Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

religion et culture (33 études)

Les Petits Patriotes.
Les Petits Patriotes.
Philippe-Auguste JEANRON

mouvement ouvrier (5 études)

Partition de l'Internationale.
Partition de l'Internationale.
Théophile Alexandre STEINLEN

Découvrez aussi

4 septembre 1870 : la République est de retour

Le Dimanche 4 septembre 1870, Jules Simon proclame la République sur la place de la Concorde.
Le Dimanche 4 septembre 1870, Jules Simon proclame la République sur la place de la Concorde.
Paul-Louis DELANCE

Le 1er mai 1936

1er mai 1936
1er mai 1936

Enterrement de la IIe République

Un enterrement à Ornans.
Un enterrement à Ornans.
Gustave COURBET

La grève au Creusot (1899)

La Grève au Creusot (1899).
La Grève au Creusot (1899).
Jules ADLER

La révolte des tisserands

Misère.
Misère.
Käthe KOLLWITZ

La grève des années 1880

En grève.
En grève.
Paul GONDREXON

La proto-industrie de la soie (Vaucluse, 1845)

Croquis de poste de travail d’une fileuse en soie
Croquis de poste de travail d’une fileuse en soie

La révolte des canuts

Les événements de Lyon, 22 novembre 1831. Combat du Pont Morand.
Les événements de Lyon, 22 novembre 1831. Combat du Pont Morand.

Charles X, continuation de l'Ancien Régime

Inauguration du monument à la mémoire de Louis XVI par Charles X, place de la Concorde.
Inauguration du monument à la mémoire de Louis XVI par Charles X, place de la Concorde.
Joseph BEAUME

Grève au Creusot, 1899

Grève du Creusot (<i>Le Monde illustré</i> n<sup>o</sup> 2219, 7 octobre 1899).
Grève du Creusot (Le Monde illustré no 2219, 7 octobre 1899).

Grève à Saint-Ouen

commentaires 0 commentaire commentaires
Grève à Saint-Ouen.

© Photo RMN-Grand Palais - C. Jean

Agrandissement - Zoom

Titre : Grève à Saint-Ouen.

Auteur : Paul-Louis DELANCE (1848-1924)
Date de création : 1908
Dimensions : Hauteur 127 cm - Largeur 191 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 85EE263/RF 1973-42

  Contexte historique

Ville située dans la banlieue industrielle du nord de Paris, Saint-Ouen compte au début du XXe siècle de nombreux ateliers métallurgiques et des entreprises de divers secteurs (fabriques de cirage, imprimeries, construction automobile…). Le mouvement social y est anciennement enraciné et s’appuie sur la tradition de sociabilité de l’artisanat bien plus vivante que dans la grande industrie comme au Creusot. La conscience politique y a même permis l’installation entre 1887 et 1896 d’une des premières municipalités socialistes révolutionnaires.
A la vague de grèves et à la poussée syndicale spectaculaire que connaît toute la France dans les années 1904 à 1907, la population de Saint-Ouen apporte bien sûr sa participation : plus particulièrement en 1907, ce sont les boulangers et les gaziers, puis, au début de 1908, c’est au tour des terrassiers du chantier du métro parisien. La grève est toujours scandée de manifestations et de meetings, de chants révolutionnaires et de drapeaux rouges, brandis pour provoquer le pouvoir en place qui l’a interdite.
Cette agitation entraîne parfois des violences mortelles : des patrons ou la troupe tirent sur les manifestants, faisant des morts comme à Cluses en 1904, à Longwy en 1905 ou à Courrières après la catastrophe de 1906.

  Analyse de l'image

L’événement relaté par Delance n’est pas connu avec précision. Il est toutefois aisé de déceler l’origine du long cortège qui surgit de l’horizon hérissé de cheminées d’usines, à droite : deux corbillards dont on voit émerger les dais et les cochers de part et d’autre du drapeau central. L’hypothèse est qu’il s’agit de l’enterrement de deux ouvriers tués lors d’une manifestation. Pendant que les manifestants crient ou chantent à droite, d’autres s’inclinent à gauche au passage des corbillards qu’illuminent les rayons du soleil perçant le ciel gris.
Mais le peintre relègue l’événement au second plan et laisse toute la place au vieil ouvrier porte-drapeau et plus encore, parce qu’ils regardent le spectateur, à la jeune mère et à son enfant. Cette participation des vieillards, des femmes et même des bébés est attestée dans toutes les grèves et les manifestations ouvrières au tournant du siècle.

  Interprétation

Dans les sujets extrêmement divers qu’il traite, Delance privilégie une représentation à forte valeur symbolique. Ce tableau n’y échappe pas. Sa mise en scène est totalement centrée sur le drapeau rouge : il est l’axe de la composition comme de la manifestation. Sa couleur est exaltée par celle verte et complémentaire du fond. Surtout il relie les générations, et c’est dans ses plis que sont élevés les enfants.
Ce tableau témoigne certes du climat social tendu de ces années 1904 à 1907, il en souligne aussi les violences et les options radicales. Une nouvelle phase de l’industrialisation et du mouvement ouvrier est inaugurée.

Auteur : Pierre SESMAT


Bibliographie

  • Madeleine REBERIOUX,, La République radicale ? 1898-1914, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1975.
  • Gérard NOIRIEL, Les Ouvriers dans la société française, XIX-XXe siècles, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1986.
  • Michel WINOCK, Le Socialisme en France et en Europe, XIXe-XXe siècles, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1992.
  • « Le Temps de la lutte des classes », numéro spécial L’Histoire n°195, Janvier 1996.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page