Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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La Révolte du Caire, le 21 octobre 1798

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La Révolte du Caire, le 21 octobre 1798.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet / J. Schormans

Agrandissement - Zoom

Titre : La Révolte du Caire, le 21 octobre 1798.

Auteur : Anne Louis GIRODET DE ROUCY TRIOSON (1767-1824)
Date de création : 1810
Date représentée : 21 octobre 1798
Dimensions : Hauteur 365 cm - Largeur 500 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 83EE1190 / MV 1497

  Contexte historique

La révolte du Caire est un épisode de l’expédition d’Egypte menée par Bonaparte. Le Directoire souhaitait éloigner ce général trop populaire qui pouvait satisfaire ainsi sa soif d’aventures et couper la route aux Anglais vers l’Asie. L’Egypte des mamelouks connaissait un déclin, les victoires semblaient faciles. Le 19 mai 1798, Bonaparte quitta Toulon avec 54 000 hommes, des savants et des artistes. La victoire des Pyramides ouvrit les portes du Caire aux Français, qui essuyèrent peu après une lourde défaite infligée par l’amiral Nelson à Aboukir. Leur flotte étant à peu prés anéantie, les Français furent contraints de rester en Egypte. Bonaparte organisa le pays et créa un conseil formé d’ulémas et de notables qui tenta de mieux répartir l’impôt foncier en exigeant des titres de propriété. Ces dispositions, si étrangères aux usages, provoquèrent le 21 octobre 1798 le soulèvement populaire des habitants de la ville. Ayant perdu 800 soldats, Bonaparte devait répondre le lendemain par une féroce répression.

  Analyse de l'image

Le moment représenté est celui où les Français, après avoir pénétré dans la grande mosquée du Caire, combattent les rebelles qui s’y sont retranchés. Peinture idéale s’il en est, représentant la férocité du combat des armées françaises non comme s’il s’agissait d’une simple répression militaire mais plutôt d’une bataille de demi-dieux, cette peinture exceptionnelle dans l’œuvre de Girodet nous montre une attaque où les personnages, d’un hiératisme sculptural, ne sont pas pour autant dépourvus de mouvement. Le Français brandissant son sabre et foulant les cadavres semble repris du Massacre des Innocents de Poussin. De la même façon, son ennemi, représenté dans une nudité héroïque et soutenant le corps d’un insurgé, semble directement sorti d’un bas-relief antique. Le tumulte du second plan où paraissent une multitude de personnages dote à lui seul la scène d’un mouvement violent. Nul portrait, sinon celui de l’âme des assiégés et de l’emportement des assaillants ! L’individualité s’estompe ici sous la force de l’allégorie du combat.

  Interprétation

Commandé en 1809 pour être exposé dans la galerie de Diane au palais des Tuileries, ce chef-d’œuvre de Girodet, heureux de se mesurer à un thème de peinture d’histoire mêlant l’exotisme à l’héroïsme, constitue une parfaite illustration de la constitution de la légende napoléonienne. C’est en effet dans ces années 1808-1810 qu’est menée une très active politique culturelle destinée à fixer les traits saillants de la mythologie officielle. Aussi est-ce pour illustrer les salles Napoléon du musée historique de Louis-Philippe que le monarque constitutionnel l’affecta à Versailles. De la part de Girodet, grand admirateur de Gros, il faut lire dans cette composition un aveu de son goût romantique ainsi qu’un hommage à l’art puissant de David. Dans la férocité de ce combat, on retrouve la revendication de l’honneur national qui fit prononcer au général Bon, alors que les insurgés lui apportaient leur soumission, ces mots terribles : « L’heure de la vengeance est sonnée ; vous avez commencé, c’est à moi de finir », engageant un bombardement continu qui écrasa les révoltés le 22 octobre. Parmi les commandes que Napoléon passa à Girodet, il convient de rappeler L’Apothéose des héros français morts pour la patrie, directement inspiré du lyrisme du poème d’Ossian. L’héroïsme de Girodet, dont les êtres peints perdent leur nature charnelle pour ne garder que l’impulsion de l’idéal, sera sensible encore dans les portraits de chouans que lui commanda Louis XVIII pour Saint-Cloud.

Auteur : Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • Collectif, La Campagne d’Egypte, 1798-1801, mythe et réalités, Paris, Maisonneuve et Larose, 1999.
  • Yveline CANTAREL-BESSON, Claire CONSTANS et Bruno FOUCART, Napoléon. Images et histoire : peintures du château de Versailles (1789-1815), Paris, RMN, 2001.
  • Roger DUFRAISSE et Michel KERAUTRET,, La France napoléonienne. Aspects extérieurs, Paris, Le Seuil, coll. « Points Histoire », 1999.
  • Annie JOURDAN, Napoléon, héros, imperator, mécène, Paris, Aubier, 1998.
  • Henry LAURENS, L’Expédition d’Egypte, Paris, Le Seuil, coll. « Points Histoire », 1997.
  • Jean TULARD (dir.), Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1987, rééd. 1999.
  • Jean TULARD (dir.), L’Histoire de Napoléon par la peinture, Paris, Belfond, 1991.

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