© Photo RMN-Grand Palais - Popovitch
Titre : Les Grandes Eaux illuminées au bassin de Neptune en l’honneur du Roi d'Espagne, le 21 août 1864.
Auteur : Eugène LAMI (1800-1890)
Date de création : 1864
Date représentée : 21 août 1864
Dimensions : Hauteur 45 cm - Largeur 60 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Titre complet : Les Grandes Eaux illuminées au bassin de Neptune à Versailles lors de la fête organisée et offerte par Napoléon III au roi d'Espagne Don François de Bourbon, duc de Cadix , le 21 août 1864.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 74EE981 / MV 8015
Au cours du Second Empire, la France souhaite développer sa présence commerciale en Europe en exploitant notamment le chemin de fer afin de tisser un important réseau d’échanges sur le continent européen. Installé en Espagne depuis 1856, le Crédit Mobilier des frères Pereire a rapidement pris le contrôle du tissu économique du pays par l’intermédiaire de ses filiales : mines de charbon, fours à coke, compagnies de gaz et surtout chemins de fer. En plus d’être une importante source de revenus pour les entrepreneurs, la construction du réseau espagnol offre le moyen à la France de détacher le Portugal de la sphère économique de l’Angleterre. En août 1864, la première liaison ferroviaire franco-espagnole est ouverte entre Hendaye et Irun, au-dessus de la rivière Bidassoa, dans l'ouest des Pyrénées. A cette occasion Napoléon III reçoit le roi d’Espagne et donne en son honneur une fête somptueuse dans le parc du château de Versailles.
« Le 21 août 1864, l’Empereur donna une fête au roi d’Espagne Don François d’Assise. Après les grandes eaux il y eut spectacle à l’Opéra où on présenta Psyché de Molière et Corneille, un pas de Gisèle et le divertissement des Saisons des Vêpres siciliennes. Après le spectacle on se rendit dans le parc dont la décoration était fort originale. Un double cordon de feux dessinait la configuration des pièces d’eau, des gazons et des charmilles. Les arbres étaient chargés de globes transparents de couleur orange qui transformaient le parc en un vaste jardin des Hespérides. Les eaux des pièces principales jouaient teintées de toutes nuances par la lumière électrique. Des feux de résine brûlaient dans les vases sculptés et des feux de Bengale teignaient tour à tour les bosquets en pourpre ou en vert clair. Le faîte de la façade du château était illuminé en entier. / Après le feu d’artifice qui fut tiré derrière le bassin d’Apollon, un souper fut servi dans la Galerie des Glaces. » Le Moniteur Universel.
Eugène Lami, qui fut le si juste interprète des fêtes de la monarchie de Juilllet (cf. Réception de la Reine Victoria au château d’Eu), fut aussi le témoin des fêtes du Second Empire. Il semble néanmoins que son style sévère et précis cède la place à des « crèmes fouettées », pour reprendre l’expression d’Emile Zola, à propos de Dubufe. L’ambiance festive de la cour de Napoléon III eut ainsi ses interprètes qui allient la mondanité à la douceur de la représentation. Dans cette vue du bassin de Neptune, installé au milieu de la foule, Lami représente la perspective lumineuse ouverte par l’allée d’eau et le bassin du Dragon.
Auteur : Pascal TORRÈS