SCIENCES ET TECHNIQUES (20 oeuvres)
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Titre : Première démonstration publique en France de la télévision par l’ingénieur René Barthélemy à l’Ecole supérieure d’électricité
Auteur : ANONYME
Date de création : 1931
Date représentée : 14 avril 1931
Lieu de Conservation : L'illustration (Paris)
La télévision fait ses gammes
Au cours des années 1920, parallèlement aux recherches menées aux Etats-Unis, en URSS, en Angleterre ou en Allemagne, plusieurs compagnies françaises travaillent à la mise au point de procédés de télévision ; notamment la Compagnie des compteurs de Montrouge (CdC). Celle-ci nomme l’ingénieur René Barthélemy (1889-1954) à la tête de son département de recherche. En avril 1931, il réalise la première démonstration publique en France de radiovision en 30 lignes, transmise par émetteur (d’autres ont été réalisées, mais par fil). Son succès incite le ministère des PTT à soutenir l’expérience. Tandis que les premières émissions régulières sont diffusées par le poste Radio-PTT à partir de décembre 1931, René Barthélemy poursuit donc ses expériences, et l’idée d’organiser une station de télévision fait son chemin. En 1935, elle aboutira aux premiers programmes quotidiens diffusés en 180 lignes.
La machine et l’image
Tout comme ceux qui, le 28 mars, ont suivi la démonstration du procédé Baird au cinéma Olympia de Paris, les huit cents invités qui, le 14 avril 1931, assistent à la démonstration publique du procédé Barthélemy (dans l’amphithéâtre de l’Ecole supérieure d’électricité de Malakoff) sont des privilégiés. Devant eux, René Barthélemy (à droite avec un casque) renvoie l’image d’un récepteur en verre dépoli de 30 x 40 cm (à gauche en position oblique) vers des miroirs muraux. Les spectateurs y découvrent l’image réfléchie de Suzanne Bridoux, la collaboratrice de René Barthélémy. Elle fait office de présentatrice. Néanmoins et comme le montre la disparité des regards d’un public, les invités s’intéressent autant à l’ingénieur et à ses énigmatiques manipulations, à ses appareils et à ses antennes, qu’à l’image (qui leur fait face) de la première speakerine de l’histoire de la télévision française, que l’on voit parler, fumer, puis annoncer la diffusion d’un film muet, L’Espagnole à l’épouvantail.
La face cachée du miroir
La reproduction d’images animées à distance et en temps réel est une formidable révolution technologique qui exerce une fascination perceptible dans les regards plutôt stupéfaits des spectateurs. Mais la magie de la distance abolie est également permise par un lourd dispositif dont ce document ne montre que la partie émergée. En effet, tandis que Baird fondait son expérience de mars 1931 sur un procédé de transmission directe par fil dans un seul bâtiment, les images de télécinéma diffusées par René Barthélemy à Malakoff proviennent d’un émetteur radio de 50 watts situé à Montrouge, à deux kilomètres de distance. Dans le laboratoire d’étude de l’ingénieur de la CdC, à Montrouge, Marius Lamblot, son collaborateur, s’occupe des réglages d’émission et de prise de vues. Pour sa part et sur la base des enseignements tirés de nombreux tests, sa collaboratrice Suzanne Bridoux se maquille pour que l’image diffusée soit la plus nette possible (blanc pour le visage, bleu pour les paupières, noir pour les yeux et la bouche).
Auteur : Philippe TETART