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Le Tisserand.

© Musée d’Art et d’Archéologie - Studio Mandin

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Titre : Le Tisserand.

Auteur : Paul SERUSIER (1864-1927)
Date de création : 1888
Date représentée : 1888
Dimensions : Hauteur 72 cm - Largeur 58 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d’Art et d’Archéologie (Senlis) ; site web
Contact copyright : Conservation des musés - Musée d'Art et d'Archélogie - Place Notre-Dame - 603000 Senlis / Studio Mandin - 61 rue Danrémont - 75018 Paris

  Contexte historique

Accepté au Salon du printemps 1888, Le Tisserand valut à son auteur, le peintre et théoricien[1] Paul Sérusier, une mention lors de l’attribution des prix. Cette distinction l’encouragea à repartir pour la Bretagne, découverte l’année précédente, où il rencontra Paul Gauguin[2] qui exerça sur son œuvre ultérieure une influence déterminante.

  Analyse de l'image

Scène de genre, cette toile présente un paysan breton qui fabrique à domicile, sur un métier manuel rudimentaire, des étoffes ordinaires, de coton ou de laine. Les arbres, que l’on devine par delà les étroits carreaux de la fenêtre, prouvent que l’homme possède un lopin de terre et se livre aussi à des activités agricoles. Pourtant, chaque élément du tableau rappelle que le tissage envahit tout. Le pain rond posé sur la chaise paillée, le vêtement jeté sur le dossier du siège et l’espadrille qui traîne sur le sol indiquent que cet « ouvrier mixte » travaille dans l’espace où il vit, mange et dort.
Le personnage est sans doute un modèle que Sérusier a fait poser dans un intérieur soigneusement reconstitué en atelier. On retrouve en effet un décor analogue – mêmes accessoires, mêmes poutres apparentes, mêmes coloris sombres et même lumière diffuse – dans L’Intérieur breton, réalisé la même année.

  Interprétation

Dans cette scène de genre, Sérusier montre un paysan très caractéristique de la France des années 1880. Comme beaucoup d’autres, cet homme a choisi d’installer une machine dans sa ferme afin de consacrer une partie de son temps à la production industrielle sans rompre pour autant avec son mode de vie traditionnel. Mais ses conditions de travail sont finalement plus rudes qu’à la manufacture. Il travaille dans une pièce sombre, que la petite lampe à huile posée sur la planche supérieure ne doit guère éclairer le soir. Sa position devant le métier, assis mais le poids du corps déporté sur la gauche pour actionner la pédale, n’est pas bonne. Cette mauvaise posture est responsable, chez les tisserands, de multiples malformations, notamment de déviations de la colonne vertébrale, inlassablement dénoncées par les médecins hygiénistes tout au long du XIXe siècle. Mais le dénuement de cette pièce mal éclairée laisse également deviner que ce paysan bigouden mal équipé, donc condamné à confectionner des étoffes grossières, souffre déjà de la concurrence qui résulte de la fabrication mécanique des tissus de mode et de nouveautés. De fait, trois ans plus tard, après la grande grève de 1891, le tissage va rapidement se mécaniser et se concentrer en ville.

Auteur : Myriam TSIKOUNAS


Notes

Passionné par les recherches picturales et philosophiques, il a condensé ses théories esthétiques et ses recherches sur le nombre d'or dans son ABC de la peinture (1921).

À Pont-Aven, lieu de rencontre estival de nombreux peintres français et étrangers.


Bibliographie

  • Caroline BOYLE-TURNER, Paul Sérusier. La technique, l’œuvre peint, Paris, Édita, coll. « Biographie », 1988.
  • Caroline BOYLE-TURNER, Paul Sérusier et la Bretagne, Pont-Aven, Le Chasse-Marée-Armen, coll. « L’art en Bretagne », 1995.
  • Caroline BOYLE-TURNER, Paul Sérusier, Ann Arbor : UMI Research Press, 1983.
  • Gérard NOIRIEL, Les Ouvriers dans la société française. XIXe-XXe siècle, Paris, Le Seuil, coll. « Points », 1988.

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