© Photo RMN - Bulloz
Titre : Le port de Marseille au coucher du soleil.
Auteur : Félix ZIEM (1821-1911)
Dimensions : Hauteur 69.5 cm - Largeur 111.5 cm
Technique et autres indications : Vers 1860.
Lieu de Conservation : Musée du Petit Palais (Paris)
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 00-011610 / Inv216
Marseille, porte du nouvel Empire colonial français
Vers 1860, l’âge industriel continue à renforcer l’urbanisation. Cette dernière profite aussi à Marseille qui, de plus, tire les bénéfices de sa situation sur la Méditerranée. L’antique colonie grecque, magnifiquement abritée dans ce site de calanque devient la porte de l’Empire que la France s’est reconstitué -notamment sous la Restauration et la Monarchie de juillet-. La trajectoire artistique croise ici celle de l’empire colonial puisque en 1839, Félix Ziem fut remarqué par le duc d’Orléans qui revenait victorieux de l’expédition des portes de Fer, épisode de la conquête de l’Algérie. Le futur artiste participait alors au chantier décisif pour le développement de la ville que fut l’adduction d’eau de la Durance vers Marseille. Il avait contribué aux travaux de l’aqueduc de Roquefavour et en avait tiré des aquarelles particulièrement réussies. Le fils aîné de Louis Philippe les remarqua lors d’une cérémonie d’inauguration des travaux du palais Longchamp et encouragea le jeune Félix Ziem à poursuivre dans cette voie.
Un port au couchant, la ruche s’endort
Ziem, au long d’une œuvre s’allongeant sur plusieurs dizaines d’année et épousant différents styles est resté fasciné par les paysages et les civilisations de la Méditerranée. Dans cette composition luministe datant des années 1860, les influences de Turner et du Lorrain sont perceptibles à travers l’importance laissée au ciel vespéral et à ses déclinaisons bleutées. La partie inférieure relate l’assoupissement de l’activité portuaire. Les navires amarrés (sans doute des frégates) s’alignent, produisant cette impression de « forêt » des mâts et des gréements aux voiles carguées. Il sont plus nombreux à droite, le long du quai du port. Au delà la vielle ville s’étage, dominée par le clocher de Saint Laurent. Quittant le quai sud, une chaloupe s’apprête à aborder la grève au premier plan. Un homme assis sur la rive qui s’avance doucement semble goûter le calme revenu. A gauche, un vapeur rentre, passant entre le fort Saint Nicolas, au sud, et le fort Saint Jean, au nord.
L’entrée de Marseille dans l’âge industriel
Le Second Empire est pour la ville synonyme d’endormissement politique et de réveil économique. La dynamique réside d’abord dans le port dont Ziem dans son journal, croque l’agitation cosmopolite. Traité de Libre échange (1860), exploitation de l’empire colonial, percement de l’isthme de Suez (1869), les facteurs se cumulent pour déclencher la multiplication des flux commerciaux. Les exportations vers l’Algérie augmentent de 258% entre 1855 et 1874. 512 000 hectolitres de blé sont exportés lors de la famine qui frappe les populations algériennes en 1867. L’ouverture de Suez permet au port d’étendre son aire commerciale vers l’extrême Orient. De nouveaux produits sont échangés tel que la soie grège alors que le pétrole fait son apparition en 1863. Son raffinage participe au décollage industriel qui suit la prospérité commerciale et financière. Prospérité que les guerres sur les théâtres extérieurs ne compromettent pas (Crimée, Italie, Chine). Le vieux port est la première victime de cette croissance. Vers 1860 l’activité se déplace vers le Nord autour du bassin de la Joliette et des docks où les activités commerciales et industrielles peuvent se combiner.
Auteur : Bernard COLOMB
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