© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi
Titre : Collier et paire de boucles d'oreilles.
Auteur : François-Regnault NITOT (1779-1853)
Date de création : 1810
Date représentée : 1810
Technique et autres indications : Brillant, émeraude.
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-503784 / OA12155;OA12156
Pour assurer sa descendance, Napoléon Ier prend en 1810 une nouvelle épouse, l’archiduchesse Marie-Louise, fille de l’empereur d’Autriche et petite-nièce de Marie-Antoinette. Ce choix a pour but la paix avec l’Autriche et l’affiliation à une dynastie d’Ancien régime. Parmi les cadeaux de mariage, figure cette œuvre de grande joaillerie. La joaillerie - l’art de mettre en valeur les gemmes - n’est qu’un segment de la gamme de la bijouterie mais elle se remarque par la valeur des matériaux qu’elle emploie et l’éclat particulier de ses produits. Les bijoux de grand apparat sont toujours des joyaux.
Cette parure de 1810 présente une qualité caractéristique de la période. Durant le Directoire et le Premier empire, la production française de joaillerie se distingue par l’excellence de la conception et de l’exécution. Le bijoutier Eugène Fontenay (1824-1887) l’explique par le travail « d’habiles ouvriers, qui ressuscitent la tradition du XVIIIe siècle ». Cette école du début du XIXe siècle est dominée par Jean-Baptiste Fossin, alors chef d’atelier de Nitot.
Ce collier et ces boucles d’oreille sont, comme le peigne et le diadème assortis, ornés de diamants et d’émeraudes. La taille conséquente des pierres et l’aspect majestueux de l’ensemble destinent cette parure à la figuration officielle, lors des cérémonies et sur les portraits.
Cette œuvre correspond à la définition de la joaillerie classique par Eugène Fontenay : forme « simple » et dessin « tranquille » mais « grandeur » et « distinction ». La seule fantaisie tient aux palmettes d’inspiration antique : le Premier empire a beaucoup employé en art de propagande ce style qui réinterprète l’Antiquité. La monture d’argent est typique de la grande joaillerie au XIXe siècle. Le métal clair est considéré comme « la matière dont le vif se marie le mieux à l’éclat de la pierre » (Oscar Massin, Rapport du jury international à l’Exposition universelle de 1889, 1891)
Les ornements de grand apparat sont traditionnellement des attributs du pouvoir. Le décorum royal ne peut s’en passer. Les Bonaparte les ont largement utilisés, plus que les autres souverains du XIXe siècle. Le Second empire s’est distingué dans ce domaine, à l’exemple du Premier empire, qui a effectué de nombreuses dépenses somptuaires « en appui de l’autorité politique » écrit le peintre Eugène-Oscar Lami (Dictionnaire de l’industrie et des arts industriels, 1881). L’utilisation symbolique des joyaux est « manifeste dans le tableau du sacre impérial par David. »
Le créateur de cette parure, François-Regnault Nitot, hérite en 1809 de la maison de joaillerie de son père, fournisseur de l’Empereur. Leur succès ne survit pas à l’empire. Le bonapartiste Nitot refuse de servir la Restauration et Jean-Baptiste Fossin, son ancien chef d'atelier, reprend l’affaire en 1815. Le successeur des Fossin a pour gendre Joseph Chaumet, qui dirige l’entreprise à partir de 1885.
Auteur : Jacqueline VIRUEGA