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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Le cours de la vie de l'homme

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Le cours de la vie de l’homme ou l’homme dans ses différents âges.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

Agrandissement - Zoom

Titre : Le cours de la vie de l’homme ou l’homme dans ses différents âges.

Auteur : ANONYME
Dimensions : Hauteur 30.2 cm - Largeur 39.4 cm
Technique et autres indications : bois de fil colorié au pochoir sur papier vergé
François Hurez (éditeur), Cambrai
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 02CE10143 / 65.75.139 C

Animation

  Contexte historique

Parmi les thèmes moraux que l’imagerie populaire illustre tout au long du XIXe siècle, deux sont liés au thème du temps qui passe : le Juif errant, qui propose une réflexion sur l’histoire de l’humanité, et le Degré des âges, qui traite pour sa part de l’existence humaine individuelle. Dans une société où l’appartenance à une classe d’âge est déterminante (la jeunesse, notamment, forme un groupe social très structuré, avec sa hiérarchie propre et ses règles de conduite), une telle image fixe des apparences et des rôles qui ont valeur de stéréotype.

  Analyse de l'image

Le motif principal figure un pont en maçonnerie dont le tablier constitue les marches d’un escalier. Chaque marche, qui correspond à une tranche d’âge de dix ans, supporte un couple dont les attitudes, l’apparence physique et le costume coïncident avec l’âge indiqué. Il ne s’agit pas d’un même couple dont on observerait le vieillissement, mais de personnages différents saisis dans une simultanéité et portant les costumes de leur jeunesse : ainsi le couple de quarante ans est habillé à la mode Empire, le couple de soixante-dix ans porte des vêtements de l’Ancien Régime. Sous l’arche en plein cintre figure le Jugement dernier et, au premier plan, l’allégorie du temps qui passe : un squelette dans une fosse muni d’un sablier et d’une faux. La vie de l’homme commence au berceau et s’achève avec la représentation très classique de l’ange se tenant au chevet des mourants. Né dans l’estampe au XVIe siècle – il est alors lié à la Roue de Fortune –, le thème se fixera progressivement dans ses éléments constitutifs. La division en dix âges apparaît sur une xylographie allemande de 1482, l’escalier est présent au XVIe siècle sur une image de Modène ; quant aux couples, ils figurent sur une gravure parisienne de Jaspar Isaac au début du XVIIe siècle. L’imagerie parisienne de la rue Saint-Jacques, qui a inspiré Hurez, publie au début du XIXe siècle de très belles tailles-douces coloriées qui, outre les éléments repérables sur l’image cambrésienne, figurent des motifs cosmiques tels l’arbre feuillu et l’arbre mort ou encore les animaux (libellule, colombe, chouette et chauve-souris) qui redoublent le symbolisme du temps qui passe.

  Interprétation

Le cours de la vie de l’homme n’est pas envisagé uniquement du point de vue du vieillissement naturel, mais aussi du point de vue de la place de l’homme dans la société. La disposition en escalier favorise une lecture verticale du motif : le plus haut degré correspond à l’âge où les implications sociales de l’homme sont réputées être les plus fortes (cinquante ans). Les degrés les plus bas (la naissance et cent ans) correspondent à une implication minimale, rejoignant la sphère de la nature ; le surnaturel enfin se trouve sous le pont, comme un rappel de sa permanence sous l’enveloppe fragile de l’existence sociale.

Auteur : Frédéric MAGUET


Bibliographie

  • Alain CHARRAUD, « Analyse de la représentation des âges de la vie humaine dans les estampes populaires du XIXe siècle », in Ethnologie française, n° 1, Paris, Berger-Levrault, 1971.
  • Frédéric MAGUET, Les Temps de la vie, catalogue d’exposition-dossier, Paris, RMN, 1995.

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