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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Funérailles et Apothèose de Thiers, La France pleurant devant son corps

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Apothéose aux funérailles de Thiers.

© Photo RMN-Grand Palais - J. L'Hoir

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Titre : Apothéose aux funérailles de Thiers.

Auteur : Jehan Georges VIBERT (1840-1902)
Date de création : 1877
Date représentée : septembre 1877
Dimensions : Hauteur 395 cm - Largeur 545 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Œuvre réalisée en collaboration avec Jean-Baptiste Edouard DETAILLE
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 75EE384/MV 6998

  Contexte historique

L’hommage au grand homme


A sa mort, en septembre 1877, Thiers présentait une figure ambivalente. Sa longue carrière avait été celle d’un libéral, mais il avait été l’une des figures fondatrices de la monarchie de Juillet avant d’instaurer, après 1870, un régime républicain et de régler le conflit franco-prussien. Aussi sa popularité était-elle grande, et elle se montra durable, dans l’ensemble de la France, à l’exception notable des faubourgs et des quartiers populaires de Paris, où il resta le « fusilleur de la Commune ». Il laissait également une œuvre considérable d’historien, avec son Histoire de la Révolution française (1827) et son Histoire du Consulat et de l’Empire(1845-1862). Sans conséquences politiques – son rôle actif était en fait terminé depuis1873 –, sa mort souleva cependant une forte émotion, ce que cherche à rendre la vaste composition de Vibert et Detaille.

  Analyse de l'image

Une composition allégorique


Pour cette toile de très grandes dimensions, les deux artistes emploient un langage allégorique qui accumule des éléments réalistes – employés pour leur portée symbolique – et purement imaginaires. Thiers gît sur sa couche mortuaire, avec toutes ses décorations, françaises (notamment le grand cordon de la Légion d’honneur) et étrangères, un crucifix sur la poitrine. Il est enveloppé dans les plis du drapeau tricolore que tient, à ses pieds, une femme figurant la France en deuil. A droite la figure de la Renommée étend sa main droite au-dessus du grand homme, alors que son bras gauche est levé vers le ciel. Au premier plan, un amas de couronnes mortuaires et de bouquets de fleurs. En contrebas, à gauche, les troupes défilent en hommage au défunt Président, au fond, la silhouette du panorama de Paris se détache sur un ciel assombri, mais dans lequel plane le fantôme des armées de la Révolution et de l’Empire, souvenir des travaux historiques de Thiers.
La toile reçut au Salon de 1878 un accueil mitigé, non pas pour sa signification (Thiers, avec Victor Hugo, Gambetta, Sadi Carnot, fut une des grandes figures magnifiées par l’imagerie républicaine), mais pour son style et sa composition : le réalisme tendait désormais à l’emporter sur l’allégorie, moins comprise, jugée vieillie et de peu d’effet.

  Interprétation

On remarquera néanmoins la présence des armées révolutionnaires et napoléoniennes. D’un point de vue purement esthétique, Detaille en a repris plusieurs fois l’idée, avec plus de succès, en particulier avec Le Rêve exposé au Salon de 1888 (Paris, musée d’Orsay), qui, conçu en pleine période boulangiste, marqua aux yeux de tous le redressement de l’armée française, et sa grande peinture murale du Panthéon, La Chevauchée de la gloire (1905), où, selon l’artiste lui-même, « les cavaliers et les fantassins qui se ruent vers la gloire, apportant par brassées les trophées conquis, ce sont les gens de Jemmapes et ceux de Valmy, les grenadiers à cheval de Marengo, les chasseurs et mamelucks d’Austerlitz, dragons d’Espagne et fantassins d’Egypte, hussards d’Iéna ou cuirassiers de Montmirail et de Champaubert, tous chargés de leur glorieux butin ». L’assimilation était évidente entre les armées victorieuses de la Révolution et de l’Empire et celles de la IIIe République, qui préparaient la revanche.

Auteur : Barthélemy JOBERT et Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • Claire CONSTANS,, Musée national du château de Versailles. Les Peintures, 2 vol., Paris, RMN, 1995.
  • Pierre GUIRAL, Adolphe Thiers ou De la nécessité en politique, Paris, Fayard, 1986.
  • Jean-Marie MAYEUR, Les Débuts de la Troisième république, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1973.

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