© Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani
Titre : Les obsèques de Louise Michel.
Auteur : Albert PETERS-DESTERACT
Date de création : 1905
Date représentée : 22 janvier 1905
Dimensions : Hauteur 51.4 cm - Largeur 62 cm
Technique et autres indications : eau-forte sur papier
Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis (Saint-Denis)
Contact copyright : Photothèque, Tél : 01.42-43-83-85 / Fax : 01.48.20.07.60, musee@ville-saint-denis.fr, 22 bis, rue Gabriel Péri - 93200 Saint-Denis
La mort de Louise Michel
Le 9 janvier 1905, Louise Michel mourait d’une congestion pulmonaire à Marseille où elle s’était rendue pour donner l’une de ses innombrables conférences en faveur de la cause libertaire. Depuis son retour de Nouvelle-Calédonie – elle y fut déportée dès 1872 pour sa participation à la Commune – et à la faveur de l’amnistie générale de 1880, Louise Michel avait connu une intense activité de journaliste, de pamphlétaire et de conférencière. Elle était ainsi devenue une incarnation populaire de la révolution.
Un cortège funèbre
La dépouille de la « Vierge rouge » fut ramenée à Paris. A la gare de Lyon, d’importantes forces de police avaient été déployées pour contenir le cortège funèbre qui devait accompagner jusqu’au cimetière de Levallois-Perret le corbillard de septième classe, dit « des pauvres », recouvert d’un drap rouge et bordé de noir. Dans cette eau-forte polychrome, l’artiste a cherché à produire l’effet d’une foule dense et compacte, sorte de flot humain ponctué de couronnes mortuaires, hérissé de drapeaux rouges et de bannières noires, duquel émerge au centre un cuirassier du service d’ordre. En privilégiant la représentation du cortège au détriment de celle du corbillard, hors champ, l’artiste peut mettre en scène l’hétérogénéité des admirateurs de Louise Michel – femmes, ouvriers, vétérans des causes passées, gamins de Paris dont un crieur du Libertaire… – et en promouvoir la cohérence par les couleurs. Avec un cadrage serré sur la foule et l’alignement des façades qui ferme toute perspective, Peters-Destéract tente de représenter ce que fut ce parcours de quatorze kilomètres que le cortège accomplit en quatre heures.
Un hommage populaire
L’efficacité de cette image réside dans le flot hétérogène et désordonné du cortège des anonymes, hésitant entre l’hommage et la manifestation. Elle illustre le souhait de certains proches de Louise Michel, selon lesquels elle n’appartenait à aucun groupe mais à tous : parti socialiste français, parti ouvrier socialiste révolutionnaire, groupes antimilitaristes, anarchistes et féministes, syndicats ouvriers, rédactions des journaux L’Humanité, Le Libertaire ou La Fronde… Peters-Destéract offre ainsi une sorte d’instantané de la révolution sociale en marche autour du corbillard de son égérie, rappelant le cortège qui l’avait accompagnée à travers Paris, à son retour de déportation, le 9 novembre 1880.
Auteur : Bertrand TILLIER