Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Les soldats et la vie quotidienne dans les tranchées (11 études)

Atelier de l'école de rééducation professionnelle du Grand Palais à Paris.
Atelier de l'école de rééducation professionnelle du Grand Palais à Paris.

La région Lorraine (7 études)

<i>Brief aus der Heimat</i> [Lettre du pays].
Brief aus der Heimat [Lettre du pays].

Découvrez aussi

La vie quotidienne dans les tranchées

Le vaguemestre.
Le vaguemestre.
Pierre Georges JEANNIOT

L'Alsace libérée

Carte postale.
Carte postale.

Le corps des morts

Cadavre dans les barbelés.
Cadavre dans les barbelés.
Otto DIX

La bataille de Valmy

La bataille de Valmy, 20 Septembre 1792.
La bataille de Valmy, 20 Septembre 1792.
Jean-Baptiste MAUZAISSE

Le départ au front en 1914

commentaires 3 commentaires commentaires
Le départ du soldat.

© ADAGP, Collection de la salle d'honneur du 26°RI, Délégation Militaire Départementale de Meurthe-et-Moselle, © musée Lorrain, Nancy / Photo P . Mignot

Agrandissement

Titre : Le départ du soldat.

Auteur : Victor PROUVÉ (1858-1943)
Date représentée : 1914
Lieu de Conservation : Musée Lorrain de Nancy (Nancy) ; site web
Contact copyright : ADAGP, 11, rue Berryer. 75008 Paris. Tél: 33+01-43-59-09-78. adagp@adagp.fr. / Sabine Bouchy du Palut, service de documentation, Tél : 03-83-32-18-74 / Fax : 03.83.32.87.63, 64 Grande-Rue, 54000 Nancy

  Contexte historique

Le renouveau du nationalisme français à partir de 1905 et son affirmation entre 1911 et la veille de la guerre « n’implique[nt] pas que la guerre était inéluctable ». L’opinion française semblait profondément ancrée dans le sentiment patriotique, même si les circonstances internationales coloraient ce patriotisme, dans certains milieux, d’une connotation plus nationaliste, nationalisme qui, par réaction, tendait lui-même à renforcer le pacifisme. L'ordre de la mobilisation générale, décrétée dans l'après-midi du 1er août 1914 en France et en Allemagne, précède la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France, intervenue deux jours plus tard, le 3 août 1914. L'assassinat de l'héritier de l'Empire austro-hongrois à Sarajevo le 28 juin avait ouvert une crise internationale qui devait, par le jeu des alliances, embraser toute l'Europe.

  Analyse de l'image

Les couleurs vives qu'emploie le peintre de l'école de Nancy se retrouvent dans le traitement de l'uniforme du soldat français. Il s'agit ici du vêtement du fantassin au moment de l'entrée en guerre en 1914. L'équipement de l'armée française avait peu changé depuis la guerre de 1870, voire depuis 1829 en ce qui concerne le pantalon garance, symptomatique d'une véritable éthique de l'assaut héroïque. Composé d'une tunique bleue, d'un pantalon et d'un képi bleus ou rouges, cet uniforme symbolise l'inadaptation et l'absence d'anticipation de la guerre moderne par l'état-major. Il témoigne à lui seul de la sous-estimation de la nouvelle puissance de feu. Les pertes de l'infanterie française en 1914 provoquent l'effroi : plus de 300 000 combattants français meurent au combat ! Le mois d'août 1914 s'avère particulièrement meurtrier avec 40 000 morts entre le 2 et le 23 août, dont près de 27 000 pour le seul samedi 22, le jour le plus sanglant de l'histoire de France.

  Interprétation

La mobilisation suscite, en particulier dans les campagnes françaises, la stupéfaction et la consternation. Dans un pays en majorité rural comme la France, l'annonce faite par le clairon ou le tocsin, comme le montre l'eau-forte de Victor Prouvé, intervient à l'époque des grands travaux de la moisson. Les sentiments réservés des ruraux – entre résignation et consternation parfois –, se distinguent de l'enthousiasme manifesté dans les grandes villes, de manière cependant très sporadique et à des moments ou à des endroits bien précis tels que le rassemblement des mobilisés dans les gares ou le départ des régiments depuis les villes de garnison. Finalement, c'est la conviction d'une agression de l'Allemagne qui permet l'acceptation de la guerre. L'idée de revanche ou de reprise de l'Alsace-Lorraine (dont le peintre est originaire), apparaît en fait très rarement dans les motivations. Mais le sentiment d'avoir à défendre son pays demeure fondamental.

Le consentement de la population répond à la menace qui pèse sur la patrie, sur le sol français et sur les familles : la défense de la nation demeure ainsi inextricablement liée à la nécessité de protéger les femmes et les enfants. Dans une armée composée de jeunes soldats mais aussi de bon nombre d'hommes mariés et de pères de famille, la défense des « siens », la protection de la famille et des enfants, revêtent une importance capitale. Victor Prouvé rend compte ici de la séparation d’avec les proches. Il révèle le visage bouleversé de l'épouse et l'étreinte par les enfants de leur père qui part à la guerre. En cas de malheur, la famille de ce dernier constituera le premier cercle du deuil. D'ailleurs, le ciel, bleu et tourmenté à la fois, ne semble-t-il pas annonciateur de mort ?

Auteur : Sophie DELAPORTE


Bibliographie

  • Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.
  • Maurice AGULHON, La République (1880-1932), Paris, Hachette, 1992.
  • Jean-Jacques BECKER, Comment les Français sont entrés dans la guerre, Paris, PFNSP, 1977.
  • Jean-Jacques BECKER, Stéphane AUDOUIN-ROUZEAU, La France, la nation, la guerre : 1850-1920, Paris, SEDES, 1995.
  • Jean - Baptiste DUROSELLE, La France et les Français, 1914-1920, Paris, Richelieu, 1972.

Commentaires

quand vous dites que le ciel est bleu et tourmenté à la fois, elle symbolise donc la mort. Mais est-ce que c'est une symbolisation connu dans le milieux des peintres ? Ou est-ce juste une remarque vu par hasard ?
bla bla
Par bla bla le 29/10/11 à 22h45 - #304
Pas de date pour l’œuvre, pas de dimensions ... on aimerait en savoir plus
legla
Par legla le 02/10/13 à 12h23 - #1721
Ce tableau a été peint en 1887 et s'intitule en réalité Les Adieux d'un réserviste. Voici ses dimensions : H. 79 ; L. 70 cm
En effet, il s'agit d'une huile sur toile et non pas une eau-forte comme indiqué dans le commentaire. D'ailleurs le contexte historique présenté dans le commentaire est totalement faux car cette scène ne s'inscrit pas dans la période de la Grande Guerre !
Pour l’anecdote, Victor Prouvé était lui-même réserviste.
Turandot54
Par Turandot54 le 31/10/13 à 09h44 - #1784

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page