© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet
Titre : Séance d'ouverture des Etats généraux, 5 mai 1789.
Auteur : Jean-Michel MOREAU (1741-1814)
Date de création : 1789
Date représentée : 5 mai 1789
Dimensions : Hauteur 29.6 cm - Largeur 41.2 cm
Technique et autres indications : plume et lavis d'encre de Chine sur papier
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 83EE592/RF 8014 ; Des.689
La cérémonie d’ouverture des états généraux eut lieu le 5 mai 1789 dans une vaste salle aménagée dans l’hôtel des Menus-Plaisirs, avenue de Paris à Versailles. Mille cent dix-huit députés représentaient les trois ordres : clergé, noblesse et tiers état. La mise en place des députés marquait la volonté de ne pas changer l’ordre ancien. Le roi prit d’abord la parole pour mettre en garde contre tout esprit d’innovation, puis Necker tint un long discours de trois heures, lu par son assistant, sur l’état des finances. Le roi leva la séance aussitôt après. La question du vote par ordre ou par tête, fondamentale pour la tenue de cette assemblée (la noblesse et le clergé étant majoritaires), ne fut pas tranchée.
Dessinateur et graveur, chroniqueur pittoresque des fastes et des mœurs de la fin de l’Ancien Régime, Moreau le Jeune représente ici, dans un document saisissant de vérité, la pompe royale parvenue au comble du raffinement. L’immensité de la salle, la complexité des décorations, la richesse du dais sous lequel trône Louis XVI, tout concourt à faire sentir la grandeur de la monarchie. La masse des députés du tiers répond à la masse des spectateurs parmi lesquels est présente la presque totalité de la cour.
Il faut être sensible dans cette composition de Moreau le Jeune à l’esprit d’un artiste que Louis XVI, en 1790, nommera dessinateur des Menus-Plaisirs : on y sent planer la même douceur et la même admiration de la vie de cour que dans l’Illumination du parc de Versailles à l’occasion du mariage du Dauphin, dans l’Assemblée des notables présidée par Louis XVI en 1787 ou encore dans la Fête donnée à Louveciennes le 2 septembre 1777. Bien que Moreau, ami de David, fût acquis aux idées des Lumières, on est loin ici du pressentiment politique d’un comte d’Osmond, père de la fameuse comtesse de Boigne, qui fut l’un des rares gentilhommes de la cour à ne pas assister à la cérémonie d’ouverture des états généraux. « C’est que je n’aime pas les enterrements, Madame, et pas plus celui de la monarchie que les autres », expliqua-t-il à Madame Adélaïde, fille de Louis XV, qui, vantant « le beau coup d’œil de la salle », s’étonnait de son absence.
Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS