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Parades de foire

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Parades de foire.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

Agrandissement - Zoom

Titre : Parades de foire.

Auteur : ANONYME
Dimensions : Hauteur 26.5 cm - Largeur 43 cm
Technique et autres indications : Bois de fil, estampe coloriée au pochoir, papier vergé.
Théophile Frédéric et Rodolphe Henri De Deckherr (éditeurs), France, Montbéliard.
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-001342 / inv.53.12.36C

  Contexte historique

De Tivoli à la fête foraine

La fête foraine trouve son origine dans les spectacles des grandes foires marchandes du Moyen Age où baladins, jongleurs et comédiens donnent des représentations sur estrade, proche de la commedia dell’arte ou de Polichinelle. Le saltimbanque possède la même origine étymologique que le banquier ; les deux fréquentent alors le banc de foire où le premier saute par-dessus pour en faire une scène et le second s’y assoit pour opérer des échanges financiers.
Tout au long du XIXe siècle, la foire de divertissement développe de nouvelles attractions : carrousels à vapeur, chenilles-vagues, maisons hantées, petits trains… ou encore le cinéma, qui est avant tout un spectacle forain. A la Belle époque, le champ de foire est un véritable abrégé du monde où chacun peut accéder aux dernières découvertes : mathématiques, magnétisme, électricité, optique mais aussi médecine, botanique et zoologie avec les ménageries foraines qui se développent au XIXe. Le musée anatomique, les guérisseurs et arracheurs de dents participent aux foires avec leurs onguents et élixirs. Les prouesses des explorateurs sont colportées dans les gazettes et dans les grands romans d’aventures ; les faits divers et leurs reconstitutions passionnent tout autant. L'enthousiasme que suscite le voyage favorise les dioramas et les panoramas, les habitants de contrées lointaines et les modes de vie de « spécimens » sauvages sont exposés.
Divertissements, rêve et instruction se côtoient, accessibles à la population entière favorisant ainsi une « popularisation » de la science et de la technique.

  Analyse de l'image

Paradistes et autres montreurs

Cette gravure présente les numéros les plus courants des parcs d’attractions du début du XIXe siècle. De gauche à droite et de haut en bas sont présentés :
Un bourgeois en tricorne se faisant voler sa bourse par un chenapan, alors qu’il assiste à une parade d’acrobate. Le spectacle a lieu dans une baraque de foire en bois et l’enfant équilibriste est accompagné d’un bonisseur portant une perruque de style Louis XIV et d’un homme-orchestre. La représentation d’enfants saltimbanques est fréquente et ils sont nombreux à participer très tôt au spectacle. Le mot de parade correspond à l’idée d’exhibition, mais aussi à la notion espagnole du mot parada qui signifie retenir. Le forain a en effet, par de courts spectacles d’annonce, le souhait d'appâter un maximum de spectateurs devant sa baraque : que ce soit par de la musique, de la danse, des jeux ou des divertissements. Pour accentuer l’effet d’annonce, le bonisseur travaille parfois avec la complicité de barons présents dans l’assemblée qui ne manquent pas d’enchérir. Il peut également utiliser un faire-valoir comme Pierrot ou Paillasse…
A côté, deux chiens savants dansent ensemble, costumés et imitant le comportement humain, numéros alors très en vogue. Un tsigane est en train de montrer un ours. En dessous, un marionnettiste présente Polichinelle à son jeune public ; suivi d’un jeu de bague où les femmes sont installées dans des fauteuils et les hommes montent à cheval. Enfin, un montreur de vues d’optiques est occupé avec un enfant porté par une jeune femme.

  Interprétation

Souvenir de foire

Cette estampe, support populaire par excellence, est acquise en tant que souvenir durant la foire elle-même par tout un chacun ; elle est destinée à décorer l’intérieur des maisons. Elle est l’écho vulgarisé des gravures sur cuivre ou des motifs de toile de Jouy inspirés des jardins de Tivoli. Dés le XVIIIe siècle, de nombreux jardins à l’anglaise sont inspirés du modèle de la villa d’Este ou des ruines antiques et proposent de divertir l’aristocratie. A Paris, les jardins de Tivoli de Boutin, financier qui avait racheté des terrains près de Saint-Lazare pour aménager un lieu de plaisirs privé, offrent de nombreuses attractions. Tivoli est considéré comme le premier grand parc d’attractions en France. Les parcs aménagés servent de modèles aux futurs parcs d’attractions ambulants qui s’adressent à tous et proposent les dernières modernités : l’illusion optique, l’électricité, le saut en parachute…

Auteur : Valérie RANSON-ENGUIALE


Bibliographie

  • Zeev GOURARIER, Il était une fois la fête foraine... de A à Z, de 1850 à 1950, exposition à la Grande Halle de la Villette, 18 septembre 1995-14 janvier 1996. Paris, éditions RMN, 1995.
  • La belle époque de l’art forain, Catalogue d’exposition au musée municipal de Saint Dié-des-Vosges 19 novembre 1988-22 janvier 1989. Imprimeries municipales, 1988.

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