Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Nice. Place Masséna à l'angle de l'avenue de Verdun

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Nice. Place Masséna à l'angle de l'avenue de Verdun.

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : Nice. Place Masséna à l'angle de l'avenue de Verdun.

Auteur : Jean GILETTA (1856-1933)
Lieu de Conservation : Archives photographiques (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : GLT1681P

  Contexte historique

Le développement du tourisme au XIXe siècle a provoqué une forte croissance démographique des stations thermales ou balnéaires. Les villes du tourisme, crées ex nihilo ou nouveaux quartiers bâtis à partir de noyaux plus anciens, ont été parmi les plus dynamiques d’Europe occidentale, et leur taux de croissance a souvent été plus vigoureux que celui des villes industrielles. Nice, dont les aristocrates britanniques ont fait leur lieu de villégiature hivernale depuis le milieu du XIXe siècle, connaît une extension planifiée dans les premières décennies du XXe. Rattachée à la France avec son comté en 1860, la ville enregistre un afflux croissant d’hivernants, favorisé par l’arrivée du chemin de fer en 1864 : entre 1861 et 1881, leur nombre passe de 4 400 à 33 000. Entre 1811 et 1911, la population totale progresse de quelque 13 000 habitants à près de 110 000.

  Analyse de l'image

Situé place Masséna, lieu où la vieille ville s’articule avec la ville neuve, l’hôtel Claridge se caractérise par la sobriété de ses façades, obéissant ainsi au règlement urbain établi par l’administration sarde qui entend s’inspirer des méthodes qui ont prévalu, à Paris, lors de la construction de la rue de Rivoli sous le Premier Empire. Le bâtiment donne sur des jardins qui recouvrent le cours inférieur du Paillon et qui débouchent sur la Promenade des Anglais et la baie des Anges. On est bien loin du type de grand hôtel à la décoration ostentatoire qui se développe à partir des années 1880 et dont l’Excelsior, le Negresco ou le Carlton sont l’illustration.
Nice au XIXe siècle est une « ville de saison » : « Pendant six mois, on recherche le soleil comme un bienfaiteur, les six autres mois on le fuit comme un ennemi », remarque Robert de Souza. L’enseigne électrique installée sur l’hôtel et invitant à passer l’été à Aix-les-Bains en témoigne. L’hôtel Claridge n’est attesté dans les indicateurs de Nice et des Alpes-Maritimes qu’après la Première Guerre mondiale, ce qui amène d’ailleurs à s’interroger sur la datation de la photo. Paradoxe : d’après les publicités qui figurent dans ces mêmes indicateurs et qui concernent l’hôtel-pension Claridge, il est ouvert toute l’année.

  Interprétation

Le tourisme traditionnel qui s’était développé à Nice depuis la fin du XVIIIe siècle en faisait une ville de saison, une capitale d’hiver. Le premier conflit mondial a mis un terme à cette situation et la ville a commencé à accueillir des visiteurs en toute saison, même si les publicités lumineuses retardent sur la réalité.

Auteur : Jean-Luc PINOL


Bibliographie

  • Robert de SOUZA, Nice, capitale d’hiver, Berger-Levrault, 1913.
  • HAUG, C. JAMES, Leisure and Urbanism in Nineteenth-Century Nice,, Lawrence, Regents Press of Kansas, 1982.
  • François LOYER, Le Siècle de l’industrie, Paris, Skira, 1983.

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