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L'école, premier lieu de lutte contre l'alcoolisme

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L'Alcool voilà l'ennemi.

© Ecomusée de la Communauté Urbaine Le Creusot Montceau-Les-Mines - Cliché Daniel Busseuil

Agrandissement - Zoom

Titre : L'Alcool voilà l'ennemi.

Technique et autres indications : Tableau mural du docteur Galtier-Boissière.
Lieu de Conservation : Ecomusée le Creusot Montceau (Le Creusot) ; site web
Contact copyright : Ecomusée du Ceusot-Montceau, château de la verrerie, 71202 Le Creusot cedex

  Contexte historique

Depuis 1873, année de promulgation des « lois Théophile Roussel » réprimant l’ivresse publique, les représentants des ligues de tempérance réclament une action énergique du gouvernement en matière de lutte contre l’alcoolisme. En 1895, ils obtiennent de Raymond Poincaré, alors ministre de l’Instruction publique, qu’un enseignement sur les dangers de l’alcool « au point de vue de l’hygiène, de la morale, de l’économie sociale et politique » occupe une place officielle au programme, au même titre que le français et les mathématiques. Des médecins viennent sensibiliser les instituteurs et les normaliens, et introduisent dans les classes tout un matériel antialcoolique allant des affiches aux tableaux muraux en passant par les buvards, les bons points et les manuels de lecture courante.

  Analyse de l'image

Ce tableau mural, évoqué par Marcel Pagnol dans La Gloire de mon père, a été conçu par le docteur Galtier-Boissière. Fondé sur une pédagogie de la peur, il présente le même homme avant et après les ravages de l’alcoolisme. Il compare aussi les organes sains aux viscères abîmés par l’alcool, laissant supposer que l’« ivrogne » ne saurait guérir.

Tant qu’il est sobre, le personnage est correctement vêtu. Sa moustache est lissée, et ses cheveux soigneusement peignés ; ses entrailles comme son cerveau ont bel aspect. Devenu intempérant, l’homme se néglige. Il a laissé pousser sa barbe, et ses cheveux, plus rares, ne sont pas coiffés. Des rides profondes sillonnent son visage. Il ne porte plus de cravate, le col de sa chemise est ouvert. À l’intérieur c’est pire : l’estomac s’est ulcéré, une dégénérescence graisseuse a affecté le cœur et les reins, le buveur est victime d’une méningite.

Cependant, comme en témoigne cette planche, qui oppose également, sur les bords du cadre, bonnes « boissons naturelles » et mauvais « alcools industriels », pour les médecins de l’époque, tous les breuvages ne sont pas nocifs. Le vin, la bière, le cidre et le poiré, obtenus par fermentation, ne rendent malades ni l’humain ni la souris cobaye. En revanche, l’alcool de grain, de betterave ou de pomme de terre tue rapidement le buveur comme le rongeur.

  Interprétation

Cette distinction, infondée scientifiquement, entre boissons hygiéniques et alcools industriels perdurera durant encore un demi-siècle. Jusqu’aux années 1950, seules les boissons distillées sont déconseillées. Le corps médical français continue de croire, comme le docteur Galtier-Boissière, que les boissons fermentées sont hygiéniques et qu’on peut en encourager la consommation à raison d’un litre par jour. Le vin reste considéré comme un médicament et un reconstituant. Des buvards publicitaires, distribués dans les écoles, indiquent toujours qu’un litre de vin à 12 degrés équivaut à 850 grammes de lait, 370 grammes de pain, 585 grammes de viande ou cinq œufs.

Seuls quelques membres de ligues antialcooliques écrivent régulièrement dans la presse que « les buveurs de pinard sont aussi des alcooliques ».

Comme l’indique la présence de ce tableau dans les salles de classe, l’école est, durant la première moitié du XXe siècle, le principal lieu de prévention de l’alcoolisme. Sous la IIIe République, les responsables de l’Instruction publique sont convaincus que c’est en apprenant la sobriété et la tempérance à la jeunesse qu’ils réussiront à atteindre les parents pour modifier leur comportement.

Auteur : Myriam TSIKOUNAS


Bibliographie

  • Didier NOURRISSON, Le Buveur du XIXe siècle, Paris, Albin Michel, coll. « L’Aventure humaine », 1990.
  • Myriam TSIKOUNAS, « Le discours alcoologique en France (1873-1918) », in Cahiers de l’Ireb, n° 10, 1991, p. 43-57.
  • Comité français d'éducation pour la santé (C.F.E.S.), 130 ans de prévention de l’alcoolisme en France. 1870-2000, Paris, Éd. du C.F.E.S., 2000.

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