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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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La grande roue de Paris

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La grande roue de Paris.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Agrandissement - Zoom

Titre : La grande roue de Paris.

Auteur : Albert DORFINANT (1881-1976)
Dimensions : Hauteur 80 cm - Largeur 62.5 cm
Technique et autres indications : Lithographie coloriée sur papier.
Imprimé par KAHN Fils, 12 bould St Martin, Paris.
Affiche publicitaire pour ma grande roue de Paris entre 1900 et 1923.
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 05-509362 / 38.17.1E

  Contexte historique

L’Exposition Universelle : De l’industrie aux loisirs de masse

En 1855, se tient à Paris la première Exposition Universelle, quatre ans après celle de Londres couronnée par l’édification du Crystal Palace. C’est alors l’occasion de rivaliser d’audace et de faire une démonstration de créativité artistique et scientifique. Ces « grandes célébrations de la modernité » représentent d’importants enjeux économiques et politiques. L’Exposition de 1889 est un triomphe, elle glorifie la IIIe République et annonce l’ère de l’industrialisation et des loisirs de masses. L’impressionnante Tour Eiffel en est la principale attraction, véritable démonstration des progrès techniques accomplis ces dernières années. En 1900, Alfred Picard (1844-1913) est commissaire général de l’Exposition et rédige par la suite un rapport remarquable de 6 volumes : Le bilan d’un siècle. Cette manifestation correspond au moment où les lieux de divertissements organisés se multiplient, et la capitale hérite alors d’un riche patrimoine architectural : le palais de l’Industrie fruit de l’exposition universelle de 1855 est remplacé par le Grand Palais, auquel fait face le Petit Palais, architecture du luxe industriel. Le pont Alexandre III est également construit pour l’occasion. Ces manifestations attirent un nombre impressionnant de touristes avides de connaissances.

  Analyse de l'image

La victoire des loisirs

La promotion est faite pour venir découvrir la roue, présentée ici comme une institution parisienne. Construite pour l’Exposition Universelle de 1900 avenue de Suffren, près de Champs de Mars, non loin de la Tour Eiffel. Le titre, « La grande Roue de Paris », en premier plan et en lettres rouge, la foule qui se presse pour y accéder et la Tour Eiffel presque escamotée, permettent de réaliser à quel point l’édification de la roue fut un événement. Elle a marqué les esprits par sa taille : 106 m de hauteur, par son poids : 650 tonnes mais surtout par le mouvement qui permet de transporter jusqu’au ciel près de 1600 passagers dans des wagons de chemin de fer. La fascination pour la vitesse, la possibilité de décoller du sol, la conjugaison de l’électricité et de la mécanique apportent des sensations et des émotions nouvelles.
Trois expositions universelles sont ici évoquées avec le palais du Trocadéro sur la colline de Chaillot datant de 1878, la Tour Eiffel terminée pour 1889 et au premier plan, la Grande Roue de Paris datant de 1900. On aperçoit une esquisse des arcades du bâtiment des machines et le texte fait allusion à la Galerie des Machines qui bordait alors le Champs-de-Mars. Au pied de l’attraction, théâtre et restaurant attestent de la dimension distractive et culturelle de l’emplacement.
Juste devant la roue démesurée, en haut, une victoire couronnée et ailée, nous tend une couronne de laurier et porte une palme. Associant les symboles du triomphe et de l’ascension, elle garantit, presque tel un ex-voto, la fiabilité dans les nouvelles technologies. Effigie de l’immortalité et de la gloire, elle consacre la croyance mythique dans le progrès et incarne de façon rassurante, la promesse de pouvoir s’affranchir des conditions du lieu. La Grande roue fut démolie en 1937, à son emplacement se trouve encore aujourd’hui le Village Suisse.

  Interprétation

L’exposition universelle comme source d’inspiration de la fête foraine

Le modèle évident de la roue des fêtes foraines est celui de la Grande Roue de Chicago, exploit d’ingénierie avec ses 82 m de diamètre, accueillant jusqu’à 2160 personnes, elle introduit l’histoire lors de l’Exposition Universelle de 1893. Que ce soit au Prater de Vienne, à Londres ou à Paris, les roues panoramiques sont l’objet d’un véritable engouement à la fin du XIXe siècle. En 1900, celle de Paris supplante les autres par sa taille. La capitale ressemble à un immense parc d’attractions sur près de 12 hectares et accueille environ 50 millions de visiteurs.
Les expositions universelles sont des modèles incontestables pour les constructeurs forains. Par exemple, la façade du carrousel-salon Demeyer s’inspire de celle du pavillon de l’électricité et le « trottoir roulant » est repris de l’exposition de 1900 dans les carrousels-salons. Les jeux d’optiques comme le Maréorama, la carrosserie des grands manéges s’inspirent des modèles et des nouveautés présentés aux Expositions universelles, fréquentées par les forains. Il en est de même de la grande roue qui, à partir des années 1930, sera déclinée sur les champs de foire, depuis les petites balançoires russes pour enfants jusqu’aux très grandes roues devenues itinérantes. Le passage au XXe siècle confirme la pleine mutation du loisir urbain. L’utilisation de l’électricité, du gaz, de nouvelles techniques industrielles entraînent toute la société, vers une consommation de masse, les loisirs compris.

Auteur : Valérie RANSON-ENGUIALE


Bibliographie

  • Zeev GOURARIER, Il était une fois la fête foraine... de A à Z, de 1850 à 1950, exposition à la Grande Halle de la Villette, 18 septembre 1995-14 janvier 1996. Paris, éditions RMN, 1995.
  • Anne RASMUSSEN et Brigitte SCHROEDER, Les fastes du progrès: le guide des expositions universelles, Paris, 1992.
  • Le livre
    des expositions universelles, 1851-1989
    , Catalogue d’exposition, Union centrale des arts décoratifs, 1983, Paris, Herscher.

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