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L'interrogatoire du prisonnier

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L'interrogatoire du prisonnier.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / MHC

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Titre : L'interrogatoire du prisonnier.

Auteur : Édouard VUILLARD (1868-1940)
Date de création : 1917
Date représentée : 1917
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / MHC (Paris) ; site web
Contact copyright : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine ./MHC. 6, allée de l'Université. 92001 Nanterre Cedex. Tél. ,: 01 40 97 79 00 / Fax : 01 40 97 79 40. ; site web

  Contexte historique

La guerre : une réalité quotidienne
Quand la Première Guerre mondiale débute au milieu de l’été 1914, les belligérants s’accordent à penser qu’elle ne durera que quelques semaines. Or c’est un conflit inédit qui, pendant plus de quatre ans, implique des millions de combattants mais aussi des civils soumis aux impératifs de l’effort de guerre (industriel et financier) et à la gestion des pénuries. Les grandes offensives de l’année 1916 (Verdun, la Somme), menées de part et d’autre pour rompre l’immobilisme de la guerre de position, sont des échecs durement ressentis, malgré l’intense propagande mise en place par les Etats en guerre. En France, le Chemin des Dames, la plus meurtrière de toutes les offensives, est encore à venir lorsqu’Edouard Vuillard sollicite de l’Etat Major français l’autorisation de se rendre au front, à Gérardmer dans les Vosges. De son séjour de février 1917, ce peintre de l’intime, spécialiste des intérieurs bourgeois et des natures mortes, rapporte de nombreuses esquisses et tire une de ses œuvres les plus troublantes, L’interrogatoire du prisonnier.

  Analyse de l'image

Une scène hors des combats
A cet endroit et à ce moment du conflit, sans grandes batailles, on peut supposer que le soldat allemand, amené par les deux chasseurs alpins pour être interrogé, a été fait prisonnier lors d’une escarmouche. Cette scène, atypique par son sujet, présente une composition centrée autour du personnage du prisonnier, figure hiératique perdue au milieu de la pièce, tout comme le poêle qui lui fait pendant. Tous deux de guingois, ces éléments se fondent dans les tons gris et bleus d’une pièce anonyme dont on perçoit nettement le caractère glacial. La verticalité nue des éléments au centre de l’image, renforcée par l’arrière-plan où le regard peine à s’accrocher, s’oppose brutalement à l’horizontalité du banc et de la table, au contraire surchargés. Le regard vide de l’Allemand, les objets difficiles à discerner disposés sur le banc, les visages presque effacés des soldats de garde, contrastent également avec la netteté des galons de l’officier français et la carte disposée devant lui, au premier plan. Le tableau symbolise ainsi la véritable frontière qui sépare, plus encore que des ennemis, soldats du rang et officiers.

  Interprétation

La violence intime de la guerre totale
Né en 1868, Edouard Vuillard est trop âgé pour être incorporé en 1914. Au cours de l’année 1917, il prend pour la première fois intérêt à la guerre dans son œuvre. Il se rend à Gérardmer et peint la même année, une série de toiles pour Lazare Lévi, qui représentent son usine de munitions à Oullins. Le voyage dans les Vosges n’a permis à Vuillard que de peindre des bureaux militaires, quelques vues de Gérardmer et un abri sous la neige. En revanche, la scène de l’interrogatoire du prisonnier présentée ici, même éloignée des combats, suinte la violence : l’ombre du prisonnier qui se heurte à la porte infranchissable et le crochet qui pend du plafond soulignent la détermination de l’officier à obtenir des renseignements sur les forces ennemies pour préparer, qui sait, une nouvelle offensive. L’impuissance du prisonnier face à la machine militaire semble indiquer que ce dernier est le jouet des événements – ce qui a amené certains critiques de l’époque à considérer l’œuvre de Vuillard comme antimilitariste. C’est plus probablement la violence et la brutalité sous-jacentes de cette scène intimiste que le public a eu du mal à supporter.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • Jean-Jacques BECKER et Serge BERSTEIN, Victoires et frustrations, Paris, Seuil, 1990.
  • Antoine SALOMON et Guy COGEVAL, Vuillard. Le regard innombrable, Catalogue critique des peintures et pastels, vol. III, Paris, Skira, 2003.
  • Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

Commentaires

Est-il autorisé par la loi de distribuer ce texte à une classe de 3ème ?
lecteur
Par lecteur le 14/04/11 à 05h02 - #140
merci des infos j'ai une épreuve d'histoire des arts dessus et je ne trouvais rien...jusqu'à maintenant^^
matlecyberboss
Par matlecyberboss le 26/04/11 à 02h38 - #149
En réponse à lecteur il n'est pas permis de distribuer le texte dans une classe en revanche la consultation du site dans un cadre pédagogique est autorisée.
Pour en savoir plus :
http://www.histoire-image.org/site/static/mentions-legales.php#propriete_intellectuelle
Histoire-image
Par Histoire-image le 26/04/11 à 22h39 - #152

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