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La bataille de Castiglione, 5 août 1796

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La bataille de Castiglione, 5 août 1796.

© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux

Agrandissement - Zoom

Titre : La bataille de Castiglione, 5 août 1796.

Auteur : Victor-Jean ADAM (1801-1866)
Date de création : 1835
Date représentée : 5 août 1796
Dimensions : Hauteur 162 cm - Largeur 258 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01DE7077 / MV 1487

  Contexte historique

Lors de la première campagne d’Italie, ayant vaincu les Austro-Piémontais et signé l’armistice de Cherasco le 28 avril 1796, Bonaparte prit possession du pays et commença à occuper la Lombardie. Bignasco, Pavie, se révoltèrent. Durant l’été, l’armée autrichienne envoyée en renfort pour chasser les Français de la péninsule est battue à Castiglione le 5 août et à Arcole le 17 novembre 1796, à Rivoli le 14 janvier 1797.
Tandis que les Français font le siège de Mantoue, le feld-maréchal Würmser reçoit l’ordre d’envoyer 25 000 hommes en renfort au feld-maréchal Beaulieu, vaincu en Piémont au printemps. Dès la nouvelle de l’arrivée des renforts ennemis, Bonaparte se replie sur le Mincio et, cherchant comme à son habitude à séparer ses adversaires en les éliminant séparément, il se débarrasse d’abord du général Oskay, tandis que Quasdanovitch, jugeant plus prudent d’attendre, est poursuivi par le général Sauret. Würmser cherche alors à le rallier et la bataille se déroule au sud du lac de Garde à Castiglione, le 5 août 1796 : 25 000 Autrichiens affrontent 30 000 Français. Trois corps de bataille sont disposés face à Würmser, aux ordres de Masséna, Augereau et Kilmaine (cavalerie). Sérurier, malade et remplacé par Fiorella, arrive en renfort sur les arrières autrichiens. L’idée de Bonaparte est de provoquer l’attaque sur son aile gauche prétendument affaiblie : les Autrichiens, confiants dans leur gauche appuyée sur la redoute de Medolano, dégarniront alors leur ligne pour emporter la décision à droite, et Sérurier donnera l’assaut sur leur gauche. Tout se déroulera comme prévu, Masséna subissant les premiers coups. Lorsque Würmser est bien engagé, le commandant Marmont bombarde Medolano, la gauche autrichienne est attaquée par les troupes de Verdier et de Joubert, et les soldats de Sérurier surgissent sur ses arrières. Pour se dégager, Würmser tentera de résister, mais Masséna partira à l’assaut, et seule la retraite sauvera les Autrichiens d’un désastre. 5 000 d’entre eux resteront sur le champ de bataille.

  Analyse de l'image

La bataille fait rage au fond de la composition, tandis qu’au centre Bonaparte entouré de son état-major et de soldats (dont des cuirassiers à l’uniforme très napoléonien !) donne l’ordre aux canonniers d’aller bombarder Medolano. C’est donc le moment clef de la victoire qui est représenté, lorsque Würmser a dégarni son aile gauche et que Marmont met en place son artillerie. À gauche se profilent à l’horizon les premiers contreforts des Alpes. La grande diagonale du tableau suggère l’élan donné aux troupes, mais en réalité on ne voit de la bataille que quelques régiments montant au feu. Cette façon de montrer les combats en les réduisant aux groupes de généraux est traditionnelle. C’était déjà le cas de la plupart des peintures réalisées sous Louis XIV, formule reprise sous l’Empire, mais la manière d’Adam, artiste célèbre aussi pour ses lithographies, est parfaitement reconnaissable avec cet espace très aéré dans lequel se détachent de petites figures d’un style très vif, semblable à celui de ses gravures. Élève de Regnault et de Meynier, Adam hérita du goût des sujets napoléoniens et d’une technique moelleuse assez unique en son genre.

  Interprétation

À l’inverse de bien des tableaux de batailles, Adam n’a pas cherché à représenter les portraits des protagonistes, excepté celui de Bonaparte, et son œuvre se rapproche sensiblement des tableaux topographiques de Lejeune, constitués de deux parties distinctes, premier plan avec les généraux, second plan montrant le combat. Il s’éloigne ainsi des compositions de son contemporain Vernet, héritier de la conception militaire napoléonienne illustrée par Gros ou Gérard, où la bataille, invisible, se résume surtout à la peinture de portraits. Il y a là deux types de représentations qui suivent ainsi leur propre évolution au cours du XIXe siècle.

Auteur : Jérémie BENOÎT


Bibliographie

  • Claire CONSTANS, Catalogue des peintures de Versailles, Paris, RMN, 1995.

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