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Emblème de l'escadrille La Fayette

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Insigne à la tête de Sioux.

© Photo RMN-Grand Palais - C. Jean

Agrandissement - Zoom

Titre : Insigne à la tête de Sioux.

Dimensions : Hauteur 40 cm - Largeur 60 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée national de la Coopération Franco-américaine (Blérancourt) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 85-001717 / Dtc62-5

  Contexte historique

Dès 1914, en dépit de la neutralité affichée des Etats-Unis dans le conflit qui oppose les Alliés aux Empires centraux, de nombreux volontaires américains souhaitent s’engager et lutter contre l’Allemagne aux côtés de la France. Consciemment ou non, ils reproduisent le geste du marquis de La Fayette offrant son aide aux « insurgents » en 1777, lors de la guerre d’indépendance. C’est cette volonté opiniâtre de jeunes citoyens américains qui est à l’origine de la création à Luxeuil-les-Bains, le 20 avril 1916, de l’unité aéronautique N 124, plus connue sous le nom d’Escadrille La Fayette. Composée de pilotes américains au service de l’armée française, elle est placée sous le commandement du capitaine Georges Thénault et de son adjoint le lieutenant de Laage de Meux. Recrutés pour la plupart dans la Légion étrangère ou parmi les ambulanciers bénévoles, ces volontaires apprennent à piloter avant d’être affectés sur des bases situées à une trentaine de kilomètres du front. Ils effectuent des missions quotidiennes aux commandes de Nieuport ou de Spads qui peuvent atteindre 150 à 200 kilomètres/heure et qui sont armés de mitrailleuses pour les escarmouches aériennes. Au cours de ses vingt-trois mois de combat, l’Escadrille La Fayette fera mouvement onze fois, sur neuf terrains différents, des Vosges à la Picardie, pour rester au contact des premières lignes. Les exploits des quarante-trois pilotes de l’escadrille - dont neuf sont morts au combat - entretiennent la légende de cette unité et sont largement commentés dans la presse américaine.

  Analyse de l'image

L’armée de l’air possède une forte identité qui repose sur des traditions nées avec la Première Guerre mondiale. Les drapeaux, fanions et insignes que se transmettent fidèlement les unités constituent toute une symbolique de l’aéronautique militaire et marquent le lien entre les pionniers de la Grande Guerre et les aviateurs d’aujourd’hui.
La nécessité opérationnelle d’identification des appareils conduit à marquer les avions d’insignes d’unités, bientôt adoptés par les aviateurs eux-mêmes : chaque escadrille se reconnaît désormais à une figure qu’elle a choisie et qui devient son emblème. En dehors de toute réglementation, les insignes naissent d’initiatives spontanées, individuelles ou collectives.
Ainsi, en décembre 1916, le capitaine Thénault choisit comme insigne de l’Escadrille La Fayette la tête d’indien séminole, symbole de force, de combativité et de courage. C’est la copie de celle qui, à l’origine, ornait les caisses de fusils Remington. Harold Buckley Willis donne la dernière touche au modèle peint par le mécanicien Suchet et Raoul Lufbery y ajoute la croix gammée, qui était à l'époque un symbole porte bonheur.
La conception de l’insigne n’est donc pas le fruit du hasard, encore moins de la fantaisie : elle est riche de sens. La cigogne, que l’on trouve souvent, rappelle l’un des buts de cette guerre : reprendre l’Alsace. Voler revêtu de la cigogne ou de la croix de Lorraine, c’est déjà se réapproprier les provinces perdues et rendre l’espoir aux compatriotes qui subissent le joug de l’occupation allemande.

  Interprétation

Au début de la Première Guerre mondiale, Blaise Cendrars (1887-1961), un écrivain français d’origine suisse, fit paraître dans la presse un manifeste appelant les étrangers résidant en France à s’engager dans l’armée française. Parmi eux, de jeunes Américains, épris de liberté, habités par l’esprit d’aventure, étaient prêts à en découdre en s’engageant aux côtés de la France, mais les Etats-Unis n’étaient pas encore en guerre contre l’Empire allemand et tout citoyen américain se mettant au service d’une puissance étrangère perdait de facto ses droits et sa nationalité. Sur les conseils de l’ambassadeur des Etats-Unis en France, ces jeunes Américains tournèrent la difficulté en s’engageant dans la Légion étrangère ou dans les services ambulanciers volontaires avant de participer à la guerre aérienne. C’est un jeune Américain de vingt-sept ans, Norman Prince, diplômé de Harvard, qui est à l’origine de l’Escadrille La Fayette. Il souhaitait composer une unité uniquement composée de pilotes américains. Les exploits de cette unité suscitèrent de vives protestations de la part des autorités allemandes qui considéraient que l’existence de cette escadrille « américaine » était la preuve évidente de la rupture de la neutralité des Etats-Unis. C’est pour éviter d’éventuels problèmes avec Washington que l’état-major français décida de baptiser cette unité « Escadrille La Fayette ».
L’Escadrille La Fayette cessa d’exister dans sa forme originale le 18 février 1918. Elle devint alors la N 103, la première escadrille de chasse américaine.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’escadrille N 124 « Sioux » fut intégrée au groupe de chasse 2/5 et combattit aux côtés des unités SPA 167 « Cigognes » et SPA 160 « Diable rouge ».
Devenu l’Escadron de chasse 2/4 le 1er juillet 1947, le groupe « La Fayette » participa aux guerres d’Indochine et d’Algérie. Basé à Luxeuil depuis 1961, l’actuel Escadron de chasse 02.004 « La Fayette » est opérationnel sur Mirage 2000 N depuis 1989.

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • Catalogue de l’exposition présentée à l’Hôtel de Ville de Paris, Le diable, la cigogne et le petit lapin, 1914-1918 - Les aviateurs inventent une héraldique nouvelle, Paris, 2004.
  • Jean GISCLON, Chasseurs au groupe La Fayette, 1916-1945, Nel, Paris, 1997.
  • Jean GISCLON, Les As de l’Escadrille La Fayette, Hachette, Paris, 1976.
  • Jean GISCLON, L’Escadrille La Fayette, de l’Escadrille La Fayette au La Fayette Squadron, 1916-1945, France Empire, Paris, 1975.
  • « L’Escadrille La Fayette », in Revue Icare n° 158 (1996) et n° 160 (1997).
  • Lieutenant colonel Georges THÉNAULT, L’Escadrille La Fayette, de l’histoire à la légende (avril 1916 - janvier 1918), Hachette, Paris, 1939.
  • Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

Commentaires

Harold Buckley Willis donne la dernière touche au modèle peint par le mécanicien Suchet et Raoul Lufbery y ajoute la croix gammée, emblème de la lutte contre les Allemands..?

En 1916 la croix gammée n'existait pas ,les swasticas peintent sur les fuselages n'avaient d'autre signification que celle d'un porte bonheur comme le tréfle à quatre feuilles .

Je pense donc qu'il y a comme une erreur dans votre interprétation sur ce symbole .
Baloune
Par Baloune le 30/01/12 à 18h33 - #517
Bonjour,
Effectivement, la croix gammée sur le drapeau est un symbole porte bonheur.
Merci pour œil avisé !
Nous allons très vite corriger cette erreur.
Merci encore et à bientôt!

Anne-Lise
Histoire-image
Par Histoire-image le 01/02/12 à 11h57 - #529

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