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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Vivant Denon (1745-1825), du Museum central des Arts au Musée Napoléon

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Le baron Vivant Denon dans son bureau, au milieu de sa collection.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

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Titre : Le baron Vivant Denon dans son bureau, au milieu de sa collection.

Auteur : René Théodore BERTHON (1776-1859)
Dimensions : Hauteur 47.3 cm - Largeur 31.4 cm
Technique et autres indications : Lithographie de Jean-Baptiste MAUZAISSE (1784- 1844), d’après René Théodore BERTHON.
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 97-026494

  Contexte historique

Forteresse édifiée à partir de 1190 sur l’ordre de Philippe Auguste pour protéger la capitale, le Louvre ne devient une résidence royale à part entière - après de profondes transformations - que sous le règne de François Ier et ce, jusqu’en 1682, date à laquelle Louis XIV décide de transférer la Cour à Versailles. En 1768, le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du Roi, propose à Louis XV de faire un musée de l’ancien palais royal laissé à l’abandon depuis près d’un siècle. En 1776, son successeur, le comte d’Angiviller, est chargé d’élaborer un projet visant à en faire un musée permanent, projet qui n’aboutira véritablement qu’avec la Révolution. Le Museum central des Arts est en effet inauguré le 10 août 1793. Il est avant tout conçu comme un lieu de formation pour les artistes qui seront les seuls, jusqu’en 1855, à pouvoir y entrer la semaine, le public n’y étant admis que le dimanche. En 1803, le musée, enrichi des saisies napoléoniennes effectuées dans les pays conquis, prend le nom de Musée Napoléon. Dominique Vivant Denon en est le premier directeur. En 1810, l’Empereur envisage la réunion du Louvre aux Tuileries et en confie la réalisation aux architectes Percier et Fontaine. La chute de l’Empire compromet l’exécution de cet ambitieux projet qui sera repris par Visconti, puis par Hector-Martin Lefuel, sous le Second Empire. Emilien de Nieuwerkerke, Surintendant des Beaux-Arts de Napoléon III, donne alors au Musée du Louvre une extension considérable. Avec l’appui de l’Empereur, il s’engage dans une active politique d’acquisitions d’œuvres d’art. En 1861, il achète notamment la célèbre collection du marquis Campana di Cavelli pour la coquette somme de 4 300 000 francs de l’époque. Il doit augmenter le nombre des salles d’exposition : il y en avait 19 sous Napoléon Ier, 89 sous Louis-Philippe; il y en a 132 sous Napoléon III. Il préfigure ainsi la réalisation du Grand Louvre engagée dès septembre 1982 sous l’impulsion de François Mitterrand, un Grand Louvre qui ne se réduit pas à la Pyramide de la cour Napoléon conçue par l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei, mais qui permet une redistribution des collections qui doublent presque leur surface grâce aux espaces libérés sur la rue de Rivoli par le Ministère des Finances.

  Analyse de l'image

Réalisée à partir d’une œuvre de René Théodore Berthon (1776-1859), cette lithographie de Jean-Baptiste Mauzaisse représente Dominique Vivant Denon debout dans son bureau du Louvre, au milieu de sa collection personnelle. Déjà âgé, l’homme est encore très droit et a fière allure dans son habit sombre d’une élégante sobriété. Une intense satisfaction se lit sur son visage souriant. Au fond de la pièce, sur un meuble vitré regorgeant d’objets d’art de toutes les époques, une statuette représentant un chien allongé voisine avec une tête momifiée protégée par un globe de verre. Avec la statue posée sur le sol, ces deux objets ont vraisemblablement été ramenés lors de l’expédition d’Egypte de 1798. Le vase grec à droite du personnage et la statuette de Zeus olympien à sa gauche témoignent du goût de Vivant Denon pour l’art grec antique. Néanmoins, c’est l’éclectisme qui domine dans cette collection constituée par le premier directeur du Musée du Louvre.

  Interprétation

La personnalité de Dominique Vivant Denon (1745-1825) est éminemment complexe. Ecrivain, peintre, graveur, collectionneur éclectique, diplomate-espion, il est très tôt remarqué par Louis XV qui lui attribue la charge de gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi et la direction du cabinet de pierres gravées de la marquise de Pompadour. Des missions pour le Compte des Affaires étrangères le conduisent ensuite en Russie, en Suède, en Suisse et à Naples. Sous Louis XVI, il est admis en tant que graveur à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Son habileté, sa compétence et ses relations lui permettent de rester en grâce pendant la tourmente révolutionnaire et en 1798, il est le plus âgé des 160 artistes et savants qui participent avec Napoléon Bonaparte à l’expédition d’Egypte. Lorsque Vivant Denon est nommé à la tête du Museum central des Arts le 19 novembre 1802, celui-ci était administré depuis 1793 par un conservatoire essentiellement composé d’artistes et de nombreuses plaintes s’élevaient contre sa mauvaise gestion. Il conserve néanmoins les principaux membres de l’administration. L’architecte Léon Dufourny assure la conservation des tableaux; Visconti et Morel d’Arleux conservent respectivement la garde des Antiques et celle des dessins. Denon n’est pas seulement le premier directeur du Louvre : il gère également, entre autres, le Musée des Monuments français, les galeries des palais de l’Empereur, les manufactures de Sèvres, de Beauvais et des Gobelins. Sa préoccupation majeure est de trouver de nouveaux espaces d’exposition pour des collections qui ne cessent de s’accroître : aux collections royales, qui sont à l’origine du musée, se sont ajoutées les saisies opérées chez les émigrés et dans les pays conquis par les armées révolutionnaires, en Belgique et en Italie notamment. Pour le compte de l’Empereur, il multiplie les commandes aux artistes et en surveille attentivement l’exécution, les délais de réalisation, ainsi que leur prix, source de conflit avec des peintres comme David, Gérard ou Isabey. L’appétit de Vivant Denon dépasse de loin les capacités d’absorption du Louvre, mais ne veut-il pas faire du Musée Napoléon « le plus bel établissement de l’univers » ?

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • La jeunesse des Musées. Les Musées de France au XIXe siècle, catalogue de l’exposition du Musée d’Orsay, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, Paris, 1994.
  • Christiane AULANIER, Histoire du palais et du musée du Louvre, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, Paris, 1948-1971.
  • Yveline CANTAREL-BRESSON, La naissance du Musée du Louvre. La politique muséologique sous la Révolution d’après les archives des Musées nationaux, Paris, Rmn, 1981.
  • Philippe SOLERS, Le Cavalier du Louvre, Vivant Denon, Plon, Paris, 1995.

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