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Almanach national pour 1791, de PH. L. Debucourt

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Almanach national pour 1791.

© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

Agrandissement - Zoom

Titre : Almanach national pour 1791.

Auteur : Philibert Louis DEBUCOURT (1757-1832)
Date de création : 1790
Date représentée : 1790
Dimensions : Hauteur 46.6 cm - Largeur 38.2 cm
Technique et autres indications : Aquatinte en couleur.
Dessiné et gravé par P. L. de Bucourt, de l’Académie royale de peinture. Dédié aux Amis de la Constitution. Vendu chez l'auteur. Emplacement réservé pour mettre le calendrier de 1791. Explication au bas de l'image.
Lieu de Conservation : Centre historique des Archives nationales (Paris) ; site web
Contact copyright : CARAN - service de reprographie, 60 rue des Francs-Bourgeois, 75141 Paris cedex 03 ; site web
Référence de l'image : AE/II/3706

Animation

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  Contexte historique

L’Assemblée constituante à l’œuvre

Fin 1790, l’Assemblée constituante a déjà réussi à mettre en application une grande part des réformes fondamentales décidées depuis 1789. Bientôt la Constitution en projet doit sceller tous les acquis de la société nouvelle. L’attachement à la personne du roi reste général. Cependant Louis XVI ne prend pas d’initiative et laisse les hommes de la Constituante élaborer le nouveau régime.

Dès son origine, la Société des amis de la Constitution, futur Club des jacobins, contribue étroitement aux travaux de la Constituante. En 1790, ses membres s’organisent à Paris dans un triple but : discuter d’avance les questions à décider à l’Assemblée nationale, œuvrer à la Constitution, correspondre avec les sociétés de province.

Les Parisiens d’alors, désireux de connaître les événements et les idées nouvelles, se précipitent sur la presse, qui connaît un développement extraordinaire. Également amateurs de gravures et de caricatures, ils se montrent friands d’un dessin juste, d’une composition habile, surtout si l’illustration est porteuse de subtilité et de comique. Au début de la Révolution, le commerce des images trouve dans les thèmes politiques la meilleure de ses sources d’inspiration.

  Analyse de l'image

Un bilan radieux...

Philibert Louis Debucourt, peintre qui préfère la gravure, illustre les transformations politiques et sociales en cours pour lesquelles se passionnent les acheteurs. Cette création d’un graveur indépendant qui vend son estampe sans intermédiaire est assez représentative du développement du marché des images au début de la Révolution.

Chacun affiche chez soi, en début d’année, un almanach mural orné d’une grande illustration et pourvu d’un emplacement réservé au calendrier. Signe des temps, celui-ci célèbre non la royauté, comme les almanachs le faisaient depuis deux siècles, mais l’Assemblée constituante, et situe avec optimisme 1791 à l’aube des idées nouvelles. Il est dédié aux « amis de la Constitution », qui préparent les travaux de l’Assemblée par des discussions qu’accueille la grande salle de l’ancien couvent des jacobins de la rue Saint-Honoré à Paris.

Virtuose de l’aquatinte[1], Debucourt a donné le velouté d’un lavis au monument imaginaire où il a figuré l’Assemblée en Minerve rédigeant la Constitution, objet de tous les vœux. L’Assemblée impose une image de sagesse, d’autorité, de compétence, à laquelle est associé le roi qui donne dans ses discours des gages d’approbation de ces réformes bénéfiques. L’ancienne confiance envers le roi-père se trouve régénérée par la foi en l’administration de l’Assemblée.

Debucourt déploie autour de Minerve une foule de symboles qu’il explique dans le texte écrit situé au bas de sa composition[2] : le bonnet de la Liberté ou les faisceaux, « symboles de la force et de l’union », se réfèrent à l’Antiquité ; le cube, signe de stabilité et d’égalité, où figure la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, est d’esprit maçonnique ; l’égalité, garantie par la Déclaration de 1789, le flambeau de la raison, lequel met le feu à un « monceau de divers privilèges », la sphère terrestre, allégorie de l’universalité, sont hérités des Lumières comme le Contrat social porteur de la philosophie de Rousseau. Grâce à cet ensemble de références, cette aquatinte entre en résonance avec le langage symbolique de la société d’alors, et chacun peut ainsi y lire à la fois son vécu révolutionnaire et l’histoire du pays.

Tout fait signe dans cette aquatinte soignée où la finesse du trait le dispute à la référence subtile. À gauche de Minerve, l’Ancien Régime est un monde mort, réduit en cendres après la destruction de la Bastille le 14 juillet 1789, l’abandon le 4 août des droits féodaux qui étaient inscrits sur les chartes scellées et la suppression des pensions exorbitantes versées par le roi à son entourage, dont la liste secrète, Le Livre rouge publié par l’Assemblée, a suscité l’indignation générale. Noirs diablotins, les privilèges aveugles fuient ! La destruction des symboles des anciens abus que l’on rejette permet de légaliser de fait certains épisodes de violence.

À l’opposé, les quatre-vingt-trois départements, enfants de la Constituante, prononcent le serment civique à la patrie : la nouvelle organisation du royaume se met en place. Le serment, acte solennel quasi religieux et exigible de tous les « élus » des nouvelles administrations, doit structurer la nouvelle société. Enfants, génies et diablotins dissimulent, sous leur allure d’angelots baroques, les tensions et les contradictions sociales sous-jacentes ou magnifient les avancées nouvelles.

Des guirlandes aux noms de brillants orateurs et publicistes jacobins de la Constituante encadrent la scène. On n’y trouve ni les modérés La Fayette et Bailly, populaires alors auprès de ceux qui voudraient terminer la Révolution, ni le pamphlétaire radical Camille Desmoulins.

Au pied du monument, des scènes d’une finesse d’aquarelle décrivent avec allégresse la vie des citoyens, hommes nouveaux régénérés par l’action de la Constituante. Les étoffes rayées à la mode ressortent parmi leurs vêtements. Les hommes du tiers état, qui sont désormais membres de la garde nationale, arborent avec plaisir l’uniforme, à l’instar de la noblesse sous l’Ancien Régime. À droite fraternisent un Français et un Anglais, tandis qu’un Turc et un Indien symbolisent l’espoir de changement universel soulevé par la Révolution. L’utopie de la cité idéale perce ici, fondée sur un ordre de raison et de nature, et nourrie de la philosophie des Lumières.

Deux enfants, « élevés dans l’esprit de la révolution » selon Debucourt, montrent la date du 14 juillet, à l’emplacement prévu pour le calendrier, à deux aristocrates qui se détournent, mécontents. Perpétuant l’art de la pointe cher au XVIIIe siècle, l’artiste associe les valeurs les plus sérieuses et la dérision la plus incisive. Il peint des droits universels et caricature en même temps ces nobles démodés, raillant cruellement la coiffure alambiquée de cette vieille aristocrate, face au naturel de la jeune femme aux cheveux retenus par un bandeau.

Une jeune marchande vend des cocardes, apparues le 14 juillet 1789, comme symbole de l’idée de nation, et des « papiers-nouvelles » : l’explosion de la presse constitue l’une des grandes nouveautés de la période.

  Interprétation

... et plein d’espoir

Ce bilan des acquis des dix-huit premiers mois de la Révolution soulève tous les espoirs. La rupture avec l’Ancien Régime apparaît bienfaisante et irréversible, l’espoir régénérateur né des transformations opérées, l’égalité, constituent les idéaux de l’artiste et ceux de ses amis jacobins, partisans à cette date d’une monarchie constitutionnelle libérale. Ils sont « citoyens actifs », électeurs en raison de leurs revenus, étant issus pour la plupart d’une bourgeoisie éprise de liberté civile et économique. Debucourt rend intelligible l’utopie qui anime cette période par l’intégration des symboles et des tableaux de la vie sociale.

Derrière le consensus apparent de cette image se cachent beaucoup d’ambiguïtés que les clubs et la presse vont contribuer à radicaliser. L’artiste réalisera d’autres almanachs muraux, mais abandonnera cette peinture enjouée de la vie quotidienne pour des allégories purement révolutionnaires.

Auteur : Luce-Marie ALBIGÈS


Notes

L'aquatinte est un procédé de gravure en creux nécessitant la gravure de plusieurs planches portant une seule couleur, que l'on imprime successivement sur l'estampe. Une série d'opérations appelée " repérage " assure la parfaite superposition des formes de différentes couleurs pendant l'impression.

Explication :

Sur un socle construit des débris de la bastille, l'Assemblée Nationale représentée sous la figure de Minerve assise dans la Chaise Curule portée par des faisceaux, symboles de la force et de l'union, trace les Lois constitutionnelles sur les tables soutenues par un cube, emblème de l'égalité, où sont gravés les Droits de l'homme et du citoyen. Près d'elle, le Génie de la liberté, armé du flambeau de la raison, porte la flamme dans un monceau formé de divers privilèges, titres, distinctions et autres abus de l'ancien régime. Les aveugles préjugés, frappés d'épouvante, s'enfuient du séjour de la sagesse et des loix (sic), tandis que du côté opposé, une foule d'enfans, symboles des 83 Départemens, écrivent avec transport les décrets émanés du Sénat Français et prononcent le serment de les défendre jusqu'à leur dernier soupir. Au bas du monument un Français et un Anglais, réunis par leur commun amour pour la patrie, invitent à une fraternelle confédération une foule d'habitans des diverses contrées parmi lesquels on distingue un Turc et un Indien qui restent en extase aux saints mots de Liberté et de Constitution. Sur les marches, des enfans élevés dans l'esprit de la révolution, montrent avec joie le 14 juillet à deux personnages A… qui s'éloignent avec humeur. Sur le devant, une jeune femme, marchande de cocardes et de papiers-nouvelles, annonce gaîment les Décrets de l'Assemblée nationale. Dans l'ombre on apperçoit (sic) des brochures antipatriotiques déchirées. Almanach national [mural] de Philippe Louis Debucourt, dédié aux Amis de la Constitution Dessiné et gravé par P. L. de Bucourt, de l'Académie royale de peinture

Le Livre rouge, registre secret des largesses du roi a été dénoncé par Camus à l'Assemblée en novembre 1789, il est publié à partir du 1er avril 1790 en dix numéros du Moniteur et reproduit par la presse patriote. Deux cent vingt huit millions ont été distribués par Louis XVI depuis son avènement jusqu'au 16 août 1789.


Bibliographie

  • Antoine DE BAECQUE, La Caricature révolutionnaire, Paris, Presses du CNRS, 1988.
  • Maxime PREAUD, Les Effets du soleil, almanachs du règne de Louis XIV, Paris, RMN, 1995.
  • Albert SOBOUL, Dictionnaire historique de la Révolution, Paris, PUF, 1989.

Commentaires

Un habitant de la Véze dans le Doubs Jean Claude Boussin qui était portier aux tuileries,un des 634 vainqueurs de la Bastille,
faisait partie de la garde nationale.
Il est enterré à la Véze.
Un Vézier
Par Un Vézier le 02/07/14 à 17h25 - #2484

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