Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Patrimoine - Art & Histoire (27 études)

Prise de la Bastille et arrestation du gouverneur M. de Launay, le 14 juillet 1789.
Prise de la Bastille et arrestation du gouverneur M. de Launay, le 14 juillet 1789.

Loisirs et modes de vie de la classe bourgeoise (4 études)

Le Salon de la princesse Mathilde, rue de Courcelles.
Le Salon de la princesse Mathilde, rue de Courcelles.
Charles GIRAUD

Découvrez aussi

Parcs et jardins parisiens

Vue du parc Montsouris vers le kiosque à musique.
Vue du parc Montsouris vers le kiosque à musique.
Ludovic VALLÉE

La faillite du système Law

Monument consacré à la postérité en mémoire de la folie incroyable de la XX<sup>e</sup> année du XVIII<sup>e</sup> siècle.
Monument consacré à la postérité en mémoire de la folie incroyable de la XXe année du XVIIIe siècle.

Jacques Offenbach, le XIXe siècle en musique

Jacques Offenbach.
Jacques Offenbach.
NADAR (Gaspard Félix TOURNACHON, dit)

Le passeur

L'Averse.
L'Averse.
Louis Léopold BOILLY

La publication du Livre rouge, mise en cause de l'absolutisme

Registre des ordonnances au porteur, dit « Livre rouge ».
Registre des ordonnances au porteur, dit « Livre rouge ».

Marchand d'art moderne

Paul Guillaume, Novo Pilota.
Paul Guillaume, Novo Pilota.
Amedeo MODIGLIANI

Portraits à la Bourse

commentaires 0 commentaire commentaires
Portraits à la Bourse.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

Agrandissement - Zoom

Titre : Portraits à la Bourse.

Auteur : Edgar DEGAS (1834-1917)
Dimensions : Hauteur 100 cm - Largeur 82 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 99-004992 / RF2444

  Contexte historique

Devenue en 1724 l’institution officielle où s’échangent tout à la fois des marchandises, des monnaies et des valeurs mobilières, la Bourse de Paris a été dotée d’une réglementation stable sous l’Empire et d’un édifice, achevé en 1827, dont la construction a été confiée par Napoléon à l’architecte Alexandre Théodore Brongniart. À partir du milieu du XIXe siècle, le rôle prépondérant de la Bourse dans le développement économique de la France, et notamment dans le financement de l’industrialisation, marqua le triomphe de la bourgeoisie d’affaires, composée de banquiers, de courtiers et d’agents de change qui, tous attirés par le goût de la spéculation et la facilité de l’enrichissement, se retrouvaient au palais Brongniart.

  Analyse de l'image

Dans cette scène de genre dont le titre nous indique qu’elle se passe à la Bourse, Edgar Degas a justement représenté des hommes d’affaires en redingote et chapeau haut de forme, comme le veut la mode bourgeoise de l’époque, qui s’entretiennent sous le péristyle du palais Brongniart. Dans ses carnets, le peintre a précisé que les deux hommes au centre du tableau sont Ernest May, le visage allongé et les binocles sur le nez, qui était l’administrateur-directeur de la Banque franco-égyptienne, et derrière lui, son associé, un dénommé Bolâtre, à la silhouette trapue.

Degas a fait la connaissance du riche banquier quelques mois plus tôt et la description qu’il en a donnée à l’un de ses amis est brève mais mordante : « C’est un homme d’affaires qui se lance dans les arts ! » En effet, May était également amateur d’art et au fil des années il avait rassemblé une importante collection, principalement des toiles de maîtres anciens, mais à partir de 1878, il commença à acheter des œuvres des impressionnistes. Bien qu’il l’ait rencontré à cette fin, Degas a choisi de présenter cet homme dans le cadre même de ses activités financières. Ainsi, il le portraiture arrivant à la Bourse, apparemment pour s’informer des cours du jour qu’un agent de change lui communique et dont il fait part à son compagnon, lequel se penche sur son épaule pour mieux voir le bordereau. Les autres personnages, dont le peintre a laissé les traits flous, même inachevés comme l’illustre le repentir pour l’homme au premier plan à droite, servent à rendre la scène plus animée, voire caricaturale, lorsqu’on découvre à l’arrière-plan à gauche un personnage grotesque, à l’allure de clown.

  Interprétation

En observateur attentif de la bourgeoisie parisienne à laquelle il a appartenu et consacré une grande partie de son art, Degas a réalisé ici l’une des rares transcriptions d’une scène à la Bourse, son atmosphère, ses clients, ses pratiques. Avec malice, le peintre a même livré son regard critique sur cette institution commerciale, à la fois adulée pour les richesses qu’elle drainait et suspectée pour ses sautes d’humeur, et surtout sur ces hommes d’affaires, que symbolisait Ernest May, qui en boursicotant bâtissaient très rapidement leur fortune et collectionnaient des œuvres d’art pour montrer leur réussite. Mais Ernest May n’en a pas tenu rigueur à Degas puisque quelques mois plus tard il lui a acheté trois tableaux et, avant de mourir, a légué son portrait au Louvre.

Auteur : Fleur SIOUFFI


Bibliographie

  • Pierre CABANNE, Edgar Degas, Paris, Tisné, 1957.
  • Georges DUBY (dir.), Histoire de la France urbaine. La ville à l’âge industriel, tome IV, Paris, Le Seuil, 1983.
  • Andrew FORGE et Robert GORDON, Degas, Paris, Flammarion, 1988.
  • Paul-Jacques LEHMANN, Histoire de la Bourse, Paris, PUF, 1997.
  • Paul-André LEMOISNE, Degas et son œuvre, tome II, Paris, Arts et Métiers Graphiques, 1949.
  • Henri LOYRETTE, Degas, Paris, Gallimard, 1988.
  • Denys SUTTON, Degas. Vie et œuvre, Paris, Nathan, 1986.
  • Émile ZOLA, L’Argent, 1890.
  • Catalogue de l’exposition Degas, Paris, RMN, 1988.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page