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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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C'était vraiment la peine de nous faire tuer.

© Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani

Agrandissement - Zoom

Titre : C'était vraiment la peine de nous faire tuer.

Auteur : Honoré DAUMIER (1808-1879)
Date de création : 1835
Date représentée : 1835
Dimensions : Hauteur 21 cm - Largeur 29 cm
Technique et autres indications : lithographie sur blanc
Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis (Saint-Denis)
Contact copyright : Photothèque, Tél : 01.42-43-83-85 / Fax : 01.48.20.07.60, musee@ville-saint-denis.fr, 22 bis, rue Gabriel Péri - 93200 Saint-Denis
Référence de l'image : plche 254, caric.251, 27 août 1835

Animation

  Contexte historique

Après l’attentat à la « machine infernale » commis le 28 juillet 1835 par le conspirateur Giuseppe Fieschi contre Louis-Philippe et sa suite, qui se rendaient ce jour-là à la Bastille pour la fête de la révolution de 1830, le gouvernement impose les fameuses « lois de septembre sur la presse » qui instaurent un régime de censure et d’autorisation préalable. Elles seront votées le 9 septembre. Dans l’impossibilité de poursuivre une activité satirique tournée principalement contre le régime en place, le journal La Caricature cesse de paraître après le n° 251 du 27 août où est publiée cette planche. A travers Le Charivari, Daumier qui ne fera plus de dessin politique jusqu'à la fin de la monarchie de Juillet, c’est-à-dire jusqu’en 1848, se tourne dès lors vers la satire des mœurs de ses contemporains qui lui inspirent des séries qui vont asseoir définitivement sa popularité. Dans ce même numéro du 27 août, La Caricature reproduit le texte de la loi contre la presse en composant certains articles comme des calligrammes en forme de poire, ultime provocation à l’encontre de la personne royale.

  Analyse de l'image

« C’était bien la peine de nous faire tuer » est l’un des dessins politiques les plus grinçants de Daumier. Thématiquement, l’œuvre peut être rapprochée d’un des Caprices de Goya (n° 39), mais se rattache aussi à la tradition des Danses macabres médiévales qui mettent en scène des morts sortis de leurs tombes pour rappeler avec ironie aux vivants la vanité des choses de ce monde. Dépourvue cependant de toute dimension fantastique, elle représente sur un mode réaliste des héros de la révolution parisienne des 28, 29 et 30 juillet 1830 – les « Trois Glorieuses » –, comme l’indiquent les inscriptions portées sur la colonne et la croix funéraires qui surplombent leurs sépultures. Ces personnages aux types populaires – l’émouvante figure d’ouvrier plantée au centre de la composition témoigne de la grandeur que Daumier sait donner aux plus humbles – assistent avec un air effaré ou désolé au triomphe de la religion, que symbolise la procession solennelle esquissée à l’arrière-plan à gauche, et à la politique de répression des idées démocratiques et des mouvements sociaux que résume la cavalerie chargeant la foule, sabre au clair, à l’arrière-plan à droite.

  Interprétation

Le message porté par cette image est limpide : non seulement la révolution de 1830 a été détournée de son but – l’instauration d’une véritable République –, mais la monarchie de Juillet se solde par la fin des libertés et le retour à l’ordre moral traditionnel. L’organisation de la composition n’est pas sans rappeler par ailleurs le modèle social de l’Ancien Régime, en principe aboli en 1789 : clergé, noblesse et tiers état…

Auteur : Robert FOHR


Bibliographie

  • François FURET, La république 1770-1880 : de Turgot à Jules Férry, Paris, Hachette, 1988 rééd. coll. « Pluriel », 1992.
  • Philippe RÉGNIER (dir.), La caricature entre république et censure, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1996.
  • Philippe VIGIER, La monarchie de Juillet, Paris, PUF coll. « Que sais-je ? », 1982.
  • Collectif, Daumier, 1808-1879, catalogue de l’exposition au Grand-Palais (5 octobre 1999-3 janvier 2000), Paris, RMN, 1999.

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