© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet
Titre : Mariage de Léopold Ier, roi des Belges, et de Louise d’Orléans, le 9 août 1832.
Auteur : Joseph-Désiré COURT (1797-1865)
Date représentée : 9 août 1832
Dimensions : Hauteur 90 cm - Largeur 116 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 91DE583 / MV 5122
Ami personnel de Louis-Philippe, Léopold de Saxe-Cobourg n’obtint pourtant pas la main de Louise d’Orléans, fille du roi, lorsqu’il fit sa première demande en mariage en 1830. Marie-Amélie d’Orléans songeait plutôt à une union avec l’héritier du trône de Naples, mais les négociations traînaient en longueur. Le 21 juillet 1831, Léopold fut élu roi des Belges. Lorsque les Pays-Bas envahirent la Belgique peu de temps après, l’armée française repoussa les Hollandais. Le mariage entre Léopold et la fille du roi des Français consacrait donc l’amitié entre les deux Etats.
La scène se tient dans la chapelle du château de Compiègne. Le mariage entre le roi des Belges Léopold Ier, le Fondateur, et la princesse Louise-Marie d’Orléans, fille aînée de Louis-Philippe, est célébré par l’archevêque de Cambrai, Louis Belmas. On reconnaît les principaux membres des deux familles royales, dont le roi Louis-Philippe et la reine Marie-Amélie. Du fait de l’exiguïté du lieu, la cour a pris place sur la tribune de la chapelle, en retrait des monarques. La décoration d’apparat, traditionnelle du faste de la monarchie, paraît dans les tentures brodées d’or qui habillent la tribune et dans les hauts chandeliers d’autel, offrant une perspective qui n’est pas sans rappeler la représentation du mariage de Napoléon Ier avec Marie-Louise par Rouget. C’est cependant sur une atmosphère plus intime, plus familiale malgré les contraintes protocolaires, qu’insiste Court, opposant avec une finesse remarquable le sérieux des princes aux mimiques des princesses agenouillées au second rang.
Comme ce mariage du roi des Belges avec la fille du roi des Français était regardé avec bienveillance par l’Angleterre et qu’il offrait des garanties d’alliance avec la France, il semble aisément concevable que Louis-Philippe ait voulu immortaliser cette cérémonie où éclatait son habileté diplomatique. Non seulement la maison d’Orléans affichait ici sa solidité et son ancienneté au regard de la toute jeune monarchie belge, mais la France reprenait ainsi de la force sur le plan international. Commandée en 1837 pour les galeries historiques de Versailles, cette scène de Court annonçait, dans le parcours muséographique du roi-citoyen, la pacification des relations internationales après les épisodes guerriers initiés par la Révolution et perpétués par l’Empire. Il semble naturel que Louis-Philippe ait souhaité que Court fût choisi pour cette commande : son art de portraitiste mondain, représentant souvent des généraux, des gens du monde, des dignitaire ecclésiastiques, convenait particulièrement bien à cette tâche.
Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS