Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Contexte hist impressionnisme (15 oeuvres)

Napoléon III.
Napoléon III.

L'Affaire Dreyfus (2 oeuvres)

Dreyfus est innocent. Les défenseurs du droit, de la justice et de la vérité.
Dreyfus est innocent. Les défenseurs du droit, de la justice et de la vérité.

Découvrez aussi

Armand Barbès prisonnier au Mont-Saint-Michel (1839-1843)

Lettre autographe signée d'Armand Barbès à Emmanuel Arago, avocat, depuis la prison du Mont-saint-Michel.
Lettre autographe signée d'Armand Barbès à Emmanuel Arago, avocat, depuis la prison du Mont-saint-Michel.

Les pavillons éphémères de l'Exposition coloniale

Le temple d'Angkor et le bassin de la Guadeloupe.
Le temple d'Angkor et le bassin de la Guadeloupe.

Le Paris-Méditerranée

Affiche publicitaire pour le Méditerranée express.
Affiche publicitaire pour le Méditerranée express.

L'ère des barricades, 1827-1851

Combat dans la rue Saint-Antoine, 28 juillet 1830.
Combat dans la rue Saint-Antoine, 28 juillet 1830.

De l'inflation à la Terreur monétaire

Les habitants des campagnes vendoient très cher leurs denrées pour des assignats...
Les habitants des campagnes vendoient très cher leurs denrées pour des assignats...

Gastronomie et cuisines régionales

Recette pour faire le pot-au-feu exquis !
Recette pour faire le pot-au-feu exquis !

La « propagande par le fait » s'attaque au sommet de l'Etat

Complainte de Caserio, le forfait et l'expiation.
Complainte de Caserio, le forfait et l'expiation.

La loi de séparation du 9 décembre 1905 et sa mise en œuvre

Loi de séparation du 9 décembre 1905.
Loi de séparation du 9 décembre 1905.

A la lanterne !

Discours de la Lanterne aux Parisiens.
Discours de la Lanterne aux Parisiens.

Le visage de la peur

Peter Lorre dans le film
Peter Lorre dans le film "M le maudit".

La mobilisation des dreyfusards

commentaires 0 commentaire commentaires
Dreyfus est innocent. Les défenseurs du droit, de la justice et de la vérité.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / Musée d'histoire contemporaine

Agrandissement - Zoom

Titre : Dreyfus est innocent. Les défenseurs du droit, de la justice et de la vérité.

Date de création : 1898
Date représentée : 1898
Technique et autres indications : Imprimerie E. Charaire, Sceaux.
Lieu de Conservation : Musée d'histoire contemporaine / BDIC (Paris) ; site web
Contact copyright : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, 6 Allée de l'Université, 92001 Nanterre Cedex, Tél.:33-(0)1.40.97.79.00 / Fax : 33-(0)1.40.97.79.40 ; site web

  Contexte historique

Les rebondissements de l’Affaire

L’arrestation et la condamnation d’un officier juif français, Alfred Dreyfus, en décembre 1894, suite à la découverte d’un bordereau anonyme renfermant des informations secrètes destinées à l’Allemagne, parurent clore cette banale histoire d’espionnage. Cependant, celle-ci devait connaître de nouveaux rebondissements lorsque le lieutenant-colonel Picquart établit l’identité du véritable traître, le commandant Esterházy, en mars 1896 et que ce dernier fut acquitté par le conseil de guerre le 11 janvier 1898, au terme d’un procès inique. Cette décision scandaleuse ne fit qu’attiser les passions antagonistes qu’avait déclenchées l’Affaire et incita les partisans de la révision du procès de Dreyfus à se mobiliser pour émouvoir l’opinion publique en sa faveur.

  Analyse de l'image

La mobilisation des dreyfusards

La publication du manifeste de Zola, « J’accuse… !  », dans L’Aurore le 13 janvier 1898, véritable bombe à retardement dirigée contre l’armée et le gouvernement qui avaient participé à la condamnation d’un innocent, servit de prélude au rassemblement des dreyfusards, désireux d’accroître leur audience au sein de l’opinion, comme en témoigne cette affiche, publiée en 1898 dans le supplément gratuit au journal Le Siècle, favorable à la révision. Sous le titre « Dreyfus est innocent », elle présente les photographies des « défenseurs du droit, de la justice et de la vérité », qu’encadrent les inscriptions « Vive la France ! », « Vive la République !  », « Vive l’Armée ! » et « À bas les traîtres ! ». Des individus de faible notoriété côtoient ici de grandes figures intellectuelles et politiques de l’époque : appartenant à la première catégorie, Bernard Lazare, écrivain juif, et Scheurer-Kestner, vice-président du Sénat et alsacien comme Dreyfus, furent parmi les premiers à donner un retentissement national à l’Affaire ; dans la seconde catégorie, citons la présence de Georges Clemenceau, célèbre polémiste, fondateur du journal L’Aurore, celle d’Émile Zola, dont l’engagement public en faveur de Dreyfus entraîna la condamnation et l’exil, celle de Jean Jaurès, penseur socialiste qui s’impliqua de façon active dans l’Affaire à partir de 1897-1898, et celle de Joseph Reinach, serviteur juif de l’État et républicain convaincu qui concentra sur sa personne toutes les haines antisémites de l’époque. Au centre de cette galerie de portraits trône la photographie en buste du lieutenant-colonel Picquart, revêtu de l’uniforme militaire, que sa conviction de l’innocence de Dreyfus incita à se dresser contre l’état-major désireux d’étouffer l’affaire.

  Interprétation

Les deux France

La présence de slogans tels que « Vive la France ! » sur cette affiche et l’existence d’une autre affiche similaire, que seuls l’intitulé « Dreyfus est un traître » et les portraits d’antidreyfusards notoires – le ministre de la Guerre Cavaignac et trois généraux – distinguent de la précédente, mettent en lumière deux phénomènes : d’une part, le rôle important joué par la presse dans le débat entre dreyfusards et antidreyfusards, qui utilisaient les journaux comme tribunes pour diffuser leurs opinions ; d’autre part, la volonté des deux camps de s’organiser et la conviction de chacun d’eux d’incarner à lui tout seul la France, conviction d’autant plus profondément ancrée que les clivages entre les partis politiques ne permettaient pas réellement d’établir une ligne de démarcation entre dreyfusards et antidreyfusards. Tandis que les premiers combattaient au nom des idéaux universels de vérité et de justice, les seconds, animés par un nationalisme et un antisémitisme virulents, s’appuyaient sur deux puissantes institutions, l’Armée et l’Église, pour défendre les valeurs d’ordre et d’autorité.

Auteur : Charlotte DENOËL


Bibliographie

  • Pierre ALBERT, Histoire de la presse, Paris, P.U.F., coll. « Que sais-je ? », 1993 (7e éd.).
  • Pierre BIRNBAUM, Les fous de la République. Histoire politique des Juifs d’État de Gambetta à Vichy, Paris, Le Seuil, 1992.
  • Jean-Denis BREDIN, L’Affaire, Paris, Fayard-Julliard, 1993 (nouv. éd.).
  • Madeleine REBÉRIOUX, La République radicale. 1898-1914, Paris, Le Seuil, 1975.
  • Michel WINOCK, Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Paris, Le Seuil, 1990.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page