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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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La Statue de la Liberté

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La liberté éclairant le monde.

© Photo RMN-Grand Palais - T. Ollivier

Agrandissement - Zoom

Titre : La liberté éclairant le monde.

Auteur : Frédéric Auguste BARTHOLDI (1834-1904)
Date de création : 1885
Technique et autres indications : Terre cuite
Lieu de Conservation : Musée national de la Coopération Franco-américaine (Blérancourt) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-007712 / MNB926

  Contexte historique

L’amitié franco-américaine en point de mire

Un siècle après le soutien décisif apporté par les Français de Rochambeau et Lafayette aux Insurgents américains, les Français décident d’accomplir un geste fort pour commémorer le centenaire de l’indépendance de 1776. Edouard Laboulaye, fin observateur de la vie politique américaine et partisan décidé de l’Union face aux Confédérés, est l’initiateur de ce projet, né en 1870 et confié à son ami sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi. En France, le Second Empire s’étiole alors et chute bientôt sans gloire face aux Prussiens ; la République est établie, mais timidement, sans trop y croire en elle-même. Les Etats-Unis, quant à eux, sont en plein essor après cinq années de guerre civile, connue en France sous le nom de guerre de Sécession (1861-1865). « La Liberté éclairant le monde » est censée non seulement consolider les liens historiques entre Français et Américains, mais surtout rappeler le triomphe des idées des Lumières par la double révolution aux Amériques et en France. Bartholdi imagine dès 1871 implanter la Statue de la Liberté sur l’île Bedloe, dans la baie de New York. Elle aura le visage tourné vers l’Europe, en souvenir de la traversée depuis les Etats-Unis des principes désormais réalisés de liberté personnelle et collective. La Statue joue donc un rôle symbolique important dans l’acclimatation du régime républicain en France.

  Analyse de l'image

Œuvre d’art et prouesse technique

La version réduite de la statue, en terre cuite, conservée au musée de Blérancourt est sans doute une réplique d’époque (1885) de la première pièce réalisée en 1870 par Bartholdi (1834-1904). Le débat a porté à l’époque sur le visage choisi par l’artiste comme modèle : une femme de sa connaissance (la veuve d’Isaac Singer ?), sa propre mère, une jeune fille aperçue sur une barricade érigée contre le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte en 1852 ? Bartholdi a laissé planer le doute. L’œuvre frappe justement par la sévérité du visage, presque désincarné, surplombé de sa couronne en pointe. Les drapés superposés et la torche tenue à bout de bras représentent eux un véritable défi technique – qui, autant que le retard du financement, expliquent que la Statue ne fut finalement inaugurée que le 28 octobre 1886.
L’huile peinte par Victor Dargaud (vers 1850-1913), quoique de dimensions assez réduites, démontre à elle seule la taille de l’entreprise. La structure métallique servant de support à l’habillage en cuivre fut confiée à Gustave Eiffel, déjà connu pour la réalisation d’infrastructures, et bientôt mondialement célèbre pour sa Tour dressée dans le ciel parisien en 1889. La silhouette fixée autour d’un pylône d’acier assemblé se détache sur un décor typique à la fois de la capitale haussmannienne (immeuble de gauche) et du Paris plus ancien (commerce de vins à droite). La rue de Chazelles, située dans le XVIIe arrondissement derrière le parc Monceau, est écrasée par la hauteur colossale du monument (46 mètres).
La photographie prise par Eugène Flamand dans les ateliers de la firme Monduit met en scène ce gigantisme en ramenant à l’échelle humaine la taille de la main à la torche. Cette partie de la Statue crève littéralement le toit, aspirant le regard vers elle et vers le haut. On distingue sur la gauche le plâtre ayant servi de moulage pour la main elle-même : le premier plâtre s’était brisé en mars 1876, preuve des soucis techniques inédits. Un modèle réduit du moulage, au second plan, donne une idée de la progression du travail dans l’atelier. Les ouvriers à l’ouvrage sont sans doute dans la phase de réglage de l’assemblage et de polissage du cuivre, avant que le tout ne soit démonté pour être transporté aux Etats-Unis dans pas moins de 210 caisses.

  Interprétation

La Statue des symboles

La Statue de la Liberté, assez massive dans l’ensemble, tient en équilibre grâce au mouvement des jambes imprimé par le sculpteur. Allégorie s’il en est, elle recèle de nombreux symboles. Les sept pointes de sa couronne seraient soit les continents, soit les océans – et figurent donc le monde. Les tablettes tenues sur le bras gauche portent l’inscription de la date de l’indépendance, le 4 juillet 1776, et correspondent au triomphe du droit. La flamme rappelle quant à elle les Lumières, et par conséquent l’exigence de liberté qui marquait cette pensée. Les chaînes brisées à ses pieds sont celles de l’esclavage, dont la pratique a lié négociants et agriculteurs des deux nations durant deux siècles.
Les œuvres autour de la Statue ont abondé dès l’époque de sa réalisation : elle était un phénomène artistique, intellectuel et technique à la fois, suscitant l’admiration et attirant les foules. Il a fallu pas moins de cinq années pour réunir en France et aux Etats-Unis les sommes nécessaires à son achèvement, par l’intermédiaire de grandes campagnes nationales de souscription et de véritables événements forains. La tête est présentée au Champ de mars, lors de l’Exposition universelle de 1878. La main à la torche l’est à l’exposition du Centenaire, à Philadelphie, à l’automne 1876 : les visiteurs pouvaient déjà accéder au balcon autour de la torche, moyennant 50 cents.
En 1886, au moment de l’inauguration officielle, la République est définitivement installée en France, consacrant le triomphe des idées républicaines de l’Alsacien Bartholdi.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • Robert BELOT, Daniel BERMOND, Bartholdi, Paris, Perrin, 2004.
  • Marie-Sophie CORCY, Nathalie VU HONG, Lionel DUFAUX, La Statue de la Liberté : Le défi de Bartholdi, Paris, Gallimard, 2004.
  • Bertrand LEMOINE, La Statue de la Liberté, Belgique, Mardaga, 1995.

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