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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Premiers essais du traitement du cancer par les rayons X.

© Cliché Archives, Assistance publique, Paris.

Agrandissement - Zoom

Titre : Premiers essais du traitement du cancer par les rayons X.

Auteur : Georges CHICOTOT (1868-1921)
Date de création : 1907
Date représentée : 1907
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (Paris) ; site web
Contact copyright : Photothèque de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, 10 rue des Fossés Saint-Marcel, 75005 Paris. Mail : musee.ap-hp@sap.aphp.fr

Animation

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  Contexte historique

Il aura fallu moins d’un an entre la découverte des rayons X par le physicien allemand Conrad Röntgen (1845-1923), en novembre 1895, et les premières tentatives d’applications médicales à des fins thérapeutiques, en juillet 1896. La nouvelle s’est répandue dans le monde occidental comme une traînée de poudre. C’est aussitôt l’effervescence, car ces rayons qui permettent de voir à l’intérieur des corps – et des corps vivants – enflamment l’imagination et la curiosité des médecins. Pour la médecine clinique du XIXe siècle, voir c’est comprendre. La radioscopie et la radiographie ouvrent soudain de nouvelles perspectives dans le domaine du diagnostic : immédiat, sûr et précis. Puis les propriétés de ces rayons, capables de détruire les tissus malades, sont exploitées à des fins thérapeutiques : c’est la radiothérapie, dont la principale application porte sur les tumeurs cancéreuses. La radiologie ouvre une ère nouvelle, celle de l’imagerie médicale, qui va révolutionner les pratiques médicales, les résultats de la lutte contre la maladie et aussi, un jour, les attentes des patients.

  Analyse de l'image

Le médecin radiologue, grand ordonnateur de cette scène, est aussi le peintre du tableau. Pendant ses études à l’Ecole des Beaux-Arts, Georges Chicotot s’est passionné pour l’anatomie au point d’entreprendre des études de médecine, tout en poursuivant son activité de peintre (il expose chaque année au Salon des artistes français de 1877 à 1913). Après sa thèse, en 1899, il débute à l’hôpital Broca et devient chef du laboratoire de radiologie en 1908. C’est avec l’objectivité et la précision d’un homme de science qu’il dépeint une scène ordinaire de la vie des pionniers de cette nouvelle spécialité, « à une époque où la radiologie était à son enfance ». Son projet est d’en donner une représentation fidèle, à visée descriptive, dans l’intention de laisser des « documents pour l’avenir ». « Ce ne sont pas des tableaux de salon mondain », tient-il encore à préciser.
La composition est soumise à une discipline géométrique. A droite, la verticale du personnage principal. A gauche, un deuxième axe vertical qui occupe la moitié supérieure du tableau sur deux plans successifs : l’ampoule radiogène placée dans un tube de Crookes (monté sur un pied articulé) et, contre le mur, un meuble sur lequel apparaissent des voyants de contrôle. Entre ces deux verticales, et tel un trait d’union, la patiente allongée. Le « quadrillage » est encore souligné par les lignes horizontales et verticales des meubles de la pièce. Cette objectivité froide ne dit rien de l’étrangeté de « l’opération radiologique » (comme on disait alors) vécue, d’après les témoignages de l’époque, comme un événement impressionnant : la salle était plongée dans le noir, l’ampoule radiogène émettait une lueur jaune-vert (et l’on comprend ainsi le choix de la gamme chromatique utilisée par le peintre), l’action du moteur s’accompagnait de grésillements et de grondements, enfin les étincelles produites dégageaient une odeur acide et écœurante d’ozone. Mais la patiente semble dormir et son angoisse restera une énigme, car le peintre a choisi de mettre l’accent sur la parfaite maîtrise de l’opération.

  Interprétation

Nous ne pouvons que nous étonner aujourd’hui, devant cette scène, de l’absence totale de protection de la malade et du radiologue, tous deux exposés à des rayonnements dangereux. Mais l’époque est encore celle des premiers balbutiements : Chicotot tient dans sa main droite un chalumeau à gaz, destiné à réguler la haute tension du courant qui traverse l’ampoule ; dans le même temps, il contrôle le temps d’exposition avec sa montre (30 minutes en 1897, mais déjà plus que 10 secondes en 1899). Et s’il a la coquetterie de conserver son chapeau haut de forme (signe distinctif de sa qualité de « patron » à une époque où par souci d’hygiénisme tous les médecins sont désormais en blouse blanche), a-t-il accordé suffisamment d’attention à la publication en 1904 du Dr Antoine Béclère (le « père de la radiologie française ») : Moyens de la protection du médecin et des malades contre l’action nocive de nouvelles radiations, où l’auteur préconise les premières règles à adopter ? Les paravents et cabines doublées de plomb, les tabliers, lunettes et gants protecteurs ont commencé à apparaître en Allemagne. Ces règles ne deviendront obligatoires qu’en 1922. Comme beaucoup de radiologues, Chicotot est mort des suites d’une radiothermie[1].

Auteur : Anne NARDIN


Notes

Inflammation de la peau provoquée par les rayonnements, caractérisée par des brûlures pouvant entraîner l'amputation.


Bibliographie

  • Les Rayons de la vie. Une histoire des applications médicales des rayons X et de la radioactivité en France, 1895-1930, catalogue de l’exposition du musée de l’Institut Curie, 11 sept. – 31 déc. 1998, Paris, 1998.
  • Pr Guy PALLARDY, Marie-José PALLARDY et Auguste WACKENHEIM, Histoire illustrée de la radiologie, Paris, Editions Roger Dacosta, 1989.

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