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Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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L'armée française au cœur de la conquête de l'Algérie

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Le Passage des Bibans ou Le Passage des Portes de Fer (octobre 1839).

© Photo RMN-Grand Palais - T. Le Mage

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Titre : Le Passage des Bibans ou Le Passage des Portes de Fer (octobre 1839).

Auteur : Adrien DAUZATS (1804-1868)
Date de création : 1853
Date représentée : octobre 1839
Dimensions : Hauteur 170 cm - Largeur 115 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Palais des Beaux-Arts de Lille (Lille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 03-013711 / Inv.P.441;FNACinv.PFH.102

  Contexte historique

La conquête de l’Algérie.

La conquête de l’Algérie débute en juin 1830 : les troupes françaises, dirigées par le Comte de Bourmont, débarquent à Alger. L’armée est confrontée à une rébellion menée par des chefs de tribu influents, parmi lesquels l’émir Abd El Kader, qui se lancent dans une guerre sainte appelant les fidèles au Djihad. Une guérilla s’installe dans différentes régions du pays et il faut attendre 1837 et le Traité de Tafna signé par le Lieutenant Général Bugeaud pour que la situation se stabilise.
Ce répit se révèle de courte durée puisque Louis-Philippe décide de mener une opération en direction du Constantinois. Celle-ci conduit l’armée à passer par l’étroit défilé des Portes de Fer (ou Passage des Bibans) au sud de la Petite Kabylie. Adrien Dauzats se saisit d’un épisode épique, le passage des Portes de Fer, un défilé propice aux embuscades que même les légions romaines avaient hésité à franchir. Ce peintre s’était rendu en Egypte, en Palestine et en Algérie au cours de multiples voyages. Dans la mouvance picturale orientaliste, il associe témoignage historique et vision esthétique d’une nouvelle terre que la France est en train de dominer

  Analyse de l'image

Une armée perdue en territoire hostile.

Ce tableau est construit sur un contraste : le gigantisme du monde minéral illustré par l’escarpement des falaises face à la fragilité d’une troupe armée qui semble à la merci d’un milieu hostile.
Adrien Dauzats a représenté le paysage en insistant sur l’inhospitalité de la région : aucun élément végétal n’adoucit la dureté de la roche. Les falaises sont inaccessibles en raison de leur verticalité et de leurs aspérités. La seule solution pour la troupe consiste à traverser le passage dont le peintre par un jeu d’ombre et une étroitesse accentuée ne laisse entrevoir aucune issue. Malgré la forte dénivellation, l’ombre est peu présente dans le défilé : ainsi l’artiste suggère que le soleil est proche du zénith. Le drapeau fixe témoigne d’une absence totale d’air dans la passe. A la dureté du paysage vient se greffer la chaleur du climat qui rend l’expédition plus périlleuse
Cette hostilité est marquée par l’attitude des soldats. Ils viennent de faire une pause, de prendre un répit avant l’entrée dans l’inconnu : alors que l’avant-garde a déjà pénétré dans le passage, les derniers de la troupe, assez lourdement chargés, se préparent à les suivre de manière disciplinée. L’officier en chef au premier plan surveille le déroulement de la manœuvre en compagnie d’un personnage vêtu à l’orientale. Les Français sont aidés dans leur entreprise par des indigènes paraissant, en raison de leur tenue vestimentaire, issus de catégories sociales assez privilégiées.

  Interprétation

Une vision à posteriori d’un épisode héroïque de la conquête de l’Algérie.

Entre le passage des Portes de Fer par les troupes du Général Valée en 1839 et la réalisation de ce tableau, une période de quasiment 15 ans s’est écoulée. En 1853, Napoléon III s’est résolu à encourager la conquête sous l’influence du Maréchal Randon, nouveau gouverneur général d’Algérie. Le temps du « boulet algérien » est révolu pour l’Empereur, il convient de célébrer les succès en les immortalisant par des œuvres comme celle-ci.
Sans présenter d’actions héroïques, le peintre parvient à mettre en valeur l’armée française puisque les troupes n’ont pas hésité à franchir un obstacle dangereux. Ce contingent, relativement peu nombreux et donc vulnérable, se livre à une action décisive. Puisque l’Algérie est en passe de devenir française, l’armée en est la principale responsable car elle a su avec courage se confronter aux situations extrêmes.
La vision donnée de l’Algérie dans ce tableau est empreinte d’une certaine fascination. Les paysages durs, le climat hostile sont mis en relief. La présence d’Algériens aux côtés des Français permet de montrer un peuple qui a soutenu ses conquérants. D’après ce tableau, la prise de contrôle de l’Algérie par la France se limiterait donc à une épopée au cours de laquelle l’armée aurait surmonté les rudesses du milieu avec l’aide des indigènes. Cette vision doit être nuancée puisque si quelques chefs locaux ont aidé la France de nombreuses rébellions ont vu le jour contre la domination coloniale.

Auteur : Vincent DOUMERC


Bibliographie

  • Francine DESSAIGNE, Bordj Bou Arreridj : l’insurrection de 1871, Paris, Editions de l’atlanthrope, 1989.
  • Jacques FREMEAUX, La France et l’Algérie en guerr, 1830-1870, 1954-1962, Paris, Economica, 2002.
  • Marion VIDAL-BUE, l'Algérie des peintres - 1830-1960, Editions Paris-Méditerranée, 2002.

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