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Le médailler dit « de Mérovée »

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Médailler dit « de Mérovée ».

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

Agrandissement - Zoom

Titre : Médailler dit « de Mérovée ».

Auteur : Emmanuel FREMIET (1824-1910)
Date de création : 1867
Date représentée : 451
Dimensions : Hauteur 238 cm - Largeur 151 cm
Technique et autres indications : bâti, bronze, cèdre (bois), chêne (bois), cuivre (métal), ébène (bois), ébénisterie (bois), ivoire, marqueterie (bois), noyer (bois), sculpture (technique)
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 89EE810 / OA 10440

  Contexte historique

Le roi Mérovée repousse Attila en 451

En 451, l’entrée triomphale de Mérovée à Châlons-sur-Marne marque sa victoire incontestée sur Attila. Au cours du Ve siècle de notre ère, l’Empire romain fut démantelé par les invasions barbares. La Gaule se trouva divisée en différents territoires menacés par les Huns qui les traversèrent pour rejoindre Rome en 452. Avec la disparition de leur chef Attila en 453, la puissance des Huns s’effondra et permit le développement de civilisations locales qui mêlèrent de manière inédite les traditions barbares à l’influence romaine. La Gaule était alors dominée par les Francs au nord et les Burgondes au sud-est.

  Analyse de l'image

Un médaillier historique

Le médaillier dit « de Mérovée », conçu par le dessinateur Brandely et réalisé par l’ébéniste Diehl (1811-vers 1885), présente un haut-relief d’argent, exécuté par le sculpteur Frémiet (1824-1910), qui montre l’entrée triomphale de Mérovée à la suite de sa victoire sur le chef barbare. Debout sur un lourd char tiré par trois bœufs, il est entouré de son armée et suivi par des prisonniers. Des trophées militaires, des têtes de bovins et de curieux animaux fantastiques en argent accompagnent le sujet principal. L’ensemble en chêne est d’une construction massive et monumentale (2,38 mètres de haut) ; il renferme une série de petits tiroirs destinés à recevoir des médailles.
Ce meuble n’appartient à aucun courant stylistique à la mode lors de sa création en 1867. Il propose une variation étonnante et instructive sur des modèles académiques. En effet, la composition et les ornements apparaissent comme des motifs classiques déguisés à la mode mérovingienne. L’entrée du héros emprunte sa composition aux triomphes romains ; l’empereur est ici remplacé par un roi vêtu de peaux de bête, le fringant quadrige est devenu un trio de bœufs en plein effort ; les armes du trophée supérieur sont des haches, des casques aux ailes déployées et de lourds boucliers, et les bucranes classiques sont devenus des protomes de bovins. Tous les stéréotypes iconographiques du monde gaulois ont été appelés sur une composition académique pour donner à cet événement historique une portée universelle.

  Interprétation

Une méprise pédagogique ?

Mérovée en empereur romain, c’est la façon qu’a le XIXe siècle d’évoquer l’émancipation de la Gaule, l’apparition d’une « nation » indépendante, dégagée du joug de Rome et capable de résister aux assauts de l’envahisseur. La victoire de 451 semble être considérée comme l’acte de naissance d’une nation qui sera la France. L’histoire contemporaine situe cet événement sous le règne de Clovis. Ce décalage témoigne des hésitations des historiens du milieu du XIXe siècle, pour lesquels la période du haut Moyen Age est encore une zone floue, comprise entre la glorieuse mais romaine Antiquité et le sombre Moyen Âge. Cette période des « antiquités nationales », nom du musée fondé par Napoléon III au château de Saint-Germain-en-Laye pour accueillir le produit des fouilles effectuées en France, soulève des passions. Elle fournit des preuves archéologiques de l’existence d’une culture propre au sol français avant l’édification des cathédrales. Néanmoins, la différenciation avec la période gallo-romaine est encore floue et son évocation par les artistes du XIXe siècle est hésitante, d’autant que les produits des fouilles ne constituent pas à leurs yeux des modèles suffisamment glorieux. Aussi cette « préhistoire » française est-elle toujours évoquée à travers l’Antiquité romaine.
Cette manière de célébrer un événement historique propre à éveiller le sentiment national est tout à fait symptomatique du Second Empire. Présenté à l’Exposition universelle de 1867 à Paris, le médaillier ne peut apparaître que comme une étape supplémentaire dans la construction d’un passé propre, dans laquelle tous les pays européens sont alors engagés. À la veille de 1870, l’évocation d’une victoire française sur des barbares venus de l’est ne peut pas laisser indifférent.

Auteur : Nicolas COURTIN


Bibliographie

  • Anne-Marie THIESSE, La Création des identités nationales, Paris, Le Seuil, 1999.

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