© Photo RMN-Grand Palais
Titre : Lucille Desmoulins, Horace, Camille Desmoulins.
Auteur : Jacques-Louis DAVID (1748-1825)
Date de création : 1792
Date représentée : 1792
Dimensions : Hauteur 100 cm - Largeur 123 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 87EE328/MV 5651
Dès avant la prise de la Bastille, Camille Desmoulins fut un orateur très écouté dans les jardins du Palais Royal. Député montagnard à la Convention, membre du club des Cordeliers et ami de Danton il vota la mort du roi et contribua à l’élimination des Girondins. En 1793-94, il publia Le Vieux Cordelier, journal dans lequel il critiquait les partisans de la Terreur. Il fut guillotiné en avril 1794 avec Danton et les Indulgents. Lucile, qu’il avait épousée en présence de Brissot et de Robespierre, fut envoyée à la guillotine huit jours plus tard. Horace, orphelin, vécut jusqu’en 1825.
Image tendre de la famille Desmoulins, le tableau représente Camille écrivant, interrompant un bref instant son travail pour regarder Lucile qui assoit sur l’épaule du journaliste son enfant Horace, trait d’union entre ses deux parents. L’intimité heureuse dans laquelle se passe cette scène semble en parfaite harmonie avec les normes de simplicité de cette famille révolutionnaire et engagée dans l’action politique. Lucile pose avec confiance sa main sur celle de Camille. Sa robe est simple et gracieuse, nouée à la taille par une écharpe rouge qui rehausse sa chevelure rousse. Le geste de l’enfant mérite aussi d’être souligné : appuyé sur l’épaule de son père, il se chatouille le pied sur la plume critique de l’auteur du Vieux Cordelier.
Ce portrait de famille du révolutionnaire Camille Desmoulins associe la revendication patriotique à celle des vertus morales du bon père de famille. Il faut voir dans cette évocation de la famille Desmoulins l’image universelle de la nouvelle famille patriote où l’engagement politique ne saurait contrevenir aux lois de la tendresse paternelle. Ainsi, les derniers mots que Camille Desmoulins écrivit à Lucile furent :« Vis pour notre enfant ; parle-lui de moi ; tu lui diras, ce qu’il ne peut pas entendre, que je l’aurais bien aimé. Malgré mon supplice, je crois qu’il y a un Dieu... Adieu Horace... Adieu Lucile, ma tête séparée repose encore sur toi mes yeux mourants ».
Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS