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Journée de l’Armée d’Afrique et des Troupes coloniales.

© Musée d'Histoire contemporaine / Bibliothèque de documentation internationale contemporaine - Tous droits réservés

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Titre : Journée de l’Armée d’Afrique et des Troupes coloniales.

Auteur : Lucien JONAS (1880-1947)
Date de création : 1917
Date représentée : 1917
Lieu de Conservation : Musée d'histoire contemporaine / BDIC (Paris) ; site web
Contact copyright : Hôtel des Invalides, 129 rue de Grenelle, 75007 Paris, Tél : 01.44.42.54.92 / Fax : 01.44.18.93.84 ; site web

  Contexte historique

En 1914-1918, les opérations militaires n’ont pas été très importantes en Afrique. En revanche, les soldats originaires des colonies ont joué un rôle considérable sur les fronts européens et dans les Balkans, en particulier pour l’armée française qui a recruté près de 158 000 hommes en Afrique du Nord et 134 000 en Afrique noire (sur 8 700 000 hommes qui ont combattu en métropole). L’ensemble des troupes coloniales mobilisées durant le conflit s’élève à 600 000 selon Marc Michel.

  Analyse de l'image

Cette affiche a été réalisée par le peintre et dessinateur réaliste Lucien Jonas, dont les œuvres régulièrement publiées dans la presse (en particulier dans L’Illustration) connaissent un grand succès pendant toute la guerre. Elle annonce une journée de charité, comme on en organise depuis le début du conflit au niveau national ou départemental en faveur des soldats. Intitulée « Journée de l’armée d’Afrique et des troupes coloniales », elle représente des soldats de l’armée coloniale française lancés à l’assaut d’une position allemande, thème qui en fait la grande originalité (c’est sans doute la première affiche qui le traite). Au premier rang de ces fougueux combattants figure un tirailleur sénégalais, le plus connu des soldats coloniaux, qui s’avance en criant et en brandissant son fusil, plein de rage et de courage. L’affichiste l’a particulièrement mis en valeur : il est en effet au centre et occupe pratiquement toute la hauteur de l’image. Son attitude et son regard traduisent sa détermination. Sa capote en lambeaux, qui laisse entrevoir le jaune et le bleu de son uniforme, prouve que même les barbelés allemands n’ont pu l’arrêter. On peut supposer que le fantassin casqué se trouvant à sa gauche est un Maghrébin.

  Interprétation

Ce sont l’élan et le mouvement vers l’avant des combattants qui caractérisent l’ensemble de cette affiche, cherchant ainsi à témoigner de l’ardeur et de la bravoure des Africains, comme de leur fierté de se battre pour la France, par reconnaissance pour la « Mère Patrie ». La composition rappelle beaucoup l’affiche « Les Amazones au combat de Dogba », réalisée par Charles Castellani en 1897, qui illustre la sauvagerie des indigènes lors de la conquête coloniale. Mais ici, il est clair que la « sauvagerie » a été domptée (l’indigène porte l’uniforme français) et mise au service de la bonne cause (ces troupes de choc doivent servir à l’anéantissement de la « barbarie » allemande). De ce point de vue, l’affiche reflète fidèlement l’opinion que, selon la théorie élaborée par le général Mangin en 1910, le commandement français avait de la « force noire » et de sa capacité à participer efficacement aux « coups durs » de la guerre en Europe.

Auteur : Laurent VÉRAY


Bibliographie

  • Laurent GERVEREAU, La Propagande par l’affiche, Paris, Syros-Alternatives, 1991.
  • Marc MICHEL, Les Africains et la Grande Guerre. L’appel à l’Afrique (1914-1918), Paris, Karthala, 2003.
  • Stéphane AUDOIN-ROUZEAU et Jean-Jacques BECKER (dir.), Encyclopédie de la Grande Guerre, 1914-1918, Paris, Bayard, 2004.

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