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Consulta de la République cisalpine réunie en comices à Lyon

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Consulta de la République cisalpine réunie en comices à Lyon

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

Agrandissement - Zoom

Titre : Consulta de la République cisalpine réunie en comices à Lyon

Auteur : Nicolas-André MONSIAU (1754-1837)
Date de création : 1808
Date représentée : 26 janvier 1802
Dimensions : Hauteur 319 cm - Largeur 483 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 86EE1148 / MV 1500

  Contexte historique

Au terme de la deuxième campagne d’Italie marquée par la victoire de Marengo le 14 juin 1800, les troupes française occupent en grande partie l’Italie qui se retrouve scindée en deux républiques sœurs, liguriennes (Gênes) et cisalpine (Milan). En décembre 1801, le Premier consul réunit une Consulta législative à Lyon, c’est-à-dire une assemblée de notables (représentants de l’armée, membres du gouvernement, archevêques, évêques et curés délégués par leurs pairs, magistrats, universitaires…) choisis par Murat afin de mettre en place une nouvelle organisation des pouvoirs. La république reçoit une constitution très autoritaire, calquée sur celle de la France : le chef du pouvoir exécutif nomme les ministres, mais aussi les membres du Conseil législatif. Le 26 décembre 1801, Bonaparte lui attribue le nouveau nom de République italienne. Mais en décevant les espoirs des patriotes italiens qui souhaitaient l’unité avec le Piémont, Bonaparte entame en Italie une politique de formation de républiques vassales. Nommés par les quatre cent dix-huit députés, trente conseillers sont chargés d’élire le président de la République cisalpine. Sur l’insistance de Talleyrand, les Trente proposent à contrecœur Bonaparte.

  Analyse de l'image

Monsiau passa quelques années à Rome, fit partie de l’Académie et exposa régulièrement au Salon. A partir de 1789, son art se fit de plus en plus académique. Il se consacra à la peinture religieuse, mais acquit la célébrité dans le grand genre qui, sous la Restauration, rejoignit sous sa brosse la peinture historique et anecdotique, comme en témoigne son Louis XVI et La Pérouse (1817, Versailles) qui fit partie des collections de Louis XVIII.
La scène se tient dans la chapelle de l’ancien collège de la Trinité, actuel lycée Ampère, à Lyon. Le citoyen Napoléon Bonaparte apparaît ici entouré (à droite de la composition) de Murat, Berthier, Louis, Hortense et Joséphine de Beauharnais ; on reconnaît Chaptal assis au bas des marches. A la droite du Premier consul sont représentés Marescalchi, Talleyrand, Bernadotte, le comte Melzi d’Eril (lisant une allocution). Le moment choisi par Monsiau est celui où le citoyen Bonaparte, élu président de la République cisalpine le 24 janvier sur l’insistance de Talleyrand, vient de s’adresser en italien aux députés leur proposant d’adopter des attitudes nationales et de mettre sur pied une armée. Le nom de « république italienne » est acclamé, et lecture est donnée des noms des Italiens appelés à constituer les grands corps de l’Etat.

  Interprétation

Le peintre Gérard refusa la commande de cette œuvre, préférant exécuter une série de portraits impériaux plutôt qu’un immense portrait de groupe. Monsiau fut donc chargé en 1806 de cette grande composition, qui devint son chef-d’œuvre, destinée à la galerie de Diane aux Tuileries, exposée au Salon de 1808, puis installée aux Tuileries en 1809. Bientôt remplacé par l’Entrée de Napoléon à Berlin par Meynier (MV 1552), le tableau demeura dans les réserves de 1810 à 1824. Louis-Philippe le fit entrer dans ses Galeries historiques du musée de Versailles.
Le fait que l’Empire jugea opportun de célébrer un haut fait du Consulat trouve évidemment sa justification dans l’acceptation populaire du pouvoir de Napoléon. Mais dès 1810, la puissance guerrière devait supplanter, dans la propagande impériale, l’organisation législative de l’Empire : ce qui explique les divers avatars du tableau de Monsiau. Seule la soif rétrospective de Louis-Philippe, soucieux de restaurer la légitimité impériale en même temps que la puissance militaire du règne de Napoléon, sut réhabiliter cette immense composition héritière, dans la perfection de son exécution, de la grande tradition d’un David.

Auteur : Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • Yveline CANTAREL-BESSON, Claire CONSTANS et Bruno FOUCART, Napoléon. Images et histoire : peintures du château de Versailles (1789-1815), Paris, RMN, 2001.
  • Roger DUFRAISSE et Michel KERAUTRET, La France napoléonienne. Aspects extérieurs, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1999.
  • Jean TULARD (dir.), Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1987, rééd. 1999.
  • Jean TULARD (dir.), L’Histoire de Napoléon par la peinture, Paris, Belfond, 1991.

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