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© Musée Rodin, Paris - Cliché A. Rzepka
Titre : Bellone.
Auteur : Auguste RODIN (1840-1917)
Date de création : 1879
Date représentée : 1879
Technique et autres indications : Bronze.
Lieu de Conservation : Musée Rodin (Paris) ; site web
Contact copyright : Jérôme MANOUKIAN, Responsable du service Photographique, Musée Rodin, Hôtel Biron, 77 rue de Varenne, 75007 Paris - Tel : 01.44.18.61.10 - Fax : 01.45.51.17.52 ; site web
Référence de l'image : S. 476
Un buste officiel de la République
C’est en 1879 seulement que le régime républicain s’impose en France avec l’arrivée au pouvoir de Jules Grévy et l’obtention de la majorité au Sénat. Fort de ses appuis, le régime en place entend marquer sa présence dans l’ordre des symboles : une véritable « statuomanie » s’engage avec de nombreuses commandes de bustes et de monuments destinés à glorifier la République. Parmi elles s’impose un buste officiel de la République destiné aux mairies d’arrondissement de Paris. En décembre 1879 le conseil municipal organisa donc un concours qui avait pour but la création d’un buste destiné à la salle des mariages de la mairie du XIIIème arrondissement, étant entendu que le projet couronné servirait de modèle pour les autres établissements municipaux. Le concours se solda par un échec, aucun des soixante-trois projets exposés n’ayant été retenu par le jury.
La recherche d’expression
Rodin cherchait alors à se faire connaître et, si peu attiré qu’il fût par ce genre de représentations très conventionnelles, il participa à ce concours. Rose Beuret, sa maîtresse, « toujours prête à lui faciliter le travail », avait prêté ses traits. Mais, guidé par la recherche d’expressions propres à Michel-Ange et à François Rude, Rodin lui avait donné l’air vindicatif qu’il connaissait bien. En effet il « ne cachait pas qu’il l’avait saisie sur le vif, pendant les scènes que sa femme lui prodiguait », et il l’avait coiffée d’un splendide casque d’inspiration Renaissance alors que le programme du concours précisait que la figure devait être conforme au type traditionnel, c’est-à-dire coiffée d’un bonnet phrygien, signe d’une Marianne de combat dans la tradition de la Révolution française.
De la République à Bellone
Le résultat fut une République maussade, visiblement hostile à toute concession, et donc en complet décalage par rapport au désir de paix que voulait affirmer le parti républicain. Bientôt rebaptisé Bellone, ce buste plus grand que nature, animé d’une torsion qui met en valeur la plénitude des formes, apparaît cependant comme l’une des premières grandes réalisations de l’artiste.
Cependant l’image de la République, avait trouvé une incarnation presque parfaite dans le buste de Jean Gautherin, d’une élégance un peu austère, exposé au Salon de 1879. Celui-ci fut acquis par la Ville de Paris, traduit en marbre (Hôtel de Ville, salle du budget) et édité en bronze par Susse.
Auteur : Frédérique LESEUR