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La mort du Prince impérial

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La mort du Prince impérial.

© Photo RMN-Grand Palais - J. Hutin

Agrandissement - Zoom

Titre : La mort du Prince impérial.

Auteur : Paul Joseph JAMIN (1853-1903)
Date de création : 1882
Date représentée : 1 erjuin 1879
Dimensions : Hauteur 106 cm - Largeur 142 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 89-000701 EE / MV 5707

  Contexte historique

Depuis 1874, date de son accession à la majorité, le prince impérial était le prétendant légitime à la succession de Napoléon III. Bien qu’exilé, il était le leader d’un parti bonapartiste malheureusement divisé, mais qui représentait néanmoins un danger potentiel pour la République. Cependant, l’Exposition universelle de 1878, qui connut un succès comparable à celle de 1867, dévoila aux yeux de la France et du monde un Paris relevé de ses ruines, et le régime républicain en sortit grandi, aussi bien dans le pays qu’à l’étranger. Dès lors, le prince impérial acquit la certitude que la restauration de l’empire par les voies parlementaires était compromise.

Dans son exil anglais, il rongeait son frein et l’inaction lui pesait. Il voulait faire la preuve de sa valeur militaire et démontrer ainsi qu’il était le digne héritier des Bonaparte. Il rêvait de gloire. Il demanda à combattre au Tonkin, mais la République française s’y opposa. Il sollicita en vain de l’empereur d’Autriche la faveur de participer à la lutte contre les Turcs en Bosnie-Herzégovine. Finalement, la reine Victoria lui permit de prendre part à une expédition punitive contre les Zoulous qui avaient attaqué l’armée britannique en Afrique du Sud le 15 février 1879. Le 29 février, le prince impérial s’embarqua à Southampton pour Le Cap, non comme officier, mais en tant que simple témoin. Le 25 avril, lord Chelmsford l’attacha à son état-major en qualité d’aide de camp. Il put ainsi participer à quelques opérations de reconnaissance en territoire ennemi, au cours desquelles il se distingua par sa vaillance. C’est au cours de l’une de ces missions qu’il trouva la mort, le 1er juin 1879, dans une embuscade tendue par les Zoulous.

  Analyse de l'image

Le 1er juin 1879, vers quatre heures de l’après-midi, le prince impérial et son escorte anglaise furent surpris au cours d’une halte par une quarantaine de Zoulous. Deux soldats anglais furent tués et les autres prirent la fuite, tandis que le prince tentait vainement de monter sur son cheval lancé dans une course affolée. La selle qu’il conservait pour des raisons sentimentales – elle avait appartenu à son père Napoléon III – était usagée : la courroie se rompit, le cavalier tomba, et sa monture poursuivit sa folle équipée. Le prince impérial se trouva alors seul face à une horde de Zoulous menaçants.

C’est ce moment précis que le peintre a choisi d’immortaliser sur sa toile. L’on aperçoit au loin les Anglais qui s’enfuient et le cheval qui galope. Le prince impérial se défend courageusement. Il a perdu son sabre et pointe son revolver dans la direction de quatre Zoulous, dont la représentation est caractéristique de l’image de l’« indigène » diffusée en ces temps de reprise de l’expansion coloniale. Il tirera par trois fois mais finira par s’écrouler, percé de dix-sept coups de sagaie, tous reçus par devant. Le prince mort, les Zoulous dépouilleront son corps de ses vêtements, ne lui laissant que le médaillon d’or qu’il portait au cou et qui contenait le portrait de l’impératrice Eugénie.

  Interprétation

Le 11 juillet 1879, la dépouille mortelle du prince impérial fut ramenée en Angleterre. D’imposantes funérailles furent célébrées à Chislehurst, en présence de la reine Victoria et de la famille royale britannique.

Le prince repose aujourd’hui à l’abbaye de Farnborough, auprès de ses parents, l’empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie, morte à Madrid en 1920. C’est l’impératrice elle-même qui fit édifier son monument funéraire, réalisé par l’architecte Gabriel Destailleur de 1883 à 1888. Cette sépulture n’est que partiellement conforme aux dernières volontés du prince impérial, exprimées dans le testament qu’il rédigea le 26 février 1879, avant de s’embarquer pour l’Afrique du Sud : « Je désire que mon corps soit déposé auprès de celui de mon père, en attendant qu’on les transporte tous deux là où repose le fondateur de notre Maison, au milieu de ce peuple français que nous avons, comme lui, bien aimé. » Aujourd’hui encore, le transfert des cendres de la famille impériale sous la coupole des Invalides n’est toujours pas à l’ordre du jour.

La mort du prince impérial fut héroïque, mais vaine : elle sonna le glas d’une possible restauration de l’empire. Dans son testament, Louis avait désigné son cousin le prince Victor, petit-fils de Jérôme, roi de Westphalie et frère de Napoléon Ier, pour lui succéder dans le rôle de prétendant au trône impérial, mais le bonapartisme ne devait pas se relever en tant que puissance politique. Pour les républicains, le prince impérial était excessivement gênant. Sa mort providentielle élimina le péril bonapartiste. Débarrassée du comte de Chambord, débarrassée du dernier des Bonaparte, la République avait désormais les coudées franches et demeurait seule maîtresse de la France.

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • André CASTELOT, Alain DECAUX et le général KOENIG, Le Livre de la Famille impériale - L’histoire de la famille Bonaparte à travers les collections du Prince Napoléon, Paris, Librairie académique Perrin, 1969.
  • Catalogue de l’exposition Le Prince impérial, 1856-1879, Paris, Musée de la Légion d’honneur, 1979-1980.

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