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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Le couronnement de Joséphine

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Le couronnement de Joséphine.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

Agrandissement - Zoom

Titre : Le couronnement de Joséphine.

Auteur : ANONYME
Date représentée : 2 décembre 1804
Dimensions : Hauteur 32.4 cm - Largeur 21.8 cm
Technique et autres indications : NAPOLEON Ier. Empereur des Français. / Couronne son Auguste Epouse le 11 Frimaire de l’An 13, dans l’Eglise Métropolitaine de Notre / Dame de Paris, où elle a été sacrée par sa Sainteté Pie VII
A Paris chez Basset Md. d’Estampes et fabricant de papiers peint rue St. Jacques au coin de celle de Mathurins. N° 670.

Taille-douce (coloriée) sur papier vergé
Paris - Basset (imprimeur, éditeur)
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 02CE16485 / 43.16.61 C

  Contexte historique

Le 2 décembre 1804, Marie-Joseph-Rose de Tascher de La Pagerie, appelée Joséphine par son époux Napoleon Ier[1], est couronnée de sa main impératrice de France en présence du pape Pie VII, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Sa popularité, malgré sa folie dépensière (ce que l'on ne pardonna pas à Marie-Antoinette), tient à l'obstination de Napoléon. Elle conservera d'ailleurs le titre " d'Impératrice-Reine couronnée " jusqu'à sa mort, le 29 mai 1814, en dépit de son divorce[2]. Appréciée des Français elle vécut longtemps loin du protocole de la Cour à Malmaison, où repose sa dépouille. Grande amatrice d'art, elle lança la mode Troubadour en pleine période néo-classique.

  Analyse de l'image

Napoléon Ier ne négligea jamais durant son règne la popularité qu'exige la charge de chef d'Etat. Aussi, l'événement de son sacre est réduit ici à ses acteurs principaux : l'empereur et son épouse. Il était important de représenter le couple impérial dans une gestuelle rituelle tout en lui donnant une dimension mariale. Le couronnement de Joséphine par son époux n'est pas sans rappeler l'iconographie sacrée du Couronnement de la Vierge. Ainsi, l'impact de l'événement est plus fort car il fait appel à la mémoire visuelle collective. Il devient alors difficile de contester un pouvoir paré d'une aura quasi-divine. L'attention est également mise sur le couple, noyau de la famille, évocateur d'une descendance future, d'une dynastie. L'histoire en décida autrement, Joséphine n'eut pas d'enfant de Bonaparte, mais l'évocation de la famille validait le couple aux yeux de la population, encline à vouloir ses dirigeants à son image, la fondation d'une société étant la famille.

Comme dans le tableau officiel de Jacques-Louis David, le choix de la représentation du couronnement est en faveur de l'impératrice. Napoléon s'étant couronné lui-même, il évita de se faire représenter dans cette attitude, craignant la non-légitimité. En effet, les rois chrétiens étaient couronnés par le représentant de dieu sur terre et pouvaient ensuite faire régner la loi divine sur les autres hommes. Après la radiation de cet ordre social lors de la Révolution française, il fallait trouver un moyen de rendre l'Empire légitime sans renouer avec la tradition monarchique. Aussi, Bonaparte tint à la présence du pape durant la cérémonie, après avoir ratifié le Concordat trois ans auparavant, mais tint aussi à affirmer sa domination sur les Etats pontificaux en se couronnant lui-même. Craignant des représailles pour usurpation au trône, il prit garde à ménager la population qui, il le savait, était prompte à la révolte, les événements de la Révolution Française étant encore récents.

  Interprétation

Napoléon Bonaparte, peut-être davantage que ses prédécesseurs, a veillé à maîtriser la production de sa propre image. Ainsi, la diffusion de la cérémonie du sacre fut dirigée habilement par Napoléon comme il avait orchestré l'événement.
Les éditeurs parisiens étaient ménagés par le pouvoir comme ce fut le cas de Basset, auteur de cette image, qui appartenait à l'une des dynasties d'imagiers les plus importantes de la rue Saint-Jacques. Par leur situation dans la capitale et leur charges parfois royales, les imprimeurs étaient proche du gouvernement et pouvaient diffuser les informations très rapidement. Les images produites à Paris dans la rue Saint-Jacques se différenciaient ainsi de celles de province. Quartier des imagiers depuis le Moyen Age, les ateliers de la rue Saint-Jacques se sont développés et leur production s'est imprégnée, par leur proximité, des œuvres issues des ateliers du Louvre.

Auteur : Nathalie JANES


Notes

Le mariage fut célébré le 9 mars 1796, elle était alors veuve avec deux enfants à charge et était déjà âgée de 33 ans. Pour atténuer leur différence d'âge, elle se rajeunit de quatre ans tandis qu'il se vieillit de 18 mois.

Le 15 décembre 1809, elle avait alors 46 ans et Napoléon savait qu'elle ne lui donnerait pas l'héritier qu'il attendait.


Bibliographie

  • José CABANIS, Le Sacre de Napoléon, 1970.
  • Catalogue d’exposition, Triomphe et Mort du Héros. La peinture d’histoire en Europe de Rubens à Manet, Wallraf-Richartz Museum, Musée des Beaux-Arts, Lyon, 19 mai - 17 juillet 1988, Lyon, Electra / Musée des Beaux-Arts, 1988.
  • Pierre-Louis DUCHARTRE, René SAULNIER, L’Imagerie Parisienne (L’imagerie de la rue Saint-Jacques), Paris, Librairie Gründ, 1944.
  • Henri GAUBERT, Le Sacre de Napoléon, 1964.
  • Guy GODLEWSKI, « L’impératrice Joséphine », Souvenir Napoléonien, Paris, juillet 1984, n° 336.
  • Frédéric MASSON, Le sacre et le Couronnement de Napoléon, 1925.
  • Hervé PINOTEAU, « Problem napoleonischer Symbolik », Der Tappert, 1970, 1972, 1974.
  • Jean TULARD (dir.), Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1989.
  • Annie JOURDAN, Napoléon, héros, imperator, mécène, Paris, Aubier, 1988.

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