Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Metropolis.

© BPK, Berlin, Dist RMN-Grand Palais - Photographe inconnu

Agrandissement - Zoom

Titre : Metropolis.

Lieu de Conservation : Stiftung Deutsche Kinemathek (Berlin (Allemagne)) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 07-515915

  Contexte historique

Metropolis une superproduction de la UFA

Au milieu des années 20, Erich Pommer, le directeur des studios de la UFA à Berlin, accorde au cinéaste allemand le plus important du moment, Fritz Lang, des moyens considérables pour qu’il fasse un film capable de rivaliser avec les grosses productions américaines. Tourné de mai 1925 à octobre 1926, à partir d’un scénario de Thea von Harbou, il s’agit d’un récit de science-fiction où, dans une société futuriste, fortement mécanisée, les hommes vivent et travaillent dans des souterrains, réduits à l’état d’esclaves, exploités par une poignée de nantis. Ce projet très amitieux aux imposants décors modernistes, reconnu aujourd’hui comme un classique du cinéma, fut à l’époque un échec commercial.

  Analyse de l'image

Le savant et son double

Cette photographie représente le savant fou (joué par Rudolf Klein-Rogge), employé par le maître de la cité infernale de Metropolis, avec le robot qu’il a créé et auquel il va donner l’apparence de Maria (Brigitte Helm), sorte de messie du peuple, afin de contrôler la masse des opprimés soulevés. La belle lumière contrastée de cette photographie est caractéristique des éclairages utilisés dans le cinéma expressionniste allemand du début des années 20. Avec le clair-obscur, les jeux d’ombres prononcées, c’est toute une plastique de l’espace scénique qui s’impose alors pour traduire les angoisses et les inquiétudes liées au traumatisme qui secoua les fondements de la société allemande après la défaite de 1918. Cette technique contribue à accentuer ici la dimension maléfique de l’action du savant fou.

  Interprétation

Femme-robot-agitatrice

Sur le plan esthétique, le film est très influencé par certaines tendances artistiques contemporaines : on pourrait ainsi comparer le robot humanoïde de Lang avec la « Tête mécanique : l’esprit de notre temps » de Raoul Hausmann datant de 1919. Cette femme-robot-agitatrice a quelque chose du personnage de Cesare, dans Le cabinet du Dr Caligari (Robert Wiene, 1919), somnambule utilisé comme une marionnette par un bateleur de fête foraine pour commettre des meurtres. Dans les deux cas, comme l’a souligné l’historien Kracauer, les savants incarnent indirectement le militarisme démesuré et destructeur du gouvernement du Reich pendant le premier conflit mondial, tandis que la servitude de Cesare et de la masse des ouvriers renvoie à l’attitude du peuple allemand qui a été manipulé par ce pouvoir autoritaire. Mais Metropolis se termine sur une fin heureuse : les insurgés trouvent un compromis avec le maître de la cité et tout rentre dans l’ordre. La morale de cette fable moderne (réconciliation réformiste et chrétienne entre le capital et le travail), qui nous semble rétrospectivement naïve, était finalement en phase avec l’idéologie conformiste du régime politique du temps, la République de Weimar.

Auteur : Laurent VÉRAY


Bibliographie

  • Lotte EISNER, Fritz Lang, Paris, Cahiers du cinéma, 1984.
  • Tom GUNNING, The Films of Fritz Lang, London, Britsh Film Institut, 2001.
  • Siegfried KRACAUER, De Caligari à Hitler. Une histoire du cinéma allemand 1919-1933, Paris, Flammarion, 1987.

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