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La Cour Imprériale à Fontainebleau, le 24 juin 1860

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La Cour Impériale à Fontainebleau, le 24 juin 1860.

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : La Cour Impériale à Fontainebleau, le 24 juin 1860.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1860
Date représentée : 24 juin 1860
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Fontainebleau (Fontainebleau) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 77EN9607

  Contexte historique

La fête impériale

Sous le Second Empire, Napoléon III s’entoure d’une cour animée par Eugénie de Montijo, devenue son épouse en janvier 1853. Jugée cosmopolite, cette cour est composée de la famille impériale (les Bonaparte, les Murat…), de la Maison de l’empereur, de la maison militaire, de la Maison de l’impératrice, de la Maison du prince impérial (né en 1856) et de celles du prince Napoléon, de la princesse Marie-Clotilde et de la princesse Mathilde. La Cour semble donner « l’exemple de la frivolité par sa manière puérile de s’amuser », son insouciance, sa prodigalité, la liberté de ses mœurs comme l’indique ce qu’écrit Eugénie à Prosper Mérimée en 1863 : « Je ne veux pas voir de vieilles figures ici. Il faut une maison gaie, de la jeunesse. Il faut savoir danser quand on veut être bien reçu ici. » Cette « fête impériale » dénoncée par les opposants au régime est contemporaine de la naissance du portrait photographique, qui assurera au studio Disdéri et à quelques célèbres photographes comme Nadar une grande renommée.

  Analyse de l'image

Une photo de villégiature

La décontraction est l’aspect dominant de cette photo de « vacances ». Nous sommes près de l’étang aux carpes (à droite sur la photo). On distingue en arrière-plan un des deux escaliers de la façade du Primatice datant de la seconde moitié du XVIe siècle. La Cour a pris place sur l’embarcadère près des marches, visibles à gauche, à l’exception de l’empereur et du prince impérial, assis dans une barque. L’impératrice est la plus à droite au premier rang des dames assises, la main droite relevée à hauteur du cou. Ses amies proches l’entourent : à ses pieds à demi appuyée sur son bras gauche, madame de Pourtalès, réputée pour son éblouissante beauté, issue d’une grande famille de banquiers protestants alsaciens et femme d’un banquier huguenot suisse. A la droite d’Eugénie, la princesse de Metternich, surnommée la « jolie laide », femme de l’ambassadeur d’Autriche. On note aussi la présence du comte Walewski, fils de Napoléon Ier et de Marie Walewska, sénateur en 1855 et ministre des Affaires étrangères jusqu’en 1860. Presque toutes les personnes représentées sont identifiées.

  Interprétation

La photographie, invention démocratique

Durant le Second Empire, la photographie s’assure une place grandissante dans la vie quotidienne : en 1860, Paris compte 207 photographes parmi lesquels Disdéri dont le studio emploie 90 personnes et réalise chaque jour plus de 2 000 épreuves. Cet essor de la photographie doit être relié à celui des classes moyennes désireuses de prendre modèle sur les classes supérieures. Plus abordable qu’un portrait peint, la photographie suscite l’engouement de nombreuses personnes éprises de respectabilité et soucieuses d’asseoir leur statut social.
En même temps le régime impérial profite de cette nouvelle technique pour se rendre plus populaire auprès des Français. Contrairement à un tableau officiel empreint de solennité, une photographie comme celle-ci donne l’image d’une cour moins cérémonieuse, à laquelle il est davantage possible de s’identifier. Pour Napoléon III, il y a là un moyen de paraître plus proche au plus grand nombre et de susciter de l’attachement à sa personne, démarche qui s’inscrit pleinement dans le césarisme plébiscitaire qu’est le bonapartisme.

Auteur : Martine GIBOUREAU


Bibliographie

  • Louis GIRARD, Napoléon III, Paris, Fayard, 1986 réed. Coll. « Pluriel », Hachette, 1993.
  • Jean TULARD (dir.), Dictionnaire du Second Empire, Paris, fayard, 1995.

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