Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Guerre 14-18 (90 études)

Intérieur de la cathédrale d'Arras en ruines.
Intérieur de la cathédrale d'Arras en ruines.
Fernand SABATTE

Hors-série franco-allemand (32 études)

Ansicht vom Hof der Sorbonne.
Ansicht vom Hof der Sorbonne.

Découvrez aussi

Bismarck, le chancelier de fer

Voilà ce diable de MICMAK [...]
Voilà ce diable de MICMAK [...]

L'exécution du duc d'Enghien

Meurtre du duc d'Enghien.
Meurtre du duc d'Enghien.

Innovation dans l'armement par les soldats

Soldats lançant des grenades depuis une tranchée de la Wöevre.
Soldats lançant des grenades depuis une tranchée de la Wöevre.

Retour à la nature

Moine au bord de la mer.
Moine au bord de la mer.
Caspar David FRIEDRICH

Dans la ligne Maginot

Dans la ligne Maginot.
Dans la ligne Maginot.
Louis-Joseph SOULAS

L'exposition d'art dégénéré en 1937

Exposition
Exposition "Entartete Kunst " (art dégénéré) au "Galeriegebäude am Münchener Hofgarten".

Les enfants dans la guerre de 1914-1918

Les ignobles otages.
Les ignobles otages.
Francisque POULBOT

Les troupes coloniales au service de la patrie

Sar Amadou, Wolof classe 1900, du Septième régiment à Ballersdorf (Haut-Rhin), 22 juin 1917.
Sar Amadou, Wolof classe 1900, du Septième régiment à Ballersdorf (Haut-Rhin), 22 juin 1917.
Paul CASTELNAU

La révolte des tisserands

Misère.
Misère.
Käthe KOLLWITZ

Napoléon III et le général Trochu

Napoléon III et Louis Trochu.
Napoléon III et Louis Trochu.
Faustin Betbeder, dit FAUSTIN

Caricature et propagande

commentaires 0 commentaire commentaires
La civilisation européenne.

© BPK, Berlin, Dist RMN-Grand Palais - Photographe inconnu

Agrandissement - Zoom

Titre : La civilisation européenne.

Auteur : Arthur JOHNSON (1874-1954)
Date représentée : 1916
Technique et autres indications : « Die Zivilisierung Europas ». Caricature tirée du journal « Kladderadatsch », n° 30, paru le 23 juillet 1916.
Lieu de Conservation : Staatsbibliothek (Berlin) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-505058

  Contexte historique

Le siècle de la presse

En France, en 1848, à la suite de la révolution de Février et grâce à l’abolition de la censure, Le Charivari connaît une seconde jeunesse. À Berlin, la guerre civile de mars 1848 engendre son équivalent allemand, le journal humoristique et conservateur Kladderadatsch (« patatras » en français), fondé par Albert Hofman et David Kalisch, qui devient peu à peu partie intégrante de la vie politique et littéraire. Vers 1890, celui qui se définit comme « le seul gérant de la masse des lecteurs de journaux » tire à 50 000 exemplaires. Au début du XXe siècle, les journaux satiriques jouent toujours un rôle primordial : ils sont le miroir de l’opinion. Pendant la Première Guerre mondiale, la caricature prend un ton résolument polémique, agressif, et alimente la propagande contre l’ennemi. À travers elle, les dessinateurs allemands et français créent une image outrée, parfois grossière, voire grotesque, du « pays voisin », qui imprègne durablement l’imaginaire collectif des deux peuples.

  Analyse de l'image

La caricature au service de la propagande

Au début du XXe siècle, Kladderadatsch se fait doubler par Simplicissimus et par Der wahre Jakob. À partir de 1909, Gustav Brandt et l’artiste germano-américain Arthur Johnson deviennent les auteurs et dessinateurs leaders du journal qui, dès 1914, apporte son soutien à l’effort de guerre. Le 1er juillet 1916 débute l’offensive anglo-française sur la Somme, une des plus sanglantes batailles de la guerre de 1914-1918, qui laissa de nombreux jeunes soldats, engagés volontaires, sur le champ de bataille. Le Kladderadatsch du 23 juillet 1916 évoque cet épisode à travers une de ses cibles privilégiées : le personnage du tirailleur sénégalais. Animé de soubresauts comme s’il se livrait à une danse macabre, le soldat, engagé dans les rangs adverses, s’est mû en un être sanguinaire qui, en lieu et place du havresac réglementaire, porte le crâne d’un ennemi. Bouche et mâchoires proéminentes, anneau dans le nez, collier de dents autour du cou : c’est un cannibale. Seuls subsistent de l’uniforme régulier un porte-épée à baïonnette et la culotte garance.

  Interprétation

La « force noire »

À la veille de la Première Guerre mondiale, les rivalités coloniales entre la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont très vives. Tandis que les deux premiers se partagent de nombreuses régions d’Asie et surtout d’Afrique, l’Allemagne crée un empire moins vaste. Lorsque la guerre éclate, les armées française et britannique disposent de centaines de milliers d’« indigènes » coloniaux mobilisés et acheminés sur les théâtres d’opérations.
Créé en 1857, le corps des tirailleurs recrute dans l’ensemble de l’Afrique-Occidentale française. Le discours républicain les présente comme des modèles de l’assimilation civilisatrice. Ils sont la « force noire » prônée par Mangin et Jaurès. Or l’Allemagne voit dans le recours aux soldats d’Afrique, qu’elle considère comme des sauvages, une preuve de la barbarie française. En France en revanche, les tirailleurs sénégalais fascinent le public. En 1915, la marque de cacao Banania a placé sur ses boîtes la figure d’un jovial tirailleur sénégalais coiffé de l’emblématique chéchia rouge à pompon.
À la fin de la guerre, près de 600 000 tirailleurs avaient été recrutés et 430 000 engagés sur divers fronts. 82 000 y perdirent la vie.

Auteur : Emmanuelle GAILLARD


Bibliographie

  • Eugène-Jean DUVAL, L’épopée des tirailleurs sénégalais, Paris, L’Harmattan, 2005.
  • Jacques LETHEVE, La caricature et la presse sous la IIIe République, Paris, Armand Colin, 1961.
  • Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page