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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Episode du siège de Rome : prise du bastion n° 8 à la porte de San Pancrazio, le 30 juin 1849.

© Photo RMN-Grand Palais

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Titre : Episode du siège de Rome : prise du bastion n° 8 à la porte de San Pancrazio, le 30 juin 1849.

Auteur : Horace VERNET (1789-1863)
Date de création : 1852
Date représentée : 30 juin 1849
Dimensions : Hauteur 489 cm - Largeur 997 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 78DN2770 / MV 2031

  Contexte historique

Malgré la promulgation d’une constitution libérale en mars 1848, la popularité du pape Pie IX ne résista pas à son refus de rompre avec l’Autriche. La bourgeoisie radicale et anticléricale excita le peuple affamé contre le gouvernement pontifical. Le 15 novembre le ministre de l’Intérieur, Pellegrino Rossi, était assassiné. Pie IX s’enfuyait à Gaète et les mazziniens s’emparaient du pouvoir, faisant élire au suffrage universel une assemblée constituante qui proclama la République le 22 février et remit le pouvoir au triumvirat Amellini, Saffi, Mazzini, et le commandement des troupes à Garibaldi. Le sort de la république romaine fut réglé par l’intervention française décidée par le prince-président et votée par la Constituante. Il s’agissait de rétablir l’autorité pontificale et de ménager à la France une zone d’influence en Italie en contenant les Autrichiens au nord. Le 24 avril 1849, les troupes françaises commandées par le général Oudinot débarquèrent à Civitavecchia et marchèrent sur Rome. Elles se heurtèrent à la résistance de Garibaldi et des volontaires républicains. Manquant de matériel de siège, elles durent reculer. Après la victoire des conservateurs à la Législative, sur les instructions de Tocqueville, ministre des Affaires étrangères, le corps expéditionnaire reprit ses attaques. Le 30 juin, Oudinot entra dans la Ville éternelle évacuée par les troupes de Garibaldi.

  Analyse de l'image

L’extraordinaire précision narrative d’Horace Vernet, maître incontesté de la peinture de bataille sous la monarchie de Juillet, est fidèlement relevée par le livret du Salon de 1852. Par ailleurs, Le Moniteur du 9 juillet 1849 précisait : « Le 30 au matin, les dispositions préliminaires étant exécutées sous la surveillance du colonel Niel, chef d’état-major du génie, les colonnes s’élancèrent au signal convenu. La première, sous les ordres du chef de bataillon Lefèvre, gravit avec peine, et malgré une vive fusillade, la brèche, qui n’avait que deux mètres de large à son sommet. Les décombres opposèrent un obstacle qui fit dévier la colonne ; elle se jeta à droite et s’engagea dans une tranchée faite par l’ennemi à la gorge du bastion ; dès les premiers pas, le commandant de cette colonne tombe blessé et est remplacé par le chef de bataillon du 68e […] Le point de vue est pris pendant l’action, du quartier général, en avant de la maison dite des Trois-Volets-Verts, d’où l’on domine les bastions attaqués, ainsi que la villa Pamphili et le cours du Tibre. »

  Interprétation

Le 17 février 1850, un rapport au ministre de l’Intérieur définissait ainsi les conditions de cette commande adressée à Vernet. « M. Horace Vernet, membre de l’Institut, est de retour de Rome où il vient de terminer les études nécessaires pour reproduire les principaux événements de cette dernière campagne. Nul n’est plus capable que cet artiste de retracer les brillantes affaires qui ont signalé le siège de Rome. J’ai donc l’honneur de vous proposer de le charger de l’exécution de trois grands tableaux destinés à figurer au Musée de Versailles, la composition principale aurait pour sujet la prise du bastion n° 8 qui décida de la soumission de Rome. […] Un tableau de cette importance ne peut pas être payé moins de 25 000 frs. […] Cette somme est considérable, elle paraît faible toutefois si on la compare aux allocations que l’ancienne liste civile accordait au même artiste. » D’évidence, le nom de Vernet s’imposait encore aux fonctionnaires de l’Administration des Arts de la IIe République, lorsqu’il s’agissait de restituer sur une toile de grande dimension des faits militaires qui exigeait notamment la science des effets de groupes nombreux d’hommes et d’animaux en mouvement, et celle du dosage entre l’art du détail et l’effet d’ensemble. Il y eut ainsi une continuité entre l’art officiel de la monarchie de Juillet et celui de la IIe République. C’est sans conteste sur cette base historique qu’il convient aussi d’apprécier la peinture que le Second Empire destina au musée de Versailles.

Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • Pierre RENOUVIN, Le XIX ème siècle : 1, de 1815 à 1871 : l’europe des nationalités et l’éveil des nouveaux mondes, Paris, Hachette, 1965.
  • Sergio ROMANO, Histoire de l’Italie du Risorgimento à nos jours, Paris, seuil coll. « Points-Histoire », 1977.
  • Philippe VIGIER, La Seconde République, Paris, PUF, 1992.

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