Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

écrivains français (23 études)

A « La République française ».
A « La République française ».
Henri GERVEX

Les écrivains célèbres (13 études)

François-Marie Arouet, dit Voltaire nu.
François-Marie Arouet, dit Voltaire nu.
Jean-Baptiste PIGALLE

Découvrez aussi

Le daguerréotype

Portrait d’Honoré de Balzac.
Portrait d’Honoré de Balzac.
Louis-Auguste BISSON

Stendhal

Portrait de Stendhal
Portrait de Stendhal
Henri LEHMANN

André Malraux, écrivain engagé

André Malraux en 1933
André Malraux en 1933

Une révolution esthétique : le Balzac de Rodin

Towards The Light at Midnight - Balzac (sculpture de Rodin).
Towards The Light at Midnight - Balzac (sculpture de Rodin).
Edward STEICHEN

Hugo en exil

Victor Hugo sur la grève d’Azette
Victor Hugo sur la grève d’Azette
Charles HUGO

Baudelaire, un artiste au XIXe siècle

Charles Baudelaire (1821-1867)
Charles Baudelaire (1821-1867)
Emile DEROY

Honoré de Balzac (1799-1850)

commentaires 0 commentaire commentaires
Honoré de Balzac (1799-1850)

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : Honoré de Balzac (1799-1850)

Auteur : Maxime DASTUGUE (1851-1908)
Date de création : 1886
Dimensions : Hauteur 61 cm - Largeur 50 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web

  Contexte historique

Lorsqu’en 1837 Louis Boulanger exposa au Salon le portrait de Balzac, l’écrivain était déjà reconnu, même s’il n’avait pas, loin de là, achevé son œuvre. Il avait cependant commencé sa Comédie humaine, ayant déjà publié Les Chouans (1829), La Peau de chagrin (1831), Le Colonel Chabert (1832), Eugénie Grandet (1833), Le Lys dans la vallée et La Fille aux yeux d’or (1835). A cette époque, peindre un écrivain de la génération de 1830 était une manière de consacrer le romantisme. Boulanger fréquentait d’ailleurs le cénacle des écrivains romantiques et fut l’ami de Balzac, de Hugo, de Dumas, qu’il représenta.

  Analyse de l'image

Le photographe Nadar avait de son côté tiré un portrait de Balzac, mais la toile de Dastugue révélait véritablement le romantique dans cette représentation un peu conventionnelle d’un artiste, une main posée sur le cœur, la chemise grande ouverte. Quant à Boulanger, qui connaissait bien Balzac, il ne pensait certainement pas donner le prototype de la représentation de l’écrivain, lorsqu’il réalisa ce portrait. En fait, il savait comment travaillait Balzac, emmitouflé dans sa robe de chambre, buvant café sur café pour soutenir son inspiration, écrivant la nuit. Alors que Balzac avait jusque-là écrit des romans de tendance romantique, illuministe quelquefois (Maître Cornelius, 1831), Boulanger montra cependant ici l’homme solide, réaliste, qu’il devait rapidement devenir, un homme gros aussi, complexé, attiré par le dandysme, politiquement fasciné par le légitimisme et le catholicisme, mais trop lucide pour se laisser embrigader par une quelconque faction. En publiant en 1827 César Birotteau, Balzac se tourna vers le réalisme, abandonnant toute allégorie, toute référence au mystique Emmanuel Swedenborg comme dans Seraphita (1833). Désormais attaché à décrire la société bourgeoise, Balzac n’hésita pas à montrer les réseaux de relations politiques ou les travers de ses contemporains. A la recherche du type social plus que du personnage, il se posait en monument de l’écriture. Sans doute est-ce cet aspect de l’œuvre que Boulanger voulut traduire dans ce portrait de l’écrivain, précisément arrivé à un tournant de sa carrière.

  Interprétation

Rodin eut-il connaissance de ce portrait quand il commença à concevoir la statue de Balzac, qui allait l’amener à de longues recherches et qui, bien qu’inachevée, fut cependant fondue en bronze et orne aujourd’hui le boulevard Raspail à Paris ? C’est très possible : de 1891 à 1898, le sculpteur travailla sans cesse à donner toujours plus de puissance et d’ampleur à son personnage, dont le prototype semble bien avoir été le tableau de Boulanger. L’évolution de Rodin l’amena à toujours plus synthétiser les formes simples que lui fournissait la robe de chambre, résumant ainsi Balzac à une sorte de pilier de matière, véritable menhir, véritable monument symbolique et indestructible. C’est en transcendant la matière que Rodin parvint à montrer la puissance descriptive de Balzac. Dépassant l’homme, il en a extrait l’essence pour en faire le symbole de la société du XIXe siècle. Il semble bien que Boulanger ait suivi la même démarche que le sculpteur, mais face à un modèle bien vivant, dont il traduisit toute l’ardeur créatrice et qu’il connaissait trop, il ne paraît pas être parvenu à dépasser la seule vision du personnage, tant il est vrai que Balzac, en 1837, ne s’était pas encore autant accompli dans son œuvre que lorsque Rodin le représenta. En ce sens, la tâche était presque plus facile pour le sculpteur que pour le peintre.

Auteur : Jérémie BENOÎT


Bibliographie


Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page