Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Religion et culture (119 études)

Mémoire de l'artificier Ruggieri relatif à la Fête de l'Etre suprême, 20 prairial an II.
Mémoire de l'artificier Ruggieri relatif à la Fête de l'Etre suprême, 20 prairial an II.

Ecrivains (30 études)

Anatole France, in Camera Work, avril-juillet 1913.
Anatole France, in Camera Work, avril-juillet 1913.
Edward STEICHEN

Découvrez aussi

Critique d'art et engagement

Portrait de Félix Fénéon.
Portrait de Félix Fénéon.
Maximilien LUCE

Hugo en exil

Victor Hugo sur la grève d’Azette
Victor Hugo sur la grève d’Azette
Charles HUGO

Le charisme de Hitler

Hitler
Hitler "combatif"
Heinrich HOFFMANN

Le Comte Robert de Montesquiou

Le Comte Robert de Montesquiou.
Le Comte Robert de Montesquiou.
Giovanni BOLDINI

La première d'Hernani. Avant la bataille

La première d'Hernani. Avant la bataille.
La première d'Hernani. Avant la bataille.
Albert BESNARD

Paul Déroulède prononce un discours à Bougival. Janvier 1913

Paul  Déroulède prononce un discours  à  Bougival. Janvier 1913.
Paul Déroulède prononce un discours à Bougival. Janvier 1913.
Fernand CORMON

Jules Amédée Barbey d'Aurevilly (1808-1889)

commentaires 0 commentaire commentaires
Jules Amédée Barbey d'Aurevilly (1808-1889).

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski / C. Jean

Agrandissement - Zoom

Titre : Jules Amédée Barbey d'Aurevilly (1808-1889).

Auteur : Emile LEVY (1826-1890)
Date de création : 1881
Date représentée : 1881
Dimensions : Hauteur 116 cm - Largeur 91 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 89EE414 / MV 6396

  Contexte historique

Issu d’une famille anoblie en 1756, Barbey d’Aurevilly, né à Saint-Sauveur-le-Vicomte dans un milieu très royaliste, baigna dès l’enfance dans les récits relatifs à la chouannerie, que le futur écrivain allait transcrire dans ses œuvres. Bien que contemporain de Musset ou Nerval, Barbey ne participa pas au combat romantique, de tendance libérale, et commença assez tardivement une œuvre indépendante, en publiant d’abord Une vieille maîtresse (1851), puis L’Ensorcelée (1854). Ces romans, emplis de visions aussi sataniques que divines – Barbey cultiva toujours l’ambiguïté –, furent les premiers à nourrir une sorte de cycle normand sur la chouannerie, marqué par des chefs-d’œuvre comme Le Chevalier des Touches (1864) ou Une histoire sans nom (1882). En effet, comme Erckmann et Chatrian pour l’Alsace, Barbey ouvrit aussi la voie de la littérature régionale, que suivirent au XXe siècle Giono et Pagnol pour la Provence, Van der Meersch pour les Flandres, etc. Mais Barbey dépasse largement ce seul clivage de classification littéraire. Cherchant toujours l’envers des choses, un peu à la manière de Dostoïevski, mais un envers identifié chez lui à l’au-delà chrétien, très réactionnaire, celui que l’on surnommait le « Connétable des Lettres » fut un dandy égaré dans son siècle. En rupture avec son époque, il annonçait surtout la littérature fin de siècle, décadente et symboliste (Les Diaboliques, recueil de nouvelles, 1874). Une fois reconnu à la fin de sa vie, il fut adulé par de jeunes écrivains comme Paul Bourget, Léon Bloy et surtout Huysmans, dont il annonce le parcours religieux. C’est toute une lignée spirituelle que Barbey guida ainsi vers le renouveau des traditions royalistes, au moment où allait naître en France l’Action française de Maurras et où allait s’épanouir un retour à la religion chez Péguy et Claudel.

  Analyse de l'image

Image directe, froide, de l’écrivain regardant le spectateur avec hauteur, presque avec dédain, et se tournant à peine vers lui, ce portrait détache visage et main dans la lumière en jouant avant tout sur l’élongation des formes (doigts, moustache). C’est l’aristocrate qui se révèle ici, souverainement supérieur dans son éloignement, comme refusant tout contact avec un extérieur qu’il juge indigne de lui, homme aux visions transcendantales. Dabs ce portrait de l’écrivain désormais reconnu comme un maître, Lévy a cherché à donner une image éternelle d’un homme supérieur, étranger aux contingences de son temps, comme le suggèrent aussi sa redingote démodée et sa cravate à la lavallière, très voyante.

  Interprétation

Ce portrait tardif de Barbey, réalisé au moment de sa consécration littéraire lorsqu’il publie Une histoire sans nom, se veut une référence incontournable. Sorte d’icône sacrée, l’œuvre présente le modèle de toute une école de pensée fin de siècle tel un dieu que seuls les initiés peuvent aborder : ce n’est qu’eux que Barbey condescend à regarder dans ce portrait. Il est le maître suprême dans une société démocratique qui se met en place, à laquelle il se sent étranger et qu’il fustige, en particulier à travers Zola. Son nouveau disciple Huysmans est, il est vrai, un transfuge de l’école naturaliste.

Auteur : Jérémie BENOÎT


Bibliographie

  • Patrick AVRANE, Barbey d’Aurevilly, Bruxelles, Desclée de brouwer, 2000.
  • Michel WINOCK, Les Voix de la liberté : les écrivains engagés au XIXe siècle, Paris, Seuil, 2001.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page