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Désastre de Sedan.

© Photo RMN-Grand Palais - Bulloz

Agrandissement - Zoom

Titre : Désastre de Sedan.

Auteur : ANONYME
Date représentée : 31 août 1870
Technique et autres indications : Sous-titre : L'ex-Empereur Napoléon III se fait prendre à Sedan et livre aux Prussiens une armée française de 80.000 hommes.
Lieu de Conservation : Musée Carnavalet (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01-022332

  Contexte historique

De l’empereur plébiscité au vieillard impuissant

Charles Louis Napoléon Bonaparte, dit Napoléon III (1808-1873) est un neveu de Napoléon Ier. Aventurier politique, il devient dans les années 1830 le recours du parti bonapartiste et tente plusieurs fois, sans succès, de s’emparer du pouvoir. Sa vision sociale est marquée par une attention réelle portée au peuple, vision que son installation aux affaires viendra souvent démentir par la suite. Pendant l’été 1848, il devient député avant d’organiser le coup d’État du 2 décembre 1851. Usuellement, le second Empire est divisé en trois phases : empire autoritaire (1852-1860), empire libéral (1860-1869) et empire parlementaire pour les derniers temps (1869-1870). Cette période se caractérise dans son ensemble par un pouvoir personnel fort, assis sur des plébiscites réguliers et largement favorables à sa personne, jusqu’en mai 1870. Les libertés publiques ne sont toutefois guère à l’honneur, comme le rappellent l’exil de Victor Hugo et le musèlement de la presse. Aidé par une conjoncture économique internationale favorable, le régime entretient néanmoins une prospérité certaine, entreprenant de grands travaux urbains (Haussmann) et ferroviaires. Le tournant libéral se marque par exemple par l’autorisation du droit de grève et de coalition (1864), ou le droit de réunion (1868). Enfin, sur le plan militaire, si les années 1850 sont marquées par des succès en Crimée et en Italie, la décennie suivante est celle d’un crescendo de revers. L’aventure malheureuse de l’expédition mexicaine (1861-1867) annonce à ce titre la « débâcle », selon l’expression d’Émile Zola, de 1870.

  Analyse de l'image

Un pesant cortège

L’estampe présentée est une production culturelle typique de l’époque, mêlant texte et illustration très descriptifs en rapport avec un événement, et diffusé notamment par le biais du colportage.

Le décor est planté avec quelques arbres de la forêt ardennaise qui servent de cadre à une scène inaccoutumée, celle d’un empereur passant en calèche au milieu de ses troupes, escorté de cavaliers ennemis. Ces derniers sont prussiens, comme le montre l’aigle caractéristique qui somme le casque. Dans son carrosse siglé du « N » impérial, l’ex-Napoléon III va rejoindre le roi de Prusse Guillaume Ier, devant qui il a dû capituler lors de la bataille de Sedan (2 septembre). Son bras nonchalamment levé pour tenir son cigare n’a rien d’un salut altier à ses troupes, fort peu chaleureuses à son égard. En effet, comme l’indique le commentaire qui accompagne la gravure et non visible sur l’image, « sur son passage […] plus de cris Vive l’Empereur, [mais] au contraire, le mépris et une rage concentrée […] les officiers tournaient le dos et les soldats contenaient avec peine leur colère devant l’auteur […] de si grands désastres ». Les regards et les attitudes accusent le souverain vaincu comme le montrent les soldats qui lui tournent le dos, l’hostilité de ceux qui le regardent et le soldat de cavalerie, médaillé, sans cheval, qui pointe le doigt dans sa direction.

Au premier plan, le cadavre d’un cheval sur lequel gît un soldat mort étaye fortement l’impression sinistre laissée par l’ensemble. Le champ de bataille figuré à l’arrière-plan est encore fumant, et le boulet à demi enfoncé dans le sol près d’une roue de l’attelage évoque l’âpreté des combats. La tragédie est en effet complète, car si l’empereur est prisonnier, la guerre n’est pas pour autant finie. Sur le chemin d’un exil de châtelain cossu, l’ex-Napoléon III, le même qui proclamait à Sedan son désir de mourir au milieu de ses hommes, abandonne ces derniers à leur triste sort de captifs en masse, ainsi que l’indique le sous-titre du document.

  Interprétation

La France en 1870 : désenchantement et refondation

La reddition officialisée, Louis Napoléon Bonaparte connaît des conditions de détention plutôt avantageuses. Il est dirigé vers le château de Wilhelmshöhe, en Westphalie, qu’il gagne par la Belgique « peut-être pour ne pas rencontrer les colonnes de ses soldats captifs » (Louis GIRARD, Napoléon III, p. 485). Ruminant sa défaite, il s’estime victime d’un complot et songe vaguement à un retour autorisé, croit-il du moins pendant quelques temps, par sa popularité persistante en France. Mais les républicains tiennent désormais la barre, et c’est avec eux que Bismarck négocie une paix léonine, celle du traité Francfort. Sa capture le dénude en définitive de tous les atours de son pouvoir, révélant la fragilité de celui-ci – que l’on songe, à l’inverse, à François Ier revenant sur son trône après son emprisonnement consécutif à la bataille de Pavie (1525-1526). Il ne reste plus au dernier des Bonaparte qu’à aller s’établir dans un cottage près de Londres, où il meurt quelques mois plus tard, laissé sur la touche de l’histoire. Cette dernière continue sans lui, reflétant le poids tout relatif des « grands hommes » sur le cours des choses. Il faut par suite faire remarquer que la date de 1870 constitue un tournant dans l’histoire politique de la France qui renoue alors avec la République. Mais l’impact de l’événement est peut-être plus fort encore outre-Rhin, où les menées d’une diplomatie guerrière trouvent alors le couronnement de plusieurs années de « sang et de fer », selon l’adage bismarckien. L’Empire allemand, le IIe Reich est en effet proclamé à Versailles le 18 janvier 1871, singulier retour des choses puisque le Saint-Empire romain germanique avait été aboli par Napoléon Ier en 1806. En quelques mois, c’est tout l’équilibre européen qui se trouve ainsi durablement remanié.

Auteur : François BOULOC


Bibliographie

  • Louis GIRARD, Napoléon III, Paris, Fayard, 1986.
  • Général comte de MONTS, La Captivité de Napoléon III en Allemagne, Paris, Lafitte, 1910.
  • François ROTH, La Guerre de 1870, Paris, Fayard, 1990.

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