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Le jeu du chemin de fer français

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Jeu du chemin de fer français

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

Agrandissement - Zoom

Titre : Jeu du chemin de fer français

Auteur : GANGEL
Lieu de Conservation : Musées et domaine nationaux de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 96-018150 / CMV3532

  Contexte historique

Si Pellerin d’Épinal reste l’éditeur d’imagerie populaire le plus connu, d’autres publient des planches comparables : Pinot et Sagaire à Épinal, mais aussi Henri Silbermann et Gustave Fischbach à Strasbourg, Gangel et Adrien Dembour à Metz, Castiaux et Blocquel à Lille, Wentzel à Wissembourg, Lacour à Nancy, Félix Juven à Paris…

Ces images avaient à l’origine une vocation religieuse, mais peu à peu, les thèmes se diversifièrent : les faits marquants de l’histoire de France, les légendes et les contes, les romans à la mode, les histoires enfantines, les chansons populaires, firent bientôt les beaux jours de l’imagerie dite d’Épinal. Ces images étaient punaisées sur les « lits clos », sur le linteau de la cheminée ou sur les murs de la plus humble des chaumières.
Destinées aux enfants, les planches de pantins et de soldats, déjà bien diffusées, furent complétées par les théâtres de papier vers 1840, puis par des planches de constructions à découper à partir de 1860. Les jeux individuels – images-devinettes – ou collectifs n’étaient pas oubliés : connu depuis le XVe siècle, le jeu de l’oie a alors le vent en poupe et revêt toutes les formes possibles à des fins de divertissement, de pédagogie comme de propagande.

  Analyse de l'image

Le Jeu du chemin de fer, édité vers 1855 par Gangel à Metz, est conçu d’après une idée d’Ernest Henry sur le principe du jeu de l’oie dont il a la structure tout à fait classique avec ses soixante-trois cases imagées. La règle du jeu figure au centre de la spirale. De deux à six joueurs peuvent s’affronter avec deux dés. Le premier qui arrive à la gare terminus (63) a gagné, mais il doit pour cela éviter les accidents, les retours en arrière prévus par la règle et les ralentissements imposés par les six stations placées sur le parcours.

À une époque où la nouveauté du chemin de fer est source de méfiance et de réticences de la part d’un public que le modernisme effraie, le Jeu du chemin de fer propose un voyage initiatique aux joueurs, enfants ou adultes. Tous les éléments qui composent un train sont représentés : locomotive, tender, wagons de première, deuxième et troisième classe, wagons à bagages, wagon de farine, wagon de bergerie, wagon postal… Les infrastructures essentielles ne sont pas oubliées : voies, aiguillages, signalisation, passages à niveau, ponts, tunnels… À la dimension technique s’ajoute un aspect géographique : le train fait escale dans quelques grandes villes de France – Marseille, Nancy, Strasbourg, Bordeaux, Paris. Les joueurs effectuent ainsi un parcours pédagogique et apprennent en s’amusant : le ludique n’exclut pas le didactique.

  Interprétation

Le jeu de l’oie peut être considéré comme un jeu d’émulation, une compétition sur un parcours fermé où il faut arriver le premier. Arnaud rapporte que Napoléon Ier « s’y donnait avec une ardeur toute méridionale, comptant les cases avec son majeur comme un écolier, se dépitant quand les dés lui étaient contraires, n’entrant au « cabaret » qu’avec humeur, trichant de peur de tomber dans le « puits » ou d’aller en « prison » ». Conçu au fil des siècles sur de multiples thématiques, il constitue une source inégalable d’enseignements sur l’histoire des mœurs, des techniques, des sciences et de l’industrie. Il connaît une grande vogue au XIXe siècle. Gangel en a édité un certain nombre sur des thèmes différents : le Jeu du chemin de fer par exemple, ou le Jeu des contes de fées où le joueur, passant d’un conte à l’autre – ceux de Perrault, de Madame d’Aulnoy… –, entreprend un parcours initiatique avec épreuves, enchantements, monstres et autres artifices magiques.

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • Henri GEORGE, La Belle Histoire des images d’Épinal, Paris, Éditions du Cherche-Midi, 1996.
  • David S. HAMILTON, Le Monde fascinant des trains, Paris, Gründ, 1977.
  • Ellis C. HAMILTON, Le Train. L’épopée des chemins de fer, Paris, Éditions Princesse, 1978.
  • René PERROUT, Trésors des images d’Épinal, Barembach, Éditions J.-P. Gyss, 1985.

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