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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Louis-Philippe inaugure la galerie des Batailles

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Louis-Philippe inaugure la galerie des Batailles, le 10 juin 1837.

© Photo RMN-Grand Palais - Droits réservés

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Titre : Louis-Philippe inaugure la galerie des Batailles, le 10 juin 1837.

Auteur : François Joseph HEIM (1787-1865)
Date représentée : 10 juin 1837
Dimensions : Hauteur 33.5 cm - Largeur 46.5 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 85DE878 / MV 5231

  Contexte historique

Après le mariage du prince royal, le duc d’Orléans, Louis-Philippe inaugure solennellement le musée de Versailles en 1837. Dès 1833, influencé par Guizot, il avait eu l’idée de restaurer le château et d’y installer un musée dédié à « toutes les gloires de la France ». Il en surveilla de près les travaux estimés à plus de 23 millions de francs, qui furent payés sur sa cassette, et conçut avec les conseils de Guizot la galerie des Batailles. Pour cette occasion il passa commande de trente-trois tableaux célébrant les glorieux faits militaires de l’histoire nationale depuis Tolbiac (496) jusqu’à Wagram (1809). L’architecte Fontaine fut le maître d’œuvre de la restauration du château, et Horace Vernet le peintre le plus sollicité pour la galerie.

  Analyse de l'image

La scène se tient dans la galerie des Batailles. La vue est prise depuis le fond de la galerie, du côté de la salle de 1830. On y reconnaît le couple royal, entouré de la cour. Œuvre la plus emblématique des Galeries historiques de Versailles, la galerie des Batailles, regroupant les batailles les plus célèbres de l’histoire de France depuis Tolbiac, débouche sur la salle de 1830, ensemble érigé à la gloire de la prise de pouvoir de Louis-Philippe. C’est justement à cet emplacement stratégique que le peintre choisit de représenter la cérémonie d’inauguration du musée de Versailles.

  Interprétation

Période placée sous le sceau de la réconciliation entre l’héritage de l’Ancien Régime et celui de la Révolution, la monarchie de Juillet accorde une grande place à l’histoire nationale, dans laquelle le pays doit puiser une communauté de souvenirs et un sentiment d’appartenance propre à transcender le clivage entre les deux France. L’influence de François Guizot pour qui « la société pour croire en elle-même a besoin de n’être pas d’hier » est à cet égard déterminante. Par ses travaux (Histoire de la civilisation en France, 1830) et son action pour le développement de l’histoire de France (notamment à travers la Société pour l’histoire de France et le Service des Monuments historiques), le chef du parti de la résistance veut inscrire l’histoire de France dans une continuité multiséculaire par-delà les ruptures et les soubresauts afin de « renouer la chaîne du temps ».
Cependant, le nouveau musée dédié « A toutes les gloires de la France » apportait une nouvelle conception de l’histoire dont la mise en scène, propre à l’esprit du XIXe siècle, devait se heurter aux conceptions esthétiques modernes. Ainsi Delacroix, qui réalisa pour la galerie des Batailles la Bataille de Taillebourg, s’exclamait-il au sujet du nouveau musée de Versailles et de son chef-d’œuvre : « Si jamais tableau fut historique, je crois que c’est celui-là. Il ne l’est que trop pour figurer dans ce musée de Versailles qui l’est si peu et quand j’ai assisté à l’ouverture de ces bizarres galeries j’ai été convaincu que mon tableau n’y serait jamais. » Avec le Versailles de Louis-Philippe, la rupture entre la commande officielle et l’art d’avant-garde commençait donc à se profiler.
Heim interpréta cette cérémonie à la gloire de la peinture d’histoire, dont il avait contribué à augmenter le nombre à Versailles, dans un registre qui rappelle l’engagement antidavidien de ses premières années. On retrouve en effet ici, renforcé par l’aspect monumental de la galerie des Batailles, l’expressivité de ses compositions auxquelles son goût pour le mouvement et les contrastes de lumière confère un style fort personnel.

Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • Guy ANTONETTI, Louis-Philippe, Paris, Fayard, 1994.
  • Claire CONSTANS, Versailles, Paris, Imprimerie nationale, 1998.
  • Claire CONSTANS, Versailles, château de la France et orgueil des rois, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes », 1989.
  • Thomas W. GAEHTGENS, « Le musée historique de Versailles » in Pierre NORA (sous la direction de), Les Lieux de mémoire, tome II « La nation », Paris, Gallimard, 1988, rééd. coll. « Quarto », 1997.
  • Pierre ROSANVALLON, Le Moment Guizot, Paris, Gallimard, 1985.
  • Philippe VIGIER, La Monarchie de Juillet, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1982.

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