre à l’épais feuillage vert sombre qui sert de repoussoir au reste et fixe le lieu de la scène. Une sentinelle en faction, bicorne sur la tête et baïonnette au poing, et un homme assis de profil sur une racine de l’arbre, fumant la pipe, se découpent sur le fond de la tente blanche à rayures roses et bleues. Un autre soldat, en habit bleu, plume rose, blanche et bleue, va vers la gauche.
Derrière, un chariot attelé vient d’être déchargé de ses soldats blessés. L’un est emporté sur une civière, l’autre gît au milieu de civils et de religieux consternés. Ce côté manque de mouvement par rapport au reste. A gauche, une charrette–ambulance chargée arrive dans la cour, au pied de l’escalier menant au bâtiment d’un couvent ou d’un palais transformé en hôpital militaire. Des hommes prennent les blessés dans leurs bras et les conduisent à l’intérieur. D’autres vont et viennent, occupés à diverses besognes. Sur la terrasse, on plie, on étend et on emporte des draps blancs.
Des groupes se côtoient et s’affairent sans désordre. C’est un ensemble de plus de cent figures, bien organisé, rythmé, aéré, dynamique et cohérent. Les attitudes et les gestes sont variés, parfois précieux comme ceux des figures féminines. L’architecture, arcades, rampes, escaliers, volumes, d’un ton fauve et transparent sous les effets lumineux bien disposés, souligne l’enchaînement rythmique des plans. Notons toutefois l’absence de volume et le penchant pour les silhouettes comme découpées et appliquées après coup. Les figures se détachent sur un paysage de fabriques fantaisistes, recomposé selon la tradition classique et actualisé par les figures du premier plan. Il est fidèle à la manière du XVIIIe siècle, mais il précède le grand style néoclassique.

  Interprétation

Ce tableau mélancolique, d’intention philosophique et morale, met en scène l’aide philanthropique offerte par l’humanité aux victorieux guerriers d’une armée organisée et protectrice, soucieuse d’hygiène et d’efficacité. Ce qui le différencie d’une simple scène de genre. Les affres de la guerre occultés ont inspiré au citoyen Lebrun, au salon du Musée pour la fête de la République (Ier vendémiaire an VII), les vers suivants :

“ A des objets plus gracieux
Taunai, consacre ton génie ;
Par ces tableaux vrais mais affreux
Las. Notre âme est trop attendrie.
Quand l’homme est son propre bourreau
Quand il égorge ses semblables
La vérité de ton pinceau
Le rend encore plus coupable. ”

Auteur : Malika DORBANI-BOUABDELLAH


Bibliographie

  • La Révolution et l’Europe 1789-1989, catalogue de l’exposition , Grand Palais, Paris, mars-juin 1989, Paris, RMN, 1989.
  • C. G. MARCUS, “ Les paysagistes français du néo–classicisme au pré-romantisme ” in Art et Curiosité, juin–août 1967.
  • De David à Delacroix. La peinture française de 1774 à 1830, Paris, Grand Palais, 1974-1975.
  • Claudine LEBRUN-JOUVE, Catalogue raisonné Nicolas Antoine Taunay, 1755-1830, Paris, Arthéna, 2002.

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