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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Le convoi funèbre de Napoléon

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Convoi funèbre de Napoléon.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

Agrandissement - Zoom

Titre : Convoi funèbre de Napoléon.

Transcription

Auteur : ANONYME
Date de création : 1835
Date représentée : 9 mai 1821
Dimensions : Hauteur 40.5 cm - Largeur 62.5 cm
Technique et autres indications : bois de fil (colorié au pochoir) sur papier vergé
Epinal – Imagerie Pellerin (éditeur, imprimeur)
Dépôt légal : 24 mars 1835.
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 03CE797/53.12.28 D

  Contexte historique

Captif sur l’île de Sainte-Hélène, Napoléon Ier décède le 5 mai 1821. Après moulage de son visage, autopsie et exposition de sa dépouille, le défunt est mis en bière le 8. Les obsèques sont célébrées le lendemain matin en présence des autorités de l’île et de civils. Il est inhumé à Longwood sous des roulements de tambour et des salves d’artillerie. La dépouille de Napoléon restera là jusqu’au 15 octobre 1840, date à laquelle elle sera transférée en France, aux Invalides.

  Analyse de l'image

Dans le deuxième codicille de son testament, Napoléon commence par : « Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé »( Extrait de la relation du Docteur Antomarchi. Dayot A., p. 443). Son souhait ne sera exaucé qu’au moment du retour des cendres en 1840, car le gouverneur anglais sir Hudson avait reçu l’ordre de garder la dépouille de Napoléon sur l’île. Ainsi, ne pouvant rapatrier le corps, les Français le firent enterrer dans une vallée où l’empereur aimait se promener, près d’une source dont les eaux le soulageaient. Elle portera dès lors le nom de « vallée du Tombeau ».

Cette image la représente comme un lieu aride, escarpé, presque menaçant. Les ombres portées provenant des pauvres rayons d’un soleil mourant ajoutent à la dramaturgie de la scène. L’image est volontairement dépouillée, l’auteur ayant renoncé à représenter l’ensemble du cortège, plus imposant en réalité (Antomarchi parle de foule. Op cit, p. 447), pour mettre l’accent sur la fin pathétique d’un homme qui fut et reste, au moment de l’exécution de cette planche, l’un des chefs d’Etat les plus adulés.
Tous les regards se tournent vers le caveau. Cette fosse béante est en réalité le personnage principal de la scène et non le cercueil qui arrive, porté par les grenadiers. Il symbolise à lui seul la destinée humaine, l’abandon, la chute. L’œil du spectateur est amené à s’y porter, à s’y attarder pour méditer sur l’œuvre de la mort. Véritable punctum de cette image, il n’est pas sans rappeler L’Enterrement à Ornans. Dans ce tableau qu’il peindra une dizaine d’années après la création de cette image, Courbet n’hésitera pas à placer le spectateur au niveau de la fosse mortuaire, avec l’ensemble des figures face à lui. Dans la toile se retrouvent le dépouillement de la scène, la simplicité de la composition et les tonalités sourdes de l’image d’Epinal, mais avec les dimensions propres à la grande peinture d’Histoire.

  Interprétation

Cette gravure, atypique dans la production spinalienne, révèle une grande maîtrise de la composition au service du message qu’elle énonce. Attestant de l’ampleur du choc qu’occasionna la mort de l’Empereur, elle témoigne aussi du renouveau que connut le culte de Napoléon dans les années 1830.
Issue d’une série de planches illustrant la vie de Napoléon Ier, celle-ci diffère des récits des grandes batailles. Epurée, dotée d’une dramaturgie jouant subtilement sur les ombres et les plages colorées, elle fait partie de ces images qui, beaucoup diffusées, ont suscité une réflexion qui va au-delà de leur sujet. En cela, elle ouvre la voie à une conception de la représentation que Courbet fera entrer dans le monde artistique sous le terme de réalisme.

Auteur : Nathalie JANES


Transcription - Convoi funèbre de Napoléon.

" Après avoir étonné le monde pendant 20 ans, Celui que les 17 armées réunies n'avaient pu vaincre, cédant enfin aux éléments conjurés, trahi par la défection de ses alliés, par la déloyauté de plusieurs de ceux qu'il avait comblés de biens et de dignités, / NAPOLEON avait cessé de vivre à Sainte-Hélène, et les Souverains de l'Europe de trembler…… - Les nobles compagnons de son infortune ne voulurent point se séparer de lui sans lui avoir rendu les plus grands honneurs, en attendant ceux que sa patrie doit / lui décerner un jour. - A la sortie de Longwood, le corps de Napoléon fut reçut par 3,000 hommes de troupes de toutes les armes ; elles le suivirent jusqu'à l'endroit où il devait être déposé. Alors il fut enlevé par des grenadiers des différents corps, et porté / auprès du tombeau, où un prêtre lui donna la bénédiction. - Le cortège était composé des généraux Bertrand et Montholon, des docteurs Automarchi et Arnolt, de Mme Bertrand et de ses enfants, des domestiques de l'Empereur, et des Commissaires / des puissances alliées. Il descendit par une route pratiquée exprès, vers la vallée que Napoléon avait désignée lui-même pour recevoir sa sépulture. C'est au fond de cette vallée qu'il allait souvent se promener, et se désaltérer d'une eau excellente ; c'est non loin de cette fontaine ombragée de plusieurs saules, dans un vaste caveau en pierres, que son cercueil fut placé. Napoléon y est renfermé, revêtu de son uniforme, de ses étoiles, de ses ordres, etc. Ce cercueil de plomb est lui-même renfermé dans deux autres cer- / cueils, un de chêne et un d'acajou. Les bords de ce dernier sont garnis d'ébène, et des vis d'argent en fixent le couvercle. Son cœur y est placé dans une coupe d'argent remplie d'esprit. - - Une grande pierre recouvre la chambre du caveau, et l'espace intermédiaire est / rempli de maçonnerie renforcée de fer, pour empêcher l'enlèvement de ce corps précieux. C'est là que repose le Vainqueur des Rois, le Dominateur des Nations, l'Homme qui a rempli l'Univers de son nom et de la gloire des Français. "


Bibliographie

  • Armand DAYOT, Napoléon raconté par l’image d’après les sculpteurs, les graveurs et les peintres, Paris, Hachette, 1895.
  • Jean-Marie DUMONT, Les Maîtres graveurs populaires, 1800-1850, Epinal, Pellerin, 1965.
  • Nicole GARNIER, L’Imagerie populaire française, tome II « Images d’Epinal gravées sur bois », Paris, RMN, 1996.
  • Bernard HUIN, L’Imagerie populaire française au musée d’Epinal, Epinal, Musée départemental des Vosges, 1988.
  • Jean LUCAS-DUBRETON, Le Culte de Napoléon. 1815-1848, Paris, Albin Michel, 1960.
  • Jean MISTLER, François BLAUDEZ et André JACQUEMIN, Epinal et l’imagerie populaire, Paris, Hachette, 1961.
  • Jean TULARD (dir.), Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1989.
  • Jean TULARD, Le Mythe de Napoléon, Paris, Armand Colin, 1971.
  • Bernard MENAGER, Les Napoléons du peuple, Paris, Aubier, 1988.

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